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Royal Air Maroc : les pilotes maintiennent la pression

Déstabilisée il y a quelques semaines par le licenciement de 65 pilotes, l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) a appelé ses membres à voter certaines mesures, qui seront par la suite présentées à la direction de la Royal Air Maroc. Si la compagnie refuse d’y adhérer, un préavis de grève sera déposé. Toutefois, l’AMPL appelle ses pilotes à faire preuve de «vigilance, de rigueur et d’engagement» dans ces moments difficiles afin d’assurer «la responsabilité que leur métier implique et les vies qui leur sont confiées».

Par Mohamed Laabi, Publié le 02/09/2020, mis à jour le 06/01/2021          Temps de lecture 3 min.
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La RAM renforce son programme de vols domestiques

Le bras de fer qui oppose les pilotes de ligne à l’administration de la Royal Air Maroc (RAM) se poursuit. Asphyxiée par la crise du coronavirus, la compagnie aérienne avait décidé de procéder à des licenciements économiques afin de réduire ses charges. Parmi les employés licenciés figurent 65 pilotes. Ces derniers ont tout le soutien de l’AMPL qui demande leur réintégration immédiate. Pour cela, les pilotes proposent «une baisse de leurs émoluments» afin d’équilibrer la balance.

Si la compagnie refuse cette proposition, l’AMPL déposera un préavis de grève dont la date sera fixée ultérieurement par le bureau, en fonction de l’évolution des événements et du contexte sanitaire. L’Association prévoit aussi le port d’un brassard à partir du 3 septembre 2020 pendant toute la durée de la crise sociale actuelle ainsi que l’élaboration d’une action médiatique collective.

 

Prioriser la sécurité des vols

Malgré la tension entre l'AMPL et la direction générale de la RAM, les membres du bureau appellent les pilotes à rester concentrés sur leurs fonctions en ces temps difficiles. «Il est vrai que voir son collègue, son ami, son frère, son conjoint injustement et abusivement licencié, a une incidence psychologique réelle et désastreuse (…). Rester en exercice alors que ses co-promotionnaires sont exclus violemment et mis de fait dans la précarité moins par le niveau dérisoire des compensations, que par le fait qu’ils sont désormais condamnés à quitter leur patrie pour trouver une alternative de travail est une épreuve dure à surmonter. Tous ces éléments et tant d’autres ne doivent en aucun cas, justifier une baisse quelconque du niveau d’attention et de rigueur durant l’exercice des fonctions», souligne le bureau de l’AMPL qui appelle l’ensemble des pilotes de ligne en exercice à doubler de vigilance, de rigueur et d’engagement. «Notre métier, la responsabilité qu’il implique, et les vies qui nous sont confiées nous ordonnent de faire preuve de force et nous interdisent l’erreur», conclut l’AMPL.

 

Le tiers de la flotte cédée

Crise économique oblige, la RAM a décidé de se séparer de 20 des 59 avions que comptait sa flotte. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein des hauts responsables du pays, à l’image de Lahcen Haddad, ex-ministre du Tourisme et actuel homme politique de l'Istiqlal. Il souligne qu’«avec ses soixante appareils, la RAM était déjà petite. Elle le devient encore plus suite à cette réduction». Lahcen Haddad ignore si la RAM réussira à trouver des repreneurs pour ces avions. «Autant les garder et créer une compagnie low-cost ou avec une autre vocation», juge-t-il dans une interview accordée au journal L'Opinion. Pour ce dernier, il fallait «garder les 20 appareils et aider la RAM à moderniser son management, en rehaussant sa qualité, et en injectant du capital». Le responsable estime qu’«il fallait aussi défiscaliser toutes les activités de la compagnie sur une période de dix ans et lui garantir une ligne de crédit pour sa trésorerie sur une période de 7 ans».

Mi-juillet dernier, l’État a apporté un soutien financier d’une valeur de 6 milliards de dirhams à la compagnie nationale. Néanmoins, la RAM ne devrait pas obtenir cette somme immédiatement. D’après lesEco, la compagnie devra contracter auprès du marché financier, «des crédits avec intérêts d’un montant de 2,6 milliards de dirhams. L’État sera garant au cas où la compagnie serait défaillante au niveau du paiement des échéances du crédit. D’autre part, les 3,4 milliards restants ne seront pas débloqués dans l’immédiat».

Rappelons que la compagnie aérienne avait affiché une perte de 50 millions de dirhams par jour depuis la fermeture des liaisons aériennes au mois de mars dernier, chose qui l’a poussée à entamer un plan d’austérité.

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