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Liban : escalade des tensions entre les manifestants et le Hezbollah

Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes ce lundi matin dans le centre de Beyrouth, pour calmer les affrontements entre les partisans du Hezbollah et d’Amal d’un côté et les manifestants qui protestent contre l’élite politique du Liban de l’autre.

Par Nora Jaafar, Publié le 25/11/2019 à 13:29, mis à jour le 06/01/2021 à 10:47          Temps de lecture 2 min.
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Le Liban fait face depuis cinq semaines à des manifestations antigouvernementales, alimentées par la colère du peuple contre la corruption des politiciens sectaires qui gouvernent le pays depuis des décennies. Les militants veulent qu’ils quittent le pouvoir. De plus, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, et Amal (un parti politique libanais chiite) étaient tous deux représentés dans le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre, Saad Hariri, qui a démissionné le 29 octobre après le début des protestations. Le Hezbollah, lourdement armé, s’était opposé à cette décision.

 

Ces derniers affrontements ont commencé après que des dizaines de partisans du Hezbollah sont arrivés sur des scooters et ont attaqué les manifestants avec des matraques et des barres métalliques. La police anti-émeute et les soldats ont alors formé une barrière humaine pour séparer les deux camps. Des groupes de jeunes hommes se sont ainsi jetés des pierres pendant des heures, alors que les forces de sécurité tentaient de les calmer.

 

Grands blocages et guerre civile

Plusieurs personnes ont été battues et blessées. Quelques partisans du Hezbollah ont brandi le grand drapeau jaune du groupe chiite pour provoquer les manifestants. Ces confrontations ont été les pires depuis le début des manifestations au Liban, les opposants exigeant la fin de la corruption endémique et dénonçant la mauvaise gestion de la classe politique, qui gouverne le pays depuis trois décennies. « Chiites, chiites, chiites, chiites », criaient les partisans du Hezbollah. Certains ont tiré des fusées éclairantes contre les forces de sécurité et les manifestants de l’autre côté scandaient : « Le Hezbollah est terroriste ».

 

Ces violences ont eu lieu après que les militants ont bloqué l’importante intersection de Ring Road qui relie les quartiers est de la capitale aux quartiers ouest. Ces derniers ont également fermé les routes au nord de Beyrouth et à l’est de la vallée de Bekaa. En représailles, les partisans du Hezbollah ont attaqué au moins à deux reprises le principal camp de protestation, détruisant des tentes érigées par des manifestants.

 

Par ailleurs, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déploré que le mouvement de protestation nationale a été exploité par des puissances étrangères et n’est plus spontané. Il a averti en outre qu’il pourrait entraîner le Liban dans une nouvelle guerre civile et a exhorté les militants à cesser de bloquer les routes et de paralyser le pays.

 

Pour rappel, les protestations au Liban ont été déclenchées à la suite de l’introduction de nouvelles taxes visant à réduire les dépenses publiques, les pensions et les prestations sociales pour faire face à une crise économique croissante. Le mouvement a évolué et appelle aujourd’hui au départ de toute la classe politique, dont fait partie le Hezbollah.

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