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Anass Hajoui Publié le 22/01/26 à 10:31
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Jalousie de la réussite

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Si seulement la jalousie était silencieuse. Elle attire les regards, les commentaires, les inventions… tout sauf le silence. Ce n’est pas compliqué de la détecter. Au début elle est discrète, presque polie, elle se glisse dans des questions, des doutes, des sous-entendus.

Dans le business comme dans la compétition, la réussite dérange, elle n’inspire plus. Elle rappelle aux autres ce qu’ils n’ont pas fait, pas osé, pas tenu. Alors on cherche une explication extérieure, un passe-droit, un avantage caché, une aide qu’on n’a pas eue. La réussite devient suspecte dès lors qu’elle n’est pas partagée.

Ce qui surprend le plus, ce n’est pas la critique venue de loin. Elle, on a l’habitude, elle fait même partie du jeu. Ce qui marque davantage, ce sont les attaques venues de près. Des proches, des connaissances, parfois même des alliés d’hier. Ceux qui ont vu le chemin, mais pas les renoncements. Ceux qui connaissent le résultat, mais ignorent le prix.

La jalousie ne s’exprime pas toujours frontalement. Elle préfère les rumeurs, les fake news, les insinuations. Elle transforme un succès en polémique, une victoire en soupçon. Elle ne cherche pas à comprendre, elle cherche à rabaisser. Pas pour avancer, mais pour rétablir un équilibre qui rassure.

Dans le business, cette mécanique est connue. Plus on devient visible, plus on devient vulnérable aux récits construits par les autres. La réussite devient un terrain d’interprétation collective. Chacun y projette ses frustrations, ses échecs, ses peurs. Et le bruit finit évidemment par masquer le travail.

Le plus dangereux, c’est l’effet intérieur que cela peut produire. Le doute qui s’installe, l’envie de se justifier, la tentation de ralentir, de se cacher, de s’expliquer. La jalousie cherche rarement à faire tomber directement, elle cherche d’abord à fatiguer.

Mais sachez que la réussite ne sera jamais comprise par ceux qui n’ont pas emprunté le même chemin. Elle ne sera jamais jugée équitablement par ceux qui n’en supportent pas l’idée. Et vouloir convaincre ces regards-là est une perte d’énergie.

La maturité consiste à accepter cette part sombre du succès. A comprendre que la jalousie n’est pas un accident, mais un symptôme. Celui d’un déplacement, celui d’un écart qui s’est créé, et qui dérange.

Réussir, ce n’est pas seulement atteindre un objectif. C’est aussi apprendre à avancer malgré les récits qu’on construit sur vous. Sans se durcir, sans se justifier, sans se perdre.

Car la jalousie ne parle jamais vraiment de vous, elle parle de ceux qu’elle traverse. Et la meilleure réponse n’est ni le combat, ni le silence total. C’est de poursuivre son chemin vers la réussite.

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