Santé : une vaste étude pour cartographier la corruption
L'hôpital régional Hassan II à Agadir © DR
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L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) s’apprête à lancer une étude d’envergure sur la corruption dans le secteur de la santé au Maroc, révèle le quotidien Le Matin. L’objectif est de dresser une cartographie précise des risques et proposer un plan d’action pour y remédier.
Pour mener à bien cette mission, le cabinet Forvis Mazars a été mandaté pour un montant de 2,3 millions de DH (MDH). Concrètement, l’étude portera sur trois grands axes. Premièrement, les services de soins et les relations entre citoyens et hôpitaux. Deuxièmement, la chaîne de valeur des produits de santé, notamment les médicaments et le secteur privé.
Et puis troisièmement, la régulation des cliniques et des cabinets médicaux, en ciblant à la fois la petite et la grande corruption. D’ailleurs, cette décision coïncide avec la réorganisation du ministère de la Santé et de la Protection sociale, suite à l’adoption du décret n°2.25.615, présenté par le ministre Amine Tehraoui.
Comprendre et combattre le fléau
Avant tout, l’étude cherche à mieux cerner les causes, les manifestations et l’ampleur de la corruption dans le système de santé, ainsi que son impact sur la qualité, la transparence et l’équité d’accès aux soins. D’autre part, elle permettra d’identifier les zones de vulnérabilité, de mesurer la fréquence et l’intensité des actes de corruption, et de dresser une cartographie détaillée des risques dans chaque segment du secteur.
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Ainsi, sur la base de ces résultats, des orientations stratégiques et un plan d’action seront proposés, accompagnés de mécanismes de suivi et d’évaluation adaptés au nouveau modèle de gouvernance sanitaire. Cette démarche s’inscrit dans la volonté d’accélérer la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement (NMD), notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi, afin de répondre aux attentes de la jeunesse marocaine et d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2035.
Cette nouvelle étude prolonge les travaux engagés par l’INPPLC depuis 2014. La dernière enquête nationale sur la corruption, menée entre octobre et décembre 2022 auprès de 5.000 citoyens résidents et 1.000 Marocains résidant à l’étranger (MRE), révèle l’ampleur du phénomène dans la santé. 68% des citoyens résidents et 76% des MRE estiment que la corruption y est « répandue ou très répandue ». 17% des usagers ayant eu contact avec les services de santé publique déclarent avoir versé ou s’être vu réclamer un pot-de-vin.
Notant que, la santé publique occupe la 4e place parmi les secteurs les plus touchés par les pots-de-vin, derrière les Forces auxiliaires, la Gendarmerie et la police. L’étude souligne aussi que 57% des personnes confrontées à une demande de pot-de-vin dans la santé publique ont fini par l’accepter, contre seulement 3% ayant porté plainte.
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Du côté des entreprises, 75% des dirigeants jugent la corruption dans la santé « très répandue », un sentiment particulièrement marqué chez les responsables de micro-entreprises.
Un impact direct sur la qualité des soins.
Selon l’INPPLC, la corruption mine la qualité, l’équité et l’efficacité du système de santé. Elle trouve ses racines dans un cadre réglementaire complexe, la multiplicité des acteurs sans articulation claire, le manque de reddition des comptes et la rareté de l’offre de soins.
Les formes de corruption varient, de la « petite corruption » liée aux pots-de-vin du quotidien, à la grande corruption touchant les marchés publics, les autorisations ou les décisions stratégiques.
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