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Inondations à Casablanca : Lydec s'explique

Pointée du doigt par le Conseil de la ville et les habitants de Casablanca à la suite des inondations qu’a connues la métropole la semaine dernière, la Lydec a décidé de présenter sa version des faits. Dans un point de presse tenu ce mardi 12 janvier, le top management de la société a assuré avoir fait le nécessaire pour contrôler la situation. Son directeur général Jean-Pascal Darriet a souligné que la croissance urbanistique qui va plus vite que la capacité des réseaux d’assainissement est à l’origine des inondations survenues dans la capitale économique. Selon lui, les lacunes et les besoins en assainissement pluvial, estimés à 15 milliards de dirhams, ont été identifiés depuis 2014, mais aucun financement n’a été débloqué pour accompagner l’urbanisme galopant de la ville.

Par H.L.B, Publié le 13/01/2021, mis à jour le 13/01/2021          Temps de lecture 4 min.
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Inondations à Casablanca : Lydec s'explique

Accusée par les Casablancais et leur Conseil de ville d’être responsable des inondations survenues la semaine dernière, la Lydec s’explique. Ce mardi 12 janvier, le top management de la société délégataire a tenu un point de presse afin de revenir sur ce qui s’est passé entre le 5 et le 11 janvier à la suite des importantes averses qu’a connues la métropole. Jean-Pascal Darriet, directeur général (DG) de la Lydec, a d’abord tenu à préciser que «près de 800 agents toutes catégories confondues ont été mobilisés 24h/24 sur le terrain des opérations et plus de 300 unités (matériel de toutes sortes : hydrocureuses, aspiratrices, camions mini-cureurs, pompes et motopompes, véhicules…) ont travaillé sur les différentes interventions relatives au réseau d’assainissement, sans parler des 300 collaborateurs mobilisés en back-office». Selon lui, pendant lesdits six jours, 7.887 interventions ont été menées par les équipes du délégataire. Jean-Pascal Darriet a de plus affirmé que la Lydec n’a aucunement déshonoré ses engagements vis-à-vis de son contrat de gestion déléguée, tout en notant : «nous sommes à jour par rapport au programme d’investissement. Je tiens à préciser que Lydec est contrôlée chaque année sur les réalisations prévues dans ledit programme».

 

Lire aussi : Inondations à Casablanca : Lydec se mobilise

 

Les réseaux d’assainissement de Casablanca dépassés par la croissance

Le DG de Lydec a expliqué que le débordement des égouts n’était pas la seule défaillance à l’origine des inondations de la semaine dernière, mais aussi le dimensionnement des canalisations qui n’est plus adapté à la ville. En d’autres termes, la capacité des réseaux d’assainissement est largement dépassée par sa forte croissance urbanistique de Casablanca. «Requalification urbaine du centre-ville (passage de zones villas à des zones immeubles…), ouverture de nouvelles zones péri-urbaines (Errahma, Dar Bouazza, Médiouna, Bouskoura…) engendrant un phénomène d’imperméabilisation des sols, ouverture de nouvelles voies à la circulation non-encore équipées en réseaux d’assainissement pluvial, nature de la topographie de la ville de Casablanca située en bord de mer…», tous ces facteurs n’ont pas été pris en compte dans la capacité d’investissement de la gestion déléguée qui a été arrêtée pour la dernière fois en 2009. Saad Azzaoui, directeur maîtrise d’ouvrage à Lydec, indique pour sa part que suite à la décision des autorités locales d’ouvrir Casablanca à l’urbanisation (en 2010), la ville qui s’étendait sur 20.000 ha en 2010 a atteint 30.000 ha aujourd’hui, soit 10.000 en 10 ans. La capacité d’investissement de la gestion déléguée, dimensionnée en 2009, ne prévoyait quant à elle que 3.000 ou 4.000 ha de plus.

 

Lire aussi : Casablanca : les infrastructures mises à nu par les averses

 

Manque de financement

Par ailleurs, la direction du délégataire a soutenu lors du point de presse de ce mardi qu’elle a identifié depuis 2014, date de l’élaboration du Plan de Développement du Grand Casablanca, l’ensemble des besoins d’investissements en assainissement pluvial de la capitale économique. Cet investissement a été estimé à 15 milliards de dirhams à horizon 2027. Cependant, jusqu’à présent aucun financement n’a été mobilisé pour faire face à l’urbanisme galopant de la ville. Jean-Pascal Darriet a avancé dans ce sens que «des ressources supplémentaires sont nécessaires pour avancer dans le programme d’investissement, qui reste la solution pour régler tous les problèmes de débordements».

 

Indemnisation des sinistrés

S’agissant du dédommagement des personnes qui ont subi de graves dégâts en raison des inondations, la Lydec a souligné que l’indemnisation n’est pas systématique et doit se conformer à des dispositions règlementaires nationales et à celles du contrat de gestion déléguée. Selon la direction de la société, «les installations techniques du délégataire sont vérifiées et entretenues régulièrement, conformément aux dispositions du contrat de gestion déléguée. Ces opérations d’entretien et de vérification font l’objet d’une communication régulière aux autorités compétentes». Et d’ajouter que «si la preuve de la responsabilité de la Lydec est rapportée, les réclamations seront traitées dans le respect de la loi et des dispositions du contrat de gestion déléguée».

 

Lire aussi : Inondations et intempéries : le Chef de l’exécutif bloque le processus d’indemnisation

 

Pour rappel, le lancement de la procédure d’indemnisation des sinistrés des inondations repose sur la déclaration de Casablanca comme "zone sinistrée" par le Chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani. Ce dernier n’a pour le moment fait aucune déclaration dans ce sens. Toutefois, le secrétariat général du Parti de la justice et développement (PJD) a soigneusement évité d’imputer la responsabilité des événements de la semaine dernière à une quelconque partie. Il s’est par contre contenté d’exhorter le gouvernement, les collectivités et les parties délégataires à traiter les dégâts occasionnés par les précipitations.

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