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ALE : la Turquie cède à la pression du Maroc

Après un "vif débat" avec son homologue turque, Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, a annoncé ce lundi au Parlement que la Turquie acceptait de revoir l’accord de libre-échange qui la lie au Maroc. La première bataille est gagnée. Les négociations s’annoncent serrées.

Par Mohamed Laabi, Publié le 11/02/2020 à 11:07, mis à jour le 11/02/2020 à 12:33
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MHE

Moulay Hafid El Alamy a gagné son bras de fer concernant l’accord de libre-échange (ALE) Maroc-Turquie. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique a annoncé la "bonne" nouvelle ce lundi à la Chambre de représentants, rapporte le site Hespress FR. «La Turquie a accepté, après un vif débat, de revoir l’accord de libre-échange avec le Maroc, pour qu’il soit mutuellement bénéfique. Ils nous ont informés de leur disposition aux négociations», a déclaré El Alamy. Pour rappel, le ministre avait appelé mi-janvier à une réunion urgente avec la ministre turque du Commerce, Ruhsar Pekcan, afin de lui faire part des sérieux dégâts qu’engendre cet accord sur le secteur du textile au Maroc.

 

Un déficit XXL et une perte d’emplois continue

El Alamy a énuméré les raisons économiques qui ont poussé le Maroc à demander la révision de cet accord : le montant du déficit qui a atteint 1,2 milliard de dollars et le nombre d’emplois perdus au Maroc dans le secteur du textile (19 000 en 2014, 24 000 en 2015, 35 000 en 2016 et 44 000 en 2017). Le ministre a souligné que la situation ne s’est aggravée avec la Turquie qu’à partir de l’année 2014 et que, contrairement à d’autres pays de l’Union européenne dont la Belgique qui a consacré 1,4 milliard d’euros d’aides à Rabat pour la période 2014-2020 et les États-Unis (1,2 milliard de dollars), la Turquie n’a accordé aucune aide au Maroc et investit moins au royaume que dans les pays de la région maghrébine, rapporte Yabiladi.

La chaîne de distribution turque BIM a été épinglée par le ministre : «J’ai informé le président de cette enseigne de grande distribution qu’il serait impossible de poursuivre les relations commerciales actuelles s’ils ne vendent pas de produits marocains dans leurs magasins». Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, BIM, qui a causé la fermeture de plusieurs commerces de quartier, «sera contrainte de mettre la clé sous la porte» si elle refuse sa proposition, rapporte L’Économiste.

 

Une relation commerciale "rentable" avec l’UE et les États-Unis

Profitant de son intervention face aux députés pour répondre aux questions orales, El Alamy a livré quelques chiffres relatifs à la situation commerciale actuelle qui lie le Maroc à l’Union européenne et aux États-Unis. Le ministre a indiqué que globalement le niveau des investissements étrangers au Maroc est rentable. Il a révélé que l’investissement de l’Union européenne représente 71% du volume des investissements étrangers et que le Maroc exporte vers l’Europe des voitures pour 60 milliards de dirhams et importe du carburant pour plus de 20 milliards de dirhams. Concernant les États-Unis, le ministre a souligné que les investissements du pays de l’Oncle Sam représentent 6% du total des investissements étrangers, mentionnant que le déficit s’élevait à 20 milliards de dirhams, dont 15 milliards pour les hydrocarbures et 3,5 milliards pour les avions Boeing.

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