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Coronavirus : gouvernement et opérateurs économiques s’activent 

Le comité de veille économique tient une réunion au sommet, ce lundi, à Rabat. L’objectif de cette rencontre est de trouver les moyens de sauver le tissu économique marocain face à la crise engendrée par la propagation du coronavirus. L’adoption d’une loi de finances rectificative pour soulager les entreprises sera certainement au menu des discussions.

Par Mohamed L., Publié le 16/03/2020, mis à jour le 16/03/2020
Teaser Media
Benchaaboun

Entre suspension de la scolarité, l'arrêt des vols de passagers, la fermeture des commerces non indispensables… le Maroc prend à bras le corps la gestion de la pandémie du coronavirus. La création d’un fonds spécial à la demande du roi Mohammed VI a eu un effet rassurant. Doté de 10 milliards de dirhams, ce fonds sera réservé à la prise en charge des dépenses de mise à niveau du dispositif médical, en termes d’infrastructures adaptées et de moyens supplémentaires à acquérir, dans l’urgence, selon un communiqué du cabinet royal.

Ledit fonds servira également au soutien de l’économie nationale. Et ce, à travers une batterie de mesures qui seront proposées par le gouvernement, notamment en termes d’accompagnement des secteurs vulnérables aux chocs induits par la crise du coronavirus, tels que le tourisme, ainsi qu’en matière de préservation des emplois et d’atténuation des répercussions sociales de cette crise.

Dans le registre économique, de nouvelles mesures sont attendues, ce lundi, à l’issue de la rencontre qui se tiendra à Rabat entre le gouvernement, le Comité de veille économique (CEV), le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et Bank Al-Maghrib. Invité à l’émission Confidence de presse, dimanche, soir sur la chaine 2M, Chakib Alj, président de la CGEM, a déclaré que le CEV dévoilera son plan d’action en ce début de semaine. L’objectif est de trouver une solution pour faire face à l’impact engendré par le coronavirus, notamment pour les secteurs les plus touchés, à commencer par le tourisme (2 millions d'emplois directs et indirects). Selon les estimations de CFG Bank, le Maroc pourrait perdre jusqu’à 5 millions de touristes en 2020. 

Dans ces conditions, plusieurs parlementaires ont appelé à une loi de finances rectificative en raison de la propagation du coronavirus et de la sécheresse du pays. Les hypothèses ayant servi à élaborer l’actuelle loi de finances ne sont plus de mise. Selon Médias24, la demande des parlementaires sera de nouveau sur la table des négociations lors de la rencontre que tiendra, le 24 mars prochain, le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, avec les deux commissions des finances du Parlement. Ce dernier a déclaré ce lundi, que parmi les mesures qui seront étudiées, la suspension de la cotisation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour les entreprises en difficulté, et ce jusqu’à la fin de cette crise. 

Les propositions de l’ASMEX

De son côté, l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) a lancé une alerte à grande échelle sur la perturbation liée au COVID-19. Parmi les propositions de l’ASMEX, un abattement de 50% sur les charges sociales et l’impôt sur le revenu pendant le temps que durera la crise en plus d’un délai sur le paiement d’impôts, de taxes et charges sociales jusqu’à nouvel ordre, rapporte L’Économiste de ce lundi 16 mars 2020.

Au niveau du financement, l’ASMEX propose un rééchelonnement de la dette bancaire et le renforcement des dispositifs d’assurance afin de garantir les exportations. L’Association voudrait que le gouvernement revienne sur le relèvement de leur taxation et informe de la mise en place d’un comité de veille pour recueillir les doléances des entreprises exportatrices avec la publication d’un état des lieux hebdomadaire.

Mise en garde contre la spéculation

Dans un autre registre, Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie et du Commerce, a déclaré, à l’issue d’une réunion, tenue dimanche avec la CGEM, que le gouvernement va sévir contre toute tentative de spéculation susceptible de porter atteinte à l’approvisionnement du marché national en produits de base. «Ce n’est pas le moment de spéculer sur les prix. Ce n’est pas nécessaire de stocker puisque l’ensemble des produits sont disponibles avec des quantités largement suffisantes. Nous allons sévir lorsqu’il y aura spéculation». Le ministre a souligné que l’offre des produits est largement suffisante et couvre les distributeurs pour les 6 prochains mois au minimum.


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