La BAD prévoit une croissance de 3,9% pour le Maroc
Adesina, président de la BAD. © DR
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Le Maroc, l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique du Nord, bénéficie d’un rebond économique après les défis rencontrés ces dernières années. Selon le dernier rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD), sur la performance macroéconomique du continent, la croissance du PIB réel du Maroc devrait s’établir à 3,9% en 2025 contre 2,9% en 2024, et 3,6 % en 2026, soit une moyenne de 3,8% sur cette période. Cette évolution positive repose sur plusieurs facteurs.
En premier lieu, il convient de noter la reprise de la production agricole, fragilisée ces dernières années par des conditions météorologiques défavorables. Si la production agricole reste sujette à de fortes fluctuations climatiques, les secteurs non agricoles poursuivent leur croissance, notamment grâce aux industries manufacturières et aux infrastructures de qualité. La Banque Africaine de Développement (BAD) souligne que cette résilience découle d’efforts soutenus.
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Au-delà du secteur agricole, la BAD estime que d’autres facteurs viendront soutenir cette reprise, notamment l’augmentation des recettes touristiques, un afflux d’Investissements directs étrangers (IDE) stimulant la production industrielle et les exportations, ainsi que les investissements liés aux infrastructures pour la Coupe du Monde 2030, organisée avec l’Espagne et le Portugal.
Selon le rapport de la BAD, l’expérience marocaine illustre les bénéfices d’une stratégie d’investissement ambitieuse. Dès le milieu des années 2000, le pays a misé sur le développement des infrastructures de transport et de logistique. Le Plan d’accélération industrielle 2014-2020 a renforcé cette orientation en intégrant le Maroc aux chaînes de valeur mondiales à forte intensité technologique.
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Le développement de pôles industriels et logistiques, soutenu par des politiques incitatives, a attiré des entreprises manufacturières majeures. Le secteur automobile, en particulier, a bénéficié d’investissements significatifs. La part des IDE dans l’industrie manufacturière est ainsi passée de 15% en 2010 à 37% en 2019.
Une croissance disparate
Par ailleurs, le rapport a mis en lumière une disparité croissante entre les régions. Certaines zones affichent une forte résilience et une dynamique de croissance soutenue, tandis que d’autres peinent à se remettre des chocs économiques, politiques ou climatiques. Pour ce qui est de l’Afrique du Nord, elle va afficher une croissance fragile mais en progression, estimée à 3,9% en 2025. Portée par le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, cette dynamique est également soutenue par l’exploitation pétrolière et gazière en Algérie et en Libye. Néanmoins, l’inflation en Égypte, l’instabilité en Libye et au Soudan, et la dépendance aux hydrocarbures posent des risques économiques.
En 2025, l’Afrique de l’Est, moteur du continent, devrait enregistrer une croissance de 5,3%, portée par les investissements massifs dans les infrastructures et l’énergie, notamment en Éthiopie, au Kenya et en Ouganda. La reprise du tourisme, qui bénéficie au Kenya, à la Tanzanie et au Rwanda, ainsi que l’exploitation des ressources pétrolières et gazières en Ouganda et en Tanzanie, renforcent cette expansion. Toutefois, des défis subsistent, notamment l’instabilité en Somalie et au Soudan du Sud, l’inflation élevée en Éthiopie et au Kenya, et l’alourdissement de la dette publique dû aux projets d’infrastructures.
Investissements, infrastructures et industries : les moteurs de la croissance africaine
Pour l’Afrique de l’Ouest, la BAD prévoit une croissance de 4,6% en 2025, portée par les hydrocarbures et les mines. Le Niger mise sur le pétrole et le gaz, alors que le Ghana et la Guinée renforcent l’exploitation de l’or et de la bauxite. La transformation industrielle progresse en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo, et les infrastructures se modernisent au Sénégal et au Nigeria. Cependant, l’instabilité politique au Mali, au Burkina Faso et en Guinée freine les investissements, tandis que la dépendance aux matières premières et les tensions sécuritaires au Sahel restent préoccupantes.
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Concernant l’Afrique centrale, une région gangrénée par les conflits armés, l’optimisme est de mise puisque l’institution table sur une croissance prévue de 4%. Elle devra tirer profit de ses ressources minières et pétrolières, notamment au Gabon, au Congo et en RDC. Des projets d’infrastructures et des efforts de diversification au Cameroun et en RDC favorisent la croissance. Cependant, la gouvernance défaillante, l’instabilité en RDC et la dépendance aux matières premières freinent le développement.
Quant à l’Afrique australe, cette région devra connaître une reprise progressive, avec une croissance attendue de 3%. L’exploitation du lithium, du cuivre et du charbon en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe stimule l’économie. La reprise du commerce et du tourisme en Namibie, au Botswana et à Maurice ainsi que les investissements sud-africains dans les énergies renouvelables soutiennent la croissance. Toutefois, la crise énergétique en Afrique du Sud, l’endettement au Zimbabwe et en Zambie, ainsi que la volatilité des prix des matières premières restent des défis majeurs.
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