Élections 2026 : les jeunes, promesse de renouveau ou pari risqué ?
Le Parlement marocain, à Rabat © Ayoub Jouadi / LeBrief
A
A
A
A
Le projet de loi organique récemment adopté par le Conseil des ministres, présidé par le roi Mohammed VI, vise à renouveler profondément la classe politique marocaine en facilitant l’accès des jeunes et des femmes au Parlement. Pour Nizar Berdai, président fondateur du Parlement Jeunesse du Maroc, ce texte représente « une véritable respiration démocratique ».
Selon lui, la jeunesse marocaine traverse une phase où la confiance dans les partis politiques s’est érodée. « Beaucoup de jeunes ne s’y reconnaissent plus, non pas par désintérêt, mais parce qu’ils n’ont pas trouvé d’espaces crédibles pour exprimer leurs préoccupations ou défendre leurs idées. Ce texte vient justement répondre à ce vide », explique-t-il.
Le projet permet, pour la première fois de manière claire, de porter une candidature indépendante tout en bénéficiant d’un soutien réel de l’État. « Les jeunes n’ont plus besoin d’attendre qu’un parti les accepte ou les place sur une liste. Ils peuvent se présenter par eux-mêmes, défendre un projet local, et construire une crédibilité directement auprès des citoyens », souligne Nizar Berdai.
Il insiste également sur la vision royale derrière cette initiative : « Tout cela n’aurait pas été possible sans la vision éclairée du roi Mohammed VI, qui insiste depuis plusieurs années sur la nécessité d’inclure les jeunes dans la vie publique et de lever les obstacles structurels qui freinent leur participation ».
Lire aussi : Advienne que pourra
Financement et soutien : un levier décisif pour les indépendants
Le projet de loi prévoit une incitation financière couvrant jusqu’à 75% des frais de campagne pour les candidats indépendants de moins de 35 ans, soit un soutien pouvant atteindre 350.000 DH. Pour Nizar Berdai, cette mesure constitue un changement profond : « Elle retire un obstacle qui, jusque-là, décourageait la grande majorité des jeunes : le financement ».
Il ajoute : « Pour ceux qui ne souhaitent plus passer par les partis, ou qui n’y croient plus, le fait de pouvoir se présenter en indépendant, tout en bénéficiant d’un appui financier substantiel, est une opportunité inédite ». Selon lui, cette mesure contribue à apaiser la rupture entre les jeunes et la politique, tout en offrant un nouveau chemin d’accès.
Néanmoins, il précise que « le financement ne suffit pas à lui seul ; il doit s’accompagner d’accompagnement, de formation, d’un accès équitable aux médias », rappelant qu’il s’agit d’un premier pas essentiel rendu possible par la volonté royale.
Lire aussi : La Chambre des représentants examine et vote le PLF 2026 ce jeudi et vendredi
Jeunes et expérience : un équilibre à trouver
Pour Nizar Berdai, la jeunesse ne manque ni d’énergie ni d’idées, mais souvent d’accès aux mécanismes internes de la vie politique. « Beaucoup n’ont pas été formés aux procédures parlementaires, aux techniques de campagne ou à la gestion d’une équipe », note-t-il. Ce déficit, explique-t-il, est compensable grâce aux expériences associatives, aux parlements de jeunes ou aux engagements locaux : « L’essentiel est de créer un écosystème où les jeunes peuvent apprendre, s’entourer, chercher des mentors, et surtout se sentir légitimes ».
Le manque d’expérience n’est pas selon lui un handicap : « Tous les élus, à un moment ou à un autre, ont été des « nouveaux élus ». La vraie question n’est pas l’âge, mais la capacité à apprendre, à travailler, à écouter ». Il insiste sur la valeur ajoutée des jeunes : « La jeunesse apporte un regard neuf, une sensibilité aux enjeux contemporains, une proximité avec les préoccupations des jeunes générations », poursuit Berdai.
Pour créer un Parlement à la fois innovant et efficace, Nizar Berdai propose une complémentarité entre jeunes et élus expérimentés : « Les jeunes peuvent être porteurs d’innovation et de nouvelles priorités. Les élus expérimentés, eux, possèdent la maîtrise des outils et des procédures. Lorsque les deux se complètent, le Parlement devient un espace où l’audace rencontre la sagesse ».
Lire aussi : Ce que change le projet de loi 55.25 pour les électeurs
Quant au financement de cette mesure par l’État, Nizar Berdai considère le dispositif comme modeste et soutenable : « Il ne s’agit pas d’une dépense courante, mais d’un investissement démocratique. Soutenir la jeunesse n’est pas une charge, c’est un pari sur l’avenir ». Avec des contrôles stricts et des critères transparents, il estime que l’impact financier sera maîtrisé tandis que l’impact politique et social pourrait être immense.
Enfin, fort de son expérience au Parlement Jeunesse du Québec, Nizar Berdai met en avant l’importance de faire confiance aux jeunes et de leur offrir un cadre sérieux. « Là-bas, les jeunes sont plongés dans un environnement qui ressemble réellement à un Parlement : rédaction de lois, débats en commission, négociations, argumentation rigoureuse », explique notre interlocuteur.
Pour le Maroc, il suggère d’institutionnaliser des espaces d’apprentissage politique, renforcer les parlements de jeunes et créer une passerelle naturelle entre ces structures et le Parlement. Selon lui, cette approche est en totale cohérence avec la vision royale. « L’expérience québécoise montre que lorsque les institutions donnent leur chance aux jeunes, ils la saisissent pleinement », conclut-il.
Politique - Le Maroc réaffirme sa solidarité avec les pays arabes face aux tensions avec l’Iran.
El Mehdi El Azhary - 29 mars 2026Politique - Le Maroc accueille à Tanger, du 28 mars au 3 avril 2026, la 58e session de la Commission économique pour l'Afrique.
El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026Politique - Le Maroc participe au sommet de l’OEACP à Malabo en tant qu’invité d’honneur, représenté par Nasser Bourita.
El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026Politique - À Rabat, Abdelmajid Fassi Fihri, vice-président de la Chambre des représentants, a reçu Arnoldo André Tinoco, ministre des Relations extérieures du Costa Rica pour renforcer les relations entre les deux pays.
El Mehdi El Azhary - 27 mars 2026Politique - Le Costa Rica reconnaît l'initiative marocaine comme sérieuse et crédible pour le Sahara, ouvrant la voie à des solutions durables.
Mouna Aghlal - 27 mars 2026Politique - Latifa Akharbach, présidente de la HACA, a effectué les 25-26 mars une visite à Niamey pour renforcer la coopération avec l’ONC du Niger.
Mouna Aghlal - 27 mars 2026Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…
Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.
Ilyasse Rhamir - 13 février 2026Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026