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Libye : escalade des tensions entre la Turquie et les forces de Haftar

Le président turc, Tayeb Recep Erdogan, a confirmé que «plusieurs» militaires turcs avaient été tués en combattant les forces du commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar. Dimanche, les médias régionaux ont déclaré que pas moins de 16 soldats turcs et plus de 100 mercenaires transportés en Libye depuis la Syrie étaient morts lors d’affrontements avec les forces du gouvernement d’entente nationale (GEN) basées à Tripoli.

Par Nora Jaafar, Publié le 24/02/2020 à 16:41, mis à jour le 24/02/2020 à 17:31
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Libye : escalade des tensions entre la Turquie et les forces de Haftar

La crise en Libye se poursuit, et la Turquie est accusée d’envenimer la situation. «La Turquie transfère des armes et des équipements militaires vers la Libye par le port de Misrata», a affirmé le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), Ahmed al-Mismari, dans une publication sur Facebook. «Les unités de reconnaissance et de renseignement confirment l’arrivée d’armes et d’équipements militaires de Turquie au port de Misrata pour soutenir les organisations terroristes et les groupes armés dans la région occidentale», a déclaré al-Mismari à Reuters. «Ce soutien se fait publiquement devant la communauté internationale. Il s’agit d’une violation de la trêve déclarée dans la région», a-t-il martelé.

Selon son porte-parole, l’ANL n’a pas encore réagi face à ces livraisons clandestines, mais surveille de très près la situation. Misrata, située à environ 200 km à l’est de Tripoli, le long de la côte méditerranéenne, abrite les puissantes Brigades Misrata, alliées au gouvernement d’entente nationale (GEN). Ces dernières, des milices fondamentalistes islamistes, ont vu le jour en 2012 à la suite du renversement et du meurtre du leader libyen de longue date Mouammar Kadhafi. Leurs forces ont combattu l’ANL pendant une grande partie de la période post-Kadhafi, et continuent de se battre contre les hommes de Haftar pour les empêcher de conquérir la capitale libyenne, Tripoli, rapporte Asharq Al Awsat. Selon Reuters, l’ANL a accusé la Turquie de faire rentrer clandestinement en Libye, par le port de Misrata, des combattants syriens aguerris, affirmant que ces derniers comprennent des mercenaires de Daesh (États Islamique) et du Front extrémiste d’Al-Nusra.

Ingérence de la Turquie

Notons que le conflit libyen s’est intensifié le mois dernier après que les troupes militaires turques aient commencé à arriver dans le pays pour soutenir le GEN sur ordre de Tripoli. Selon Asharq Al Awsat, Erdogan a confirmé, le samedi 22 février, que «plusieurs» soldats turcs avaient été tués lors des récents affrontements contre l’ANL, tout en précisant que «les rangs de Haftar ont enregistré la mort de près d’une centaine de mercenaires». Bien que le président turc n’ait pas présenté le bilan des décès recensés au niveau de ses troupes, Sky News Arabia a rapporté dimanche que 16 soldats turcs ont perdus la vie en Libye.

Violations de l'accord de cessez-le-feu

Par ailleurs, les combats entre le GEN et l’ANL se poursuivent en dépit d’un accord de cessez-le-feu approuvé par les deux parties à Berlin en janvier. Le commandant Haftar a accusé le GEN et la Turquie de violer le cessez-le-feu, avertissant que les Libyens avaient le droit de faire face à l’agression turque. La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères du parlement de Tobrouk, qui soutient l’Armée nationale libyenne, a même accusé la Turquie de tenter de «conquérir» la Libye.

La résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies

Pour rappel, outre les mesures proposées le 19 janvier lors du Sommet de Berlin sur la Libye, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 13 février une résolution appelant à un «cessez-le-feu durable» dans le pays. Le texte, rédigé par la Grande-Bretagne, a été approuvé à 14 voix sur 15. Selon Asharq Al Awsat, la négociation de cet accord a révélé de profondes divisions internationales sur la Libye, et ce malgré le fait que les dirigeants mondiaux aient accepté de mettre fin à toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays et de maintenir un embargo sur les armes. La même source a également souligné que le nouveau dispositif a appelé à la poursuite des négociations entre les membres de la "Commission militaire conjointe libyenne", qui est composée de 5 officiers de l’ANL et 5 autres du GEN. En outre, la résolution onusienne exhorte le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à soumettre des propositions pour la surveillance du cessez-le-feu «dès que les factions libyennes conviennent d’un commun accord».

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