Mondial 2030 : pourquoi le Maroc peut devancer l’Espagne pour accueillir la finale ?

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Mondial 2030 : pourquoi le Maroc peut devancer l’Espagne pour accueillir la finale ?Maquette du futur Stade Hassan II © Populous

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À quatre ans du coup d’envoi du Mondial 2030, l’événement se dessine déjà comme l’un des plus singuliers de l’histoire du football. Tournoi du centenaire, coorganisé sur trois continents et six pays, il charrie avec lui une charge symbolique inédite. Mais au cœur de cette célébration annoncée, une question cristallise toutes les tensions : où se jouera la finale ? Entre l’assurance affichée de l’Espagne et l’ambition assumée du Maroc, le choix du stade dépasse largement le cadre sportif.

Le Mondial 2030 sera la 24ᵉ édition de la compétition reine de la FIFA. Pour célébrer les 100 ans du premier Mondial organisé en Uruguay en 1930, l’instance mondiale a opté pour une formule inédite : une coorganisation répartie entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. L’Espagne, le Portugal et le Maroc accueilleront l’essentiel du tournoi, tandis que l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay organiseront les trois matches inauguraux, en hommage à l’histoire.

Dans les grandes lignes, le cadre est posé. La compétition devrait se tenir à l’été 2030, probablement à la mi-juillet, avec un format élargi à 48 équipes. Mais derrière ce consensus apparent, plusieurs zones d’ombre subsistent, à commencer par la plus symbolique : le lieu de la finale.

Lire aussi : Accréditation médias : la FIFA lance les demandes pour le Mondial 2026

Une finale encore sans stade… officiellement

À ce stade, la FIFA n’a désigné ni ville ni stade pour accueillir la finale du Mondial 2030. Pourtant, dans les coulisses, les discussions sont intenses et les positions bien arrêtées. En Espagne, plusieurs enceintes sont en lice : le Santiago Bernabéu à Madrid, entièrement rénové, le Spotify Camp Nou de Barcelone en phase finale des travaux, ou encore le stade de La Cartuja à Séville.

Face à eux, le Maroc avance un projet d’envergure : le futur Grand Stade de Casablanca. Pensé dès l’origine pour les grands événements internationaux, l’équipement ambitionne une capacité dépassant les 100.000 places, ce qui en ferait l’un des plus grands stades du monde. Un projet estimé à près de 500 millions d’euros, encore sur le papier, mais déjà au cœur des débats.

L’Espagne, favorite assumée

Pour les autorités espagnoles, la question semble presque réglée. Le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, n’a récemment laissé que peu de place au doute. Lors d’une cérémonie organisée par la presse sportive espagnole, il a affirmé sans détour que « la finale se tiendra ici », en parlant de l’Espagne.

Une déclaration qui tranche avec la prudence habituellement de mise dans ce type de dossier. Jusqu’alors, les responsables espagnols se contentaient d’exprimer leur confiance, arguant du poids de leur pays dans la candidature conjointe. L’Espagne représente à elle seule 11 des 20 stades retenus pour le tournoi et accueillera la majorité des matches, un argument régulièrement mis en avant par Madrid.

Rafael Louzán va plus loin, estimant « incompréhensible » que l’Espagne ne soit pas choisie pour accueillir la finale, compte tenu de son expérience et de ses infrastructures. Un discours qui traduit une volonté claire d’imposer une évidence plutôt que de négocier un compromis.

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Le Maroc, une ambition à forte charge symbolique

Face à cette assurance espagnole, le Maroc avance une candidature fondée sur un récit puissant. Accueillir la finale du Mondial 2030 sur le sol marocain serait seulement la deuxième fois pour l’Afrique après la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

Le Maroc peut également se prévaloir de sa persévérance. Depuis les années 1990, le Royaume a présenté cinq candidatures pour l’organisation d’une Coupe du monde. Être choisi pour la finale du centenaire serait une forme de reconnaissance tardive, mais hautement symbolique, de cette ténacité.

Géographiquement, le Maroc incarne aussi le lien naturel entre l’Europe et l’Afrique. Dans un tournoi voulu comme transcontinental, Casablanca offrirait une image cohérente avec le récit d’un football universel, cher à la FIFA.

Le stade, argument central… et talon d’Achille

Le principal atout du Maroc réside dans son projet de Grand Stade de Casablanca. Un équipement conçu « from scratch », pensé pour répondre aux standards les plus exigeants de la FIFA, tant en matière de capacité que de technologie et d’expérience spectateur. Pour l’instance internationale, l’inauguration d’un stade iconique lors d’une finale de Coupe du monde représente un puissant levier de communication.

Mais cet atout est aussi la principale fragilité de la candidature marocaine. Contrairement au Bernabéu ou au Camp Nou, déjà existants, le stade de Casablanca n’est pas encore sorti de terre. Pour la FIFA, le risque opérationnel est réel puisque tout retard dans la construction ou toute dérive budgétaire pourrait compromettre l’organisation de l’événement le plus regardé de la planète.

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Sécurité et image : l’argument sensible

C’est précisément sur ce terrain que l’Espagne tente de fragiliser la candidature marocaine. Rafael Louzán a fait référence aux incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 à Rabat, opposant le Maroc au Sénégal. Des scènes de tension avaient éclaté après une décision arbitrale controversée, avec une tentative d’envahissement de terrain par des supporters sénégalais.

Bien que la situation ait été maîtrisée, ces images ont marqué les esprits. Gianni Infantino lui-même avait condamné des « scènes inacceptables », pointant du doigt le comportement de certains joueurs et membres du staff sénégalais, tout en rappelant que « la violence n’a pas sa place dans le football ».

En Espagne, ces incidents sont utilisés comme argument pour souligner l’expérience du pays dans la gestion de grands événements sportifs et la maîtrise des enjeux sécuritaires liés à une finale de Coupe du monde.

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Un enjeu économique et touristique majeur

L’accueil d’une finale de Coupe du monde dépasse largement le cadre sportif. L’événement génère des retombées économiques considérables et offre une exposition médiatique sans équivalent. Pour le Maroc, une finale à Casablanca constituerait une vitrine exceptionnelle pour son tourisme, ses infrastructures et son image internationale.

Pour l’Espagne, pays déjà bien installé sur la carte des grands événements mondiaux, l’enjeu est davantage lié au prestige et à la continuité d’un statut de référence dans l’organisation sportive internationale.

Une décision encore lointaine

À ce stade, aucune décision officielle n’a été prise par la FIFA. Le choix du stade de la finale interviendra après plusieurs mois d’évaluations techniques, de négociations politiques et de garanties financières. D’ici là, les déclarations publiques, parfois abruptes, relèvent autant de la communication stratégique que de la certitude réelle.

Une chose est sûre : la finale du Mondial 2030 ne sera pas qu’un match de football. Elle sera le reflet d’un équilibre géopolitique, d’un récit historique et d’un choix hautement symbolique pour le centenaire de la compétition.

Entre la sécurité logistique espagnole et l’audace symbolique marocaine, la FIFA devra trancher. Et ce choix dira beaucoup de la vision qu’elle souhaite projeter pour le football du XXIᵉ siècle.

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