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Tourisme : la sortie du tunnel sera longue et douloureuse

Secteur clé de l’économie avec une contribution de plus de 7% au PIB, le tourisme est l’une des activités les plus durement frappées par la crise et dans laquelle les acteurs manquent encore cruellement de visibilité. Tout ceci donne des sueurs froides à leurs créanciers, dont les banques. Bien avant la crise, la sinistralité du portefeuille était déjà très élevée. Il faut s’attendre à de la casse, l’activité devant rester en dessous de son niveau d’avant crise au moins jusqu’en 2022, prévoit Bank Al-Maghrib.

Par J.R.Y, Publié le 18/12/2020 à 16:07, mis à jour le 06/01/2021 à 10:23
         Temps de lecture 2 min.
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Les professionnels du tourisme sont dans l’expectative. Jusqu’ici, rien ne leur assure une saison estivale (haute saison) à peu près normale en 2021, malgré les vaccins. Pour un secteur qui pèse plus de 7% du PIB et compte des centaines de milliers d’emplois directs et indirects, la sortie du tunnel sera longue et douloureuse. Parmi les premiers impactés par la crise sanitaire avec la fermeture des frontières et la paralysie du trafic aérien, les entreprises touristiques vont sans doute rester sous perfusion pendant un moment. L’absence de visibilité sur l’évolution de la situation sanitaire au Maroc et dans les principaux pays émetteurs n’aidant pas.

 

lire aussi : Tourisme : pas de reprise avant 2022

 

L’activité touristique en chute libre

Pour l’heure, le bilan est catastrophique. Les recettes de voyage se limiteraient à 29 milliards de DH en 2020 contre 78,8 milliards de DH en 2019 (-63%), selon les données actualisées de Bank Al-Maghrib et présentées mardi 15 décembre. Pour l’année prochaine, la Banque centrale prévoit une recette de 49 milliards de DH, encore très loin du niveau d’avant crise.

Le secteur a bénéficié d’un plan de soutien spécifique. Cependant, cela ne suffira pas à sauver tout le monde. Avant la crise actuelle, la branche hôtellerie clignotait déjà au rouge dans les livres des banques. Les impayés totalisaient 3,5 milliards de DH à fin 2019, soit 25% du total des crédits aux hôteliers. Comparée à d’autres secteurs, la sinistralité y est très élevée. Le taux d’impayés ressort par exemple à 8,6% dans le BTP, 12,5% dans le commerce ou encore 16,4% dans les industries manufacturières.

 

Manque de visibilité et impératif d’évolution

Les mesures de soutien et le plan de relance sont utiles pour passer le cap. Toutefois, l’efficacité du dispositif est conditionnée au retour des touristes. Un point sur lequel, personne n’a de la visibilité. Pour les acteurs du secteur, la crise a aussi montré la nécessité d’accélérer leur transformation pour s’adapter au grand bouleversement qui touche l’industrie du voyage depuis quelques années.

Au moyen de la technologie, une multitude d’acteurs se sont développés en proposant des alternatives aux offres classiques. La crise sanitaire a créé un déclic chez certains acteurs et favorisé l’accélération de la transformation numérique. Toutefois, la pérennité de ces initiatives repose sur des politiques nationales de soutien à la transformation numérique et des partenariats publics-privés, estime l’Organisation mondiale du tourisme. Une digitalisation réussie pourrait répondre à de multiples ambitions afin de rassurer les touristes dans la préparation et leur expérience de voyage surtout dans le contexte actuel. Elle permettrait aussi de remodeler l’offre en leur offrant la possibilité de se construire un parcours personnalisé selon leurs goûts, planning, budget..., etc.

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