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« Gifle du siècle » : un accord de paix au Proche-Orient déjà rejeté

Accompagné de son «ami» le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, Donald Trump a présenté ce mardi son «accord du siècle» portant sur la résolution du conflit israélo-palestinien. Le plan de paix américain, sans grandes surprises, est parfaitement aligné aux ambitions d’Israël dans cette région conflictuelle. Les Palestiniens ont de leur côté dénoncé «la gifle du siècle» de Trump, et ont appelé au boycott de cette initiative tout en invitant leurs alliés à reconnaître leur souveraineté sur Jérusalem. Le Maroc, qui suit de près ce dossier, a déjà exprimé son rejet de l’accord.

Par H.L.B, Publié le 29/01/2020, mis à jour le 30/01/2020
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« Gifle du siècle » : Trump révèle son plan de paix au Proche-Orient

Ce mardi 28 janvier à Washington, après plusieurs mois d’attente et plusieurs reports, le président américain Donald Trump a enfin révélé le plan de paix visant à mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Selon Le Parisien, alors que Trump vantait son projet «gagnant-gagnant» qui offre selon lui une solution réaliste aux «deux États», Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, était tout sourire à ses côtés. L’initiative américaine accorde ainsi à l’État juif le contrôle total de Jérusalem et lui permet d’annexer la vallée du Jourdain - une zone stratégique de la Cisjordanie - et les colonies qui parsèment le territoire palestinien. En échange, les Palestiniens se voient offrir une forme d’État dans ce qui reste de la Cisjordanie et de Gaza, et la perspective de milliards de dollars d’aide et d’investissement.

De leur côté, les politiques palestiniens ont fermement rejeté les propositions du président républicain. Dans un éditorial du Washington Post, le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, a appelé d’autres pays étrangers à intervenir pour négocier un meilleur plan de paix. Hugh Lovatt, analyste israélo-palestinien au Conseil européen des relations extérieures, a toutefois précisé à France24 que les responsables israéliens souhaitent exécuter les recommandations américaines dès que possible, «peut-être même avant les élections prévues dans le pays le 2 mars 2020». «Les options des Palestiniens sont limitées par plusieurs facteurs. Premièrement, leurs propres divisions, deuxièmement la dynamique régionale et troisièmement les divisions entre les Européens», souligne Lovatt.

Réactions palestiniennes et internationales

D’après Le Monde, les Palestiniens sont divisés entre le gouvernement d’Abbas basé en Cisjordanie et les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza. Bien que les deux sont à couteaux tirés depuis plus d’une décennie, leur consternation face au plan de paix de l’administration Trump leur a permis de tenir une rare réunion ce mardi. Dans un discours prononcé hier soir, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a affirmé avoir entendu «des réactions (internationales) prometteuses contre le plan Trump», rapporte Al Jazeera. Cependant le média explique que la réalité est autre. Au niveau régional, les États arabes du Golfe se sont rapprochés de l’État juif en raison de leur hostilité à l’égard de l’Iran. L’Arabie Saoudite et d’autres acteurs régionaux ont déclaré qu’ils étudieraient les propositions américaines, en s’abstenant de toute critique immédiate. Les Émirats arabes unis sont allés plus loin en qualifiant le plan de «point de départ important» pour les pourparlers de paix, déplore la même source.

Selon des diplomates européens cités par BBC News, l’Union européenne (UE) est également divisée quant à la sévérité de sa réaction si Israël procède aux annexions prévues par l’initiative américaine. Ce mercredi, poursuit le journal, Erekat compte adresser un appel aux envoyés de l’UE, réitérant la revendication de longue date de son pays, notamment la reconnaissance de l’État de Palestine. Une démarche qui reste cependant difficile à atteindre, indiquent les diplomates. «Il y a une position de l’UE que nous avons déjà exprimée en soulignant l’opposition à l’annexion et les conséquences qui pourraient s’ensuivre. Mais il est juste de dire qu’il n’y a pas de consensus sur ce que pourraient être ces conséquences», précisent-ils.

Par ailleurs, le président palestinien, qui a qualifié le plan de paix américain de «gifle du siècle», devrait se rendre au Caire ce mercredi pour une réunion urgente de la Ligue arabe avant de visiter d’autres pays amis pour tenter de rallier leurs soutiens, rapporte North Africa Post. L’Égypte, dont la capitale accueille la Ligue arabe, a appelé Israël et les Palestiniens «à entreprendre un examen attentif et approfondi de la vision américaine pour parvenir à la paix».

Rejet de l'ONU

Le même média nous apprend que les Nations Unies ont rejeté «l’accord du siècle» du président américain et réaffirmé que le conflit israélo-palestinien devrait être résolu sur la base des résolutions de l’ONU et du droit international. Et d’ajouter que l’initiative américaine risquerait d’envenimer la situation dans le Proche-Orient et de conduire à une nouvelle escalade de tensions. En effet, le Hamas, une organisation considérée comme terroriste pas les États-Unis, qui contrôle la bande de Gaza et qui est soutenu par l’Iran, a mené depuis 2008 trois guerres sanglantes contre Israël, rappelle Reuters.

La réaction du Maroc

Aujourd'hui, lors d’un point de presse à Rabat, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé apprécier les "efforts constructifs de paix" engagés par les États-Unis tout en rappelant que la résolution de la question palestinienne sera la clé de la stabilité au Moyen Orient. La solution à 2 états ainsi que l'ouverture au dialogue entre les deux parties pour parvenir à toute résolution de la situation restent pourtant les seuls points de convergence avec la vision marocaine. Sur la question de Jérusalem, Bourita a également réaffirmer la position du Maroc, déjà exprimée en novembre 2019, stipulant que le gouvernement marocain et le roi Mohammed VI s'oppose à toute atteinte au statut d’Al Qods. D'ailleurs, à l'époque et par le biais «d’une lettre officielle envoyée au président américain Donald Trump, au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et à d’autres organismes régionaux», le souverain avait officiellement «exprimé son rejet de l’accord du siècle». Le souverain, également président du comité Al Qods, avait affirmé que son pays «ne peut accepter aucune tentative visant à nuire à la Palestine et aux Palestiniens».


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