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Libye : Khalifa Haftar annule les accords de Skhirat

Khalifa Haftar, commandant de l’armée nationale libyenne (ANL), a annoncé ce lundi qu’il a accepté la volonté du peuple et son mandat pour gouverner le pays. Lors de son discours télévisé, il a déclaré la fin des accords de Skhirat, qui ont été signés en 2015 suite à la médiation des Nations Unies et du Maroc. Cette décision unilatérale a été fortement condamnée par l’Union Européenne, qui plaide pour un nouveau processus de paix.

Par Nora Jaafar, Publié le 28/04/2020 à 16:19, mis à jour le 28/04/2020 à 18:14
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Khalifa Haftar annule l'accord de Skhirat

Dans un discours télévisé, le maréchal Khalifa Haftar a annoncé ce lundi 27 avril que le commandement général de son armée nationale libyenne (ANL) auto-proclamée a «accepté la volonté du peuple et son mandat», sans préciser auprès de quelle institution il avait reçu ce «mandat du peuple». Il a souligné qu’il compte annuler les accords de Skhirat pour mieux gérer les affaires futures du pays, rapporte Médias24. Selon Asharq Al Awsat, Haftar a dénoncé que lesdits accords ont«détruit» la Libye, ajoutant que le peuple a chargé le commandement général de l’ANL d’un devoir «historique» en ces temps extraordinaires. «Je suis fier d’annuler les accords politiques, qui feront désormais partie du passé, grâce à la volonté du peuple libyen, qui est la source de tous les pouvoirs», a-t-il martelé.

Reuters indique que le maréchal a déploré que le traité signé en 2015 à Skhirat, a conduit la Libye sur une voie «dangereuse», en nommant Fayez Al-Sarraj dirigeant de la formation du conseil présidentiel et en désignant Khalid al-Mishri, membre des Frères musulmans, comme président du Haut Conseil d’État. Tout en évoquant la lourde charge, les nombreuses obligations et l’ampleur du poste qu’il compte assumer, Haftar a soutenu qu’il s’engage à faire le nécessaire pour restaurer les institutions civiles de l’État. Il a également assuré que les forces de l’ANL vont poursuivre leurs opérations pour «libérer le pays des bandes terroristes et criminelles affiliées au Gouvernement d’entente nationale (GEN) d’Al-Sarraj».

 

Réaction internationale

D’après Middle Est Eye, l’ambassade des États-Unis à Tripoli a déclaré que Washington «regrette... la suggestion de Haftar de changer la structure politique de la Libye», néanmoins elle se réjouit «de toute occasion d’engager le commandant et toutes les parties prenantes dans un dialogue sérieux sur la manière dont le pays peut aller de l’avant».

Peter Stano, porte-parole de la politique étrangère de l’Union européenne (UE), a quant à lui condamné la décision unilatérale du leader de l’ANL, notant qu’elle est inacceptable et qu’elle ne fournira jamais une solution durable pour le pays. Stano a souligné que les accords de Skhirat, signés sous les auspices des Nations Unies, «restent le cadre viable pour une solution politique en Libye jusqu’à ce que des amendements soient apportés». De plus, il a réitéré les appels précédents de l’UE en faveur d’un processus de paix inclusif mené par la Libye avec la participation de toutes les parties impliquées dans le conflit et l’aide de la communauté internationale.

Notons que depuis la chute et la mort du dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, deux pouvoirs rivaux sont apparus en Libye. Le Gouvernement d’entente nationale (GEN), reconnue par les Nations Unies et dirigé par le Premier ministre Fayez Al-Sarraj, règne sur la partie occidentale du pays, dont la capitale Tripoli. La partie orientale, riche en ressources naturelles et en pétrole, est contrôlée par Haftar, qui bénéficie du soutien de l’Égypte et des Émirats arabes unis. Les forces de Haftar tentent, depuis avril 2019, de conquérir Tripoli, et ce en menant des offensives violentes contre les lignes du GEN.

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