Saham Bank dévoile sa nouvelle stratégie
Ahmed El Yacoubi, président du directoire de Saham Bank © Ayoub Jouadi / LeBrief
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L’acquisition de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) par le groupe Saham a été qualifiée de « deal du siècle » par certains spécialistes. Six mois plus tard, le groupe a officiellement rebaptisé l’établissement en Saham Bank. Lors de la cérémonie de présentation, le président du directoire de la nouvelle institution financière, Ahmed El Yacoubi, a apporté une précision de taille : la banque préservera l’héritage séculaire porté par la SGMB, tout en insufflant une nouvelle gouvernance et une ambition stratégique résolument tournée vers l’avenir.
À la tête de cette évolution, Moulay Hafid Elalamy, fondateur du groupe Saham, assume la présidence du Conseil de surveillance, épaulé par Moulay M’Hamed Elalamy en tant que vice-président, ainsi qu’un collège de professionnels expérimentés.
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Cette nouvelle gouvernance ambitionne de faire de Saham Bank une institution performante, responsable et ancrée dans les réalités marocaines. L’objectif est clairement affirmé par Moulay Hafid Elalamy : offrir à la clientèle une alliance entre rigueur d’exécution et agilité, à travers un modèle profondément renouvelé.
Pour y parvenir, la banque mise sur une stratégie reposant sur cinq piliers fondateurs. D’abord, l’excellence opérationnelle, traduite par des standards de qualité élevés et une exécution fluide. Ensuite, la centricité client, avec une approche de proximité concrète et territorialisée. Troisième pilier : une relation client incarnée, portée par des équipes formées, responsabilisées et impliquées dans leur environnement. Viennent ensuite l’innovation utile, loin des gadgets, et enfin une responsabilité sociétale affirmée, orientée vers l’inclusion financière et le développement durable.
Une banque accessible à tous
Ces principes se traduisent déjà par plusieurs actions : refonte des parcours clients, engagement pour la lisibilité et la clarté des offres, programmes d’inclusion des PME et des TPE. Dans ce sens, la banque compte insuffler une nouvelle dynamique dans le segment Corporate & Investment Banking, a déclaré François Marchal, directeur général et membre du directoire en charge de cette activité. Il a souligné la volonté d’ancrer davantage la banque dans la réalité entrepreneuriale marocaine.
Saham Bank entend désormais devenir la banque de ses clients, notamment des entrepreneurs. Il ne s’agit pas simplement de gérer des flux ou des bilans, mais d’accompagner de manière proactive les dynamiques économiques locales. Cela se traduit concrètement par des engagements mesurables, comme l’ouverture d’un compte professionnel en 30 minutes, contre une dizaine de jours auparavant, ou encore une instruction de crédit plus rapide et fluide, a-t-il expliqué.
Selon François Marchal, cette approche repose également sur une écoute plus fine des besoins des clients. Les équipes sont invitées à se mettre « à la place du client », à comprendre ses contraintes, ses cycles et ses urgences, à l’image du financement rapide d’un bateau à quai pour éviter des surcoûts logistiques. De plus, Saham Bank a mis en place un centre d’appel joignable 7 jours sur 7 pour mieux accompagner ses clients.
Au-delà du portefeuille corporate classique, Saham Bank souhaite élargir son empreinte. Elle cible de nouveaux secteurs d’activité, cartographie les chaînes de valeur locales et ambitionne de devenir un partenaire stratégique pour les PME en croissance ainsi que pour les TPE ancrées dans des écosystèmes locaux dynamiques. L’approche consiste à accompagner les entreprises à tous les niveaux, du fournisseur au client final.
Vers une autonomisation technologique
Sur le plan technologique, Saham Bank compte se déconnecter progressivement des systèmes de sa maison mère française. À ce jour, 40% des circuits sont déjà « débranchés », selon Ahmed El Yacoubi.
Il a ajouté que cette autonomisation permet de concevoir, héberger et exploiter localement les plateformes digitales, avec des équipes marocaines en première ligne. La souveraineté technologique devient ainsi un levier de performance, de résilience, mais aussi de pertinence locale.
En ce qui concerne la digitalisation, les investissements sont massifs : plus de 400 millions de dirhams par an sont alloués à la modernisation, à l’urbanisation des systèmes et à la cybersécurité. Le groupe affirme concevoir des plateformes nativement sécurisées et conformes aux meilleurs standards internationaux. Il mise sur une architecture moderne de microservices avec pour objectif de combiner sophistication technique, robustesse, ainsi que fluidité et simplicité pour l’utilisateur final.
Au Rally IA, 138 projets ont émergé, mais la majorité reste au stade de prototype. Entre data, réglementation et financement, le passage au réel reste un défi.
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