Iran : le Grand bazar de Téhéran gagne la contestation
Des militants participent à un rassemblement en soutien aux manifestants iraniens sur Lafayette Square, en face de la Maison Blanche à Washington, le 3 janvier 2026. ©Mandel Ngan / AFP
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Des heurts ont opposé mardi manifestants et forces de l’ordre dans le Grand bazar de Téhéran, cœur névralgique de l’économie iranienne. C’est la première fois que ce lieu emblématique est touché depuis le début du mouvement de protestation qui secoue le pays depuis dix jours.
Selon des vidéos diffusées par les ONG Iran human rights (IHR) et Human rights activists news agency (HRNA), des dizaines de personnes rassemblées dans le bazar ont été dispersées à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Liberté ! Liberté ! », mais aussi des appels ouvertement politiques, dont « Pahlavi reviendra » et « Seyyed Ali sera renversé », en référence au guide suprême Ali Khamenei.
De son côté, l’agence Fars évoque des « rassemblements sporadiques » rapidement dispersés par la police, estimant à environ 150 le nombre de participants. Certaines parties du Grand bazar, notamment le marché de l’or, ont fermé à partir de midi. Selon Fars, ces fermetures visaient à protester contre la flambée des devises étrangères et l’instabilité des prix, dans un contexte de forte dégradation du pouvoir d’achat.
Un mouvement qui s’étend au-delà de Téhéran
La contestation, née le 28 décembre dans la capitale, s’est étendue à d’autres régions du pays. À Abdanan, dans l’ouest, une foule nombreuse a défilé en scandant des slogans radicaux, dont « Ceci est le dernier message, le régime tout entier est la cible », selon une vidéo relayée par HRNA.
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D’après IHR, au moins 27 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, dont cinq enfants, et plus de 1.000 personnes ont été arrêtées dans huit provinces. L’ouest du pays est particulièrement touché, six personnes ont été tuées samedi à Malekshahi lorsque les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants.
L’ONG affirme également que les forces de sécurité ont investi des hôpitaux pour arrêter des blessés, notamment dans cette province et à Téhéran, où des gaz lacrymogènes auraient été tirés à l’intérieur d’un établissement de santé. La présidence a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’un de ces raids. Les autorités, pour leur part, font état de 13 morts, incluant des membres des forces de sécurité. Un policier a été tué par balle mardi près de Malekshahi, selon Fars.
Un défi politique majeur pour le régime
Initialement déclenché par la cherté de la vie, ce mouvement est le plus important depuis la vague de protestation « Femme, Vie, Liberté » de 2022-2023, née de la mort de Mahsa Amini en détention. Il a touché au moins 45 villes, principalement petites et moyennes, selon un décompte de l’AFP.
Sans atteindre l’ampleur des mobilisations précédentes, cette contestation représente un défi sérieux pour le guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, dans un contexte de fragilisation du pays après la guerre avec Israël en juin et le rétablissement de sanctions onusiennes liées au programme nucléaire iranien.
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Réponse économique et fermeté judiciaire
Pour tenter d’apaiser la colère sociale, le gouvernement du président Massoud Pezeshkian a annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials par personne pendant quatre mois. Une mesure jugée insuffisante par de nombreux Iraniens.
La justice, elle, a adopté un ton ferme, promettant « aucune indulgence » envers les émeutiers. Des arrestations massives ont notamment été signalées à Yassouj, dans l’ouest du pays.
Sur le plan international, le département d’État américain a relayé sur X une vidéo de parents réclamant la libération de leurs enfants détenus, appelant la République islamique à « entendre la voix de son peuple et à libérer immédiatement tous les prisonniers ».
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