Médicaments : les prix de plusieurs traitements lourds revus à la baisse

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Médicaments essentiels : l’État et l’industrie veulent renforcer la prévention des rupturesImage d'illustration de médicaments © depositphotos

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Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a procédé, début janvier, à la fixation de nouveaux prix de vente au public pour plusieurs médicaments et traitements commercialisés au Maroc.

La révision, consignée au Bulletin officiel, se traduit principalement par des baisses significatives sur des traitements coûteux en oncologie, diabétologie et pour certaines maladies inflammatoires ou respiratoires, tandis que quelques références voient leur prix légèrement augmenter.

Ces ajustements interviennent après l’examen de la commission interministérielle des prix, sur proposition de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMPS), et s’inscrivent dans un contexte de forte attention publique sur le pouvoir d’achat et l’accès aux traitements de longue durée. Les autorités expliquent vouloir réduire le reste à charge pour les patients tout en préservant la viabilité du circuit pharmaceutique.

Parmi les baisses les plus visibles, plusieurs produits utilisés en oncologie et dans la prise en charge de maladies chroniques voient leur prix public diminuer de façon importante. Exemple frappant : le traitement GRASUSTEK 6 mg (pegfilgrastim), employé pour prévenir les complications hématologiques liées à la chimiothérapie, passe d’un prix public de 6.742 dirhams à 2.687 dirhams selon le nouvel arrêté ministériel. D’autres spécialités très onéreuses comme HERZUMA (biosimilaire utilisé notamment en cancer du sein), SCEMBLIX (pour certaines leucémies) ou EYLEA (indiqué dans des affections oculaires liées au diabète) enregistrent également des réductions substantielles.

Listes des baisses de médicaments actées au Maroc

  • GRASUSTEK 6 mg : de 6.742 DH à 2.687 DH.

  • SCEMBLIX 40 mg : de 26.563 DH à 19.692 DH.

  • HERZUMA 150 mg (biosimilaire) : de 3.316 DH à 1.791 DH.

  • EYLEA 40 mg/ml : de 7.920 DH à 5.847 DH.

  • TEZSPIRE 210 mg : de 13.320 DH à 10.656 DH.

  • COSENTYX 150 mg : de 6.146 DH à 4.301 DH.

  • XOLAIR 150 mg : de 3.270 DH à 2.366 DH.

  • HUMIRA 40 mg : de 4.600 DH à 3.236 DH.

  • TRULICITY 1,5 mg : de 1.171 DH à 900 DH.

  • SINGULAIR 10 mg (boîte de 28) : de 307 DH à 205 DH.

Le Bulletin officiel distingue explicitement le prix de vente au public (pharmacie) et le prix hôpital applicable aux établissements de santé. Pour les médicaments les plus coûteux, surtout en oncologie et maladies chroniques, le tarif hôpital reste nettement inférieur, une pratique destinée à limiter la charge financière des structures publiques et à faciliter l’accès aux soins spécialisés.

Augmentations notables

Parallèlement à ces baisses, le texte publié relève quelques augmentations limitées : le vaccin BCG (prévention de la tuberculose) passe de 61,20 DH à 75,40 DH et certains traitements cardiovasculaires voient de faibles réévaluations. Ces hausses restent, pour l’heure, marginales par rapport aux réductions opérées sur les traitements onéreux.

Le mouvement s’inscrit dans un cadre plus large de réforme de la politique du médicament. Dans le projet de loi de finances 2026, le gouvernement a annoncé une réduction drastique des droits de douane sur un ensemble de références pharmaceutiques (jusqu’à 91% pour 112 produits), mesure présentée comme destinée à faire baisser structurellement les coûts d’importation et, à terme, les prix pour les patients. Les autorités y voient aussi un levier pour renforcer la souveraineté sanitaire et assurer la soutenabilité des régimes de couverture. À court terme, l’effet attendu est une réduction du poids des traitements sur le budget des ménages, surtout pour les patients sous protocoles de longue durée.

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