Placements : les Marocains doivent prendre un peu plus de risque

Jules Raoul Yimcthi

Temps de lecture :

Capacité d’épargne : léger mieux du moral des ménages au T1-2026Image d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Les Marocains doivent se résoudre à une idée concernant leur épargne : la rémunération des produits sans risque est de plus en plus faible. Pour gagner un peu plus d’argent, il va falloir prendre un peu plus de risque. À fin 2018, les placements en assurance-vie et en valeurs immobilières représentaient 17 % du patrimoine financier. Tout le reste est placé sur les comptes à vue ou d’épargne auprès des banques. En comptant l’inflation, ces produits ne rapportent pratiquement plus rien.

La fin d’année et les bonus qui vont avec (13e mois et autres primes) est l’occasion pour les épargnants de faire le point sur les placements qui rapporteront le mieux. Les Marocains doivent se résoudre à une idée : la rémunération des produits sans risque est de plus en plus faible et, pour gagner un peu plus d’argent, il faudra prendre un peu plus de risque.

L’aversion au risque

Aujourd’hui, la prise de risque n’est pratiquement pas tolérée et cela se voit à travers la structure du patrimoine financier des ménages. 83 % sont composés de dépôts bancaires. En dehors de l’argent qui est placé dans les comptes à vue et qui permet de faire face aux besoins quotidiens, une grande partie des fonds est placée sur le compte sur carnet et les dépôts à terme. En soustrayant l’inflation, la rémunération est très maigre.

À fin 2018, les placements en assurance-vie représentent 10 % et les placements en valeurs immobilières 7 %, selon le rapport sur la stabilité financière. La part de ces produits s’est renforcée dans le patrimoine des ménages. Mais, le manque de connaissance de ces produits ou la faible capacité des conseillers à apporter une information fine et transparente pour permettre aux épargnants d’effectuer les bons choix font que le mouvement est lent.

L’assurance vie, un produit avantageux

L’assurance-vie a capté une bonne partie de l’épargne des Marocains ces dernières années. Les difficultés des caisses de retraite ont en partie accéléré la réflexion sur la constitution d’une épargne pour la période après la vie active. Certes, la rémunération de ces contrats a beaucoup baissé, mais pour une personne qui se projette sur un horizon d’au moins huit ans, le produit reste attractif en intégrant la fiscalité. L’une des options serait aussi d’envisager de placer une petite poche dans les contrats à unités de comptes (en bourse). Ce ne sont pas les plus répandus et toutes les compagnies d’assurance n’ont pas cette offre en portefeuille. Les montants collectés par les assureurs pour les contrats d’assurance vie classique sont essentiellement investis en bons du Trésor, ce qui justifie la baisse de la rémunération de ces contrats. Les contrats en unités de compte, eux, offrent la possibilité aux épargnants de diversifier les supports d’investissement. C’est donc un mix de produits (actif monétaire, actions…). L’épargnant prend un peu plus de risque (perte en capital notamment pour les placements en actions lorsque le marché baisse), mais il peut espérer une meilleure rémunération que pour un contrat classique. L’appétit pour les contrats en unité de compte augmente puisque les montants qui y sont placés enregistrent une croissance à deux chiffres. Cependant, ce sont surtout les clients premium et avisés qui y recourent.

L’immobilier, sans les contraintes

Globalement, les possibilités de placement pour les épargnants sont assez limitées. L’immobilier reste en tête de liste pour beaucoup d’entre eux, mais le marché n’est plus le même qu’il y a quelques années. Pour les investisseurs, l’un des challenges est aussi de trouver des locataires de qualité, c’est-à-dire des personnes qui vont prendre soin du bien et payer normalement leur loyer. L’investissement dans l’immobilier locatif n’est donc pas sans contraintes. Le développement des organismes de placement collectif en valeur immobilière (OPCI) va permettre à ceux qui le souhaitent d’investir dans l’immobilier en se libérant des contraintes liées à la gestion du bien et le risque d’impayés de loyer. Les premiers fonds OPCI devraient démarrer d’ici début 2020. Comme pour les OPCVM (Valeurs Mobilières: actifs boursiers), l’épargnant pourra souscrire à des parts de l’OPCI et toucher un rendement qui devrait s’intercaler entre ceux des actifs sans risque comme les obligations et ceux plus risqués (actions par exemple).

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Pourquoi les Etats-Unis rouvrent-ils la porte à l’OCP ?

Pour le Maroc, et plus particulièrement pour l'OCP, cette dernière avancée illustre la place prise par le groupe dans les grands équilibres agricoles mondiaux.

Rédaction LeBrief - 30 juin 2026
ZLECAf : le Maroc renouvelle son engagement en faveur de l’intégration économique africaine

Le Maroc réaffirme à Abuja son soutien à la ZLECAf et appelle à accélérer l'intégration économique africaine pour stimuler le commerce et l'investissement.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Stellantis répond à l’offensive chinoise… en s’inspirant de la Chine

Face à la concurrence chinoise, Stellantis redéfinit sa stratégie mondiale et fait du Maroc un hub industriel pour soutenir sa croissance à l'horizon 2030.

Sabrina El Faiz - 30 juin 2026
Agriculture : la COMADER alerte sur les menaces qui pèsent sur le Maroc

La COMADER alerte sur la fragilité des exploitations agricoles et appelle à revoir les politiques de soutien face à la hausse des coûts et au stress hydrique.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Écosystème startup : une croissance record, mais un classement mondial en recul

L'écosystème startup marocain progresse fortement, mais recule au classement mondial 2026 de StartupBlink, peinant encore à franchir le cap du passage à l’échelle.

El Mehdi El Azhary - 30 juin 2026
Prix à la production : les industries manufacturières en léger repli en mai

Le HCP annonce une baisse de 0,3 % des prix à la production manufacturière en mai 2026, principalement due au recul de 1,1 % des industries alimentaires.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire