L’horaire GMT+1 continue de diviser les Marocains
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Plus de six ans après son adoption, l’horaire GMT+1 reste au cœur du débat public. Présentée en octobre 2018 comme une mesure stratégique, elle visait à aligner le Royaume sur ses principaux partenaires économiques internationaux, notamment l’Union européenne, et à assurer une stabilité horaire tout au long de l’année. Le gouvernement mettait alors en avant des arguments liés à la productivité, à la compétitivité et à la réduction de la consommation énergétique.
Mais sur le terrain, la réalité semble bien différente. Depuis sa mise en œuvre, cette décision n’a cessé de susciter polémiques et mécontentement, notamment en raison de son impact sur le rythme de vie des citoyens et du manque de concertation ayant accompagné son adoption. Selon la dernière enquête L’Économiste–Sunergia, les Marocains demeurent très partagés, et la fracture générationnelle et sociale est manifeste.
GMT+1 : une minorité favorable, une majorité opposée
Les chiffres sont parlants : seuls 28% des Marocains se disent favorables à l’horaire GMT+1, dont 22% « tout à fait d’accord ». Cette adhésion provient principalement des seniors âgés de 55 à 64 ans, ainsi que des catégories sociales les plus modestes (CSP D et E). Pour ces segments, l’heure avancée est souvent perçue comme un simple repère administratif sans grande incidence sur leur quotidien.
À l’opposé, 43% des sondés rejettent cette mesure, dont 36% « pas du tout d’accord ». Ce refus est particulièrement prononcé chez les jeunes de 25 à 44 ans, les citadins, et les catégories socio-professionnelles les plus aisées (CSP A et B). Ces profils sont généralement plus sensibles aux contraintes du rythme professionnel et familial, et ressentent davantage les effets du décalage entre l’heure légale et la luminosité naturelle, notamment pendant les mois d’hiver.
Le fait que près d’un tiers des répondants (29%) ne se prononcent pas traduit une forme de désengagement ou de lassitude face à une mesure devenue permanente sans réelle consultation. Beaucoup de Marocains semblent avoir intégré le changement par contrainte, tout en continuant à le considérer comme une décision technocratique, déconnectée de leur vécu quotidien.
Lire aussi : GMT+1 : quels avantages et inconvénients ?
Un impact perçu comme négatif sur le bien-être
L’étude met également en lumière une perception majoritairement défavorable des effets du GMT+1 sur la vie quotidienne. Seuls 17% des Marocains estiment que ce décalage horaire a un impact positif, tandis que 40% en ressentent des effets négatifs. Les premiers sont souvent des personnes plus âgées, qui apprécient la stabilité horaire et y voient un moyen de simplifier leur routine, sans avoir à s’adapter deux fois par an.
En revanche, pour une large part de la population urbaine et active, le maintien de l’heure d’été permanente rime avec déséquilibre. Les matinées sombres en hiver, les enfants qui se rendent à l’école avant le lever du jour, ou encore les décalages entre le rythme biologique et les horaires de travail sont fréquemment cités comme sources d’inconfort. Plusieurs Marocains évoquent une fatigue accrue, des troubles du sommeil et un stress matinal, aggravés par la difficulté d’adaptation saisonnière.
Pour 35% des personnes interrogées, la mesure n’a pas d’effet particulier, signe que l’habitude a fini par s’imposer malgré les critiques. Enfin, 8% préfèrent ne pas se prononcer, ce qui montre qu’au-delà des débats techniques ou économiques, la question de l’heure légale reste avant tout une affaire de ressenti, de rythme et de qualité de vie.
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