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Covid-19 : une situation maîtrisée mais loin d'être résolue

Le nombre de contaminations au coronavirus a dépassé les 3000 cas au Maroc. En plus des clusters familiaux, les foyers de contagion industriels se font de plus en plus nombreux même s'ils restent relativement maîtrisés. C'est l'occasion de revenir sur le bilan de la première phase de la pandémie et de la batterie de dispositions déployée par l'État pour contenir la pandémie, anticiper son évolution et amortir son impact. La disponibilité des masques de protection est toujours au centre de l'attention alors que la liberté de déplacement est devenue très restreinte et conditionnée au port du masque.

Par Nora Jaafar, Publié le 21/04/2020 à 09:26, mis à jour le 21/04/2020 à 13:25
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Covid-19 : entre évolution, restrictions, lutte et anticipation

140 nouvelles infections au coronavirus ont été signalées au Maroc, ce mardi matin 21 avril 2020. Selon le ministère de la Santé, le nombre de cas a atteint 3186, tandis que celui des décès est de 144 (+1) et que les guérisons s’élèvent à 359 (+9). De plus, 678 nouvelles personnes ont testé négatives au Covid-19, portant le total des cas exclus à 14.018. Lors de son point de presse quotidien, Mohame Lyoubi, directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de tutelle, a souligné que de nouveaux clusters endémiques ont été identifiés dans diverses unités industrielles du pays. Il a ainsi expliqué que des foyers de contagion sont apparus à Casablanca (31 cas), à Tanger (2 clusters de 55 et 42 cas), à Larache (48 cas) et à Oujda (6 cas). Lyoubi déplore que les régions Casablanca-Settat (840 cas) et Marrakech-Safi totalisent (739 cas) à elles seules 50% des contaminations du royaume. Il a également fait état d’une diminution du taux de létalité (4,7%) ainsi que d’une augmentation du pourcentage de rémission (11,5%).

 

Bilan de la première phase de la pandémie

Suite à l’apparition du premier cas de contamination au Covid-19 au Maroc, les autorités publiques se sont empressées d’établir un plan de riposte contre la maladie. Adoptant dans un temps record une batterie de dispositions pour contenir la pandémie, le pays a ainsi fait preuve d’une proactivité sans précédent, rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce mardi 21 avril. Il a ainsi instauré le confinement obligatoire, déclaré l’état d’urgence sanitaire et crée un Fonds spécial de gestion du coronavirus. Ce dernier a servi à renforcer le système sanitaire et permettra également de soutenir l’économie nationale, conformément aux recommandations et au plan du Comité de veille économique (CEV). Le journal rappelle que, pour accompagner les secteurs affectés par cette crise, préserver les emplois et contrer les retombées sociales de l’épidémie, des programmes d’indemnisation ont été mis en place, notamment ceux de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) et du Régime d’assistance médicale (Ramed). La même source ajoute aussi le report du paiement des cotisations sociales profitant aux entreprises en difficultés ainsi que les aides financières bénéficiant aux familles défavorisées et aux employés du secteur informel. Concernant l’éducation nationale, le gouvernement a offert des accès gratuits aux plateformes officielles d’enseignement à distance pour assurer la continuité des cours. Al Ahdath Al Maghribia a salué l’approche globale et anticipative du pays, notant que des réflexions s’articulant autour de l’après-crise et des projets stratégiques futurs, mettant l’humain et la santé au centre de tous les intérêts, sont actuellement en cours.

 

Les masques de protection, cette denrée très rare

Dans son tirage du jour, Assabah dénonce la persistance de la pénurie des masques de protection, dont le port est devenu obligatoire le 6 avril 2020. Moulay Hafid Elalamy (MHE), ministre de l’Industrie et du Commerce, avait affirmé que, grâce à la production de 5 millions d’unités par jour, la demande des citoyens serait largement satisfaite. Toutefois, la réalité est autre. En raison de l’indisponibilité des bavettes, certaines personnes ont été contraintes à réutiliser celles qu’elles avaient déjà utilisées de peur d’être pénalisées, rapporte le quotidien. La même source explique que cette rupture de stock, dont se plaignent les pharmacies et les commerces de proximité, est due à un manque de contrôle au niveau des circuits de distribution. Et d’ajouter que les intermédiaires et les spéculateurs profitent de cette situation pour s’emparer des masques et les revendre au double et au triple du prix réglementé de 80 centimes l’unité.

Par ailleurs, alors que les masques en tissu non tissée sont toujours introuvables, neuf entreprises ont été certifiées par l’Institut marocain de normalisation (IMANOR) pour produire des visières réutilisables. Contrairement aux autres bavettes, qui doivent être changées au bout de 4 heures, ces visières peuvent être lavées et réutilisées au moins 5 fois, indique Médias24. Le département de MHE a précisé qu’il veillera au respect de la norme marocaine ST 21.5.201 quant à la fabrication de ces masques, mais qu’il tend «plutôt vers une libre commercialisation sur ce segment». Le média digital note que «cette norme a été conçue en même temps que la NM ST 21.5.200 relative aux masques de protection non-tissés».

 

Les déplacements de plus en plus limités

Dans un contexte exceptionnel, des dispositifs inédits s’imposent. En effet, conformément aux décrets-lois encadrant l’état d’urgence sanitaire du royaume, les déplacements des citoyens ont été fortement restreints, et ce malgré leur droit constitutionnel à la liberté de circulation. Cette mesure vise à endiguer la propagation du Covid-19, et à protéger les Marocains de la maladie en les maintenant confinés à domicile. D’après Médias24, les seules exceptions tolérées dans ces circonstances sont les déplacements :

  • entre le domicile et le lieu de travail, en l’occurrence dans les services publics vitaux et entreprises privées, professions libérales dans les secteurs et institutions considérés comme essentiels par les autorités publiques ; 
  • pour l’achat de produits et marchandises de subsistance, y compris les médicaments auprès des pharmacies ;
  • vers les cliniques, cabinets, hôpitaux, laboratoires d’analyse médicale, centres de radiologie et autres établissements sanitaires, à des fins de diagnostic, hospitalisation ou traitement ;
  • pour des raisons familiales impérieuses, pour aider une personne en situation difficile ou en besoin de secours.

Rappelons que pour pouvoir sortir de la maison aujourd’hui, chaque citoyen doit se munir de sa carte d’identité nationale, de son autorisation exceptionnelle de déplacement et de son masque de protection. Ladite attestation doit impérativement être signé par un agent d’autorité compétent et doit spécifier le motif du déplacement. Les salariés et fonctionnaires doivent quant à eux présenter le document délivré et signé par l’employeur pour pouvoir se rendre au lieu de leur travail. Notons enfin que le non-respect de chacune de ces mesures constitue une infraction distincte qui peut valoir une arrestation, une amende et une poursuite judiciaire.

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