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Enseignement : la migration du privé vers le public s’accentue

En raison des difficultés à supporter les frais de scolarité de leurs enfants dans ce contexte difficile, plus de 150.000 élèves ont quitté le privé pour le public. Cela représente le triple des migrations de l’année 2019 (52.000 départs). Cela risque de réduire davantage la part de marché du privé dans l’enseignement qui est actuellement de 14,4% et mettre l’école publique dans une situation difficile.

Par Mohamed Laabi, Publié le 15/10/2020 à 11:18, mis à jour le 15/10/2020 à 11:59
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Etudiant

Ça va mal pour l’enseignement privé au Maroc. Les derniers chiffres sont alarmants. Les inscriptions dans les écoles privées ont enregistré une baisse de 15%, avec une migration de 150.000 élèves vers les écoles publiques. Un chiffre qui représente le triple des migrations des élèves vers le public en 2019 (52.000), rapporte le journal L’Économiste dans son édition du jeudi 15 octobre 2020.

Dans ce contexte, la part de marché des établissements privés dans l’enseignement risque de chuter. Le privé représente 14,4% de part de marché durant l’année scolaire 2019-2020. La charte nationale de l’éducation prévoyait une représentation de 20% dans le marché. On y est encore loin.

L’une des raisons majeures de cette migration est la difficulté des familles à tenir leurs engagements financiers envers l’école. La pandémie de la Covid-19 a eu des répercussions chaotiques sur leurs revenus, ce qui les a contraints à se tourner vers le public.

 

Écoles publiques : un sureffectif certain

Hormis la faillite des écoles privées et la destruction des emplois (40.000 emplois dans les écoles privées seraient détruits), cette migration pose un autre problème, celui de l’incapacité des écoles publiques à accueillir l’ensemble des élèves du secteur privé.

Said Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, l’a lui-même mentionné en septembre dernier devant les députés membres de la commission parlementaire permanente chargée de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants.

«Une migration du secteur privé au public ne doit pas avoir lieu puisque cela voudrait dire que nous avons échoué tous à trouver une solution à cette crise. Pourquoi ? Parce que l’école publique n’est pas prête à recevoir des effectifs importants des écoles privées», souligne Said Amzazi. Le ministre a expliqué que cette opération remettra en cause tout le parcours visant à réduire le nombre d’élèves par classe et améliorer la qualité de l’offre scolaire.

Une chose est sûre. Le département d’Amzazi n’a pas d’autres choix que d’accuser le coup. Les écoles publiques n’ayant aucun droit de refuser l’accès aux élèves devront trouver une autre issue pour accueillir les élèves. Kamal Daissaoui, président de la fédération de l’enseignement privé (FEP), a déclaré que «l’école publique ne peut en aucun cas refuser un élève. Néanmoins, si l’établissement n’a pas de place disponible à lui accorder. La délégation provinciale se chargera d’orienter un élève vers un autre établissement».

Une migration massive vers le public ne serait aussi pas sans conséquence au niveau sanitaire. Abdelghani Erraki, secrétaire général du syndicat national de l’enseignement affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a souligné dans une interview accordée à H24info que «si cette migration se poursuit, l’effet qu’elle aura est un débordement au niveau de l’école publique et en temps de pandémie, cela compliquerait les choses, surtout pour le respect des mesures de sécurité». De quoi renforcer les craintes et les peines de l'État.

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