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Les TPME au bord du gouffre

Bank Al-Maghrib a dévoilé cette semaine le premier rapport de l’Observatoire marocain de la très petite et moyenne entreprise (OMTPME). Ce rapport de 86 pages, dont la base de données a été arrêtée à fin 2018, fait état de la grande difficulté que vivent les petites et moyennes entreprises. 85,8% de ces entreprises sont des « microentreprises » avec un chiffre d’affaires ne dépassant pas 3 millions de dirhams. Par ailleurs, l’absence quasi-totale d’un soutien bancaire n’arrange pas les choses. Détails.

Par Mohamed Laabi, Publié le 30/09/2020 à 15:04, mis à jour le 30/09/2020 à 17:32
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TPME

Enfin un rapport sur la situation réelle des toutes petites entreprises au Maroc. En effet, Bank Al-Maghrib a publié cette semaine le premier rapport de l’Observatoire marocain de la très petite et moyenne entreprise (OMTPME). Un document dont les statistiques ont été arrêtées à fin 2018 et qui livre une analyse détaillée sur la démographie et la santé économique et financière des entreprises.

Dans son éditorial du mercredi 30 septembre 2020, le quotidien Aujourd’hui le Maroc relève que le rapport a été élaboré sur la base de données récoltées à fin 2018 et qu’il ne traite donc pas les deux années suivantes (2019,2020), ce qui pourrait selon la même source «constituer un frein pour ceux qui sont censés travailler sur des politiques ciblées».

Une chose est sûre, mis à part l’aspect de la durée, ce document de 86 pages donne plusieurs indicateurs sur l’entreprise au Maroc. Le quotidien les Inspirations éco souligne dans son édition de ce mercredi que ce rapport est une véritable "mine d’informations" précisant que c'est «le fruit d’une convention signée en 2017 entre Bank Al-Maghrib (BAM), la Direction générale des impôts (DGI), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC)».

L'un des indicateurs de ce rapport est que le tissu des "entreprises personnes morales actives" est très fragmenté. 99,4% d’entre elles étant des TPME, dont plus de 85,8% sont des microentreprises avec un chiffre d’affaires n’excédant pas 3 millions de dirhams, rapporte le journal L’Économiste. Une bonne partie des TPME opère dans des activités nécessitant peu de ressources financières. Ainsi, plus de 54% de celles-ci étaient concentrées, en 2018, dans les secteurs "Commerce", "réparation d’automobiles et de motocycles" et "Construction". Elles sont pourtant les principales pourvoyeuses d’emplois, puisqu’elles recensent près de 73% de l’effectif déclaré à la CNSS. Autre enseignement important, «les entreprises radiées avant d’arriver au terme des 5 ans d’existence représentent, en moyenne annuelle, plus de 50% du total des radiations sur la période 2016-2018», souligne le rapport.

 

L’accès aux crédits reste très limité

Seulement 4,1% des TPME ont accès au financement bancaire, contre 12% pour les petites entreprises, 14,2% pour les moyennes entreprises et 60,5% pour les grandes entreprises. Le taux d’accès moyen au crédit bancaire est de 39,4% (soit moins de 4 entreprises sur 10).

Rappelons que depuis leur mise en place par la Caisse Centrale de Garantie (CCG), les mécanismes "Relance TPE" et "Damane Relance" ont profité à 15.183 entreprises, pour un total de 22,4 milliards de DH de crédits ayant bénéficié de ces garanties exceptionnelles. Un chiffre qui risque tout de même d'être loin des objectifs tracés et du besoin en fonds des entreprises, surtout dans le contexte actuel marqué par la pandémie de la Covid-19.



 

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