Aller au contenu principal

Arabie Saoudite : MBS assume la responsabilité du meurtre de Khashoggi

Le prince héritier Mohammed Ben Salman a déclaré qu’il assumait l’entière responsabilité du meurtre du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi, tué l’année dernière dans le consulat d’Istanbul, mais il a nié avoir ordonné son assassinat.

Par H.L.B, Publié le 30/09/2019, mis à jour le 30/12/2019
Teaser Media

« C’était un crime odieux », a déclaré le prince héritier à CBS dimanche soir. « J’assume l’entière responsabilité en tant que leader en Arabie Saoudite ». Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’était pas au courant de l’opération, le prince héritier a répondu qu’il ne pouvait pas suivre de près les millions d’employés de sa monarchie. « Il est impossible que les 3 millions de personnes envoient leurs rapports quotidiens au leader ou à la deuxième personne la plus haute du gouvernement saoudien », a déclaré le prince héritier, qui a mené une campagne agressive pour transformer l’économie dépendante du pétrole dans le pays.

 

Pour rappel, Khashoggi, un ancien initié du régime qui s’est brouillé avec le prince héritier après avoir critiqué la répression de la dissidence, a été tué et démembré au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre dernier. Son corps n’a jamais été retrouvé. La CIA et d’autres agences de renseignement étrangères ont conclu que le prince héritier Mohammed avait ordonné sa mise à mort.

 

Le royaume du Golfe a par la suite inculpé 11 personnes impliquées dans le meurtre de Khashoggi — certains d’entre eux étant soupçonnés d’être proches du prince héritier — et les a traduites en justice en Arabie saoudite. Les procédures judiciaires sont fermées au public et le gouvernement a refusé d’autoriser les enquêteurs internationaux à investiguer dans le pays.

 

Par ailleurs, au cours d’entretiens séparés, diffusés ce lundi sur les ondes de l’émission Panorama de la BBC, deux défenseurs des droits de l’homme qui ont écouté les cassettes des renseignements secrets turques enregistrées dans le consulat saoudien à Istanbul, ont relayé ce que les audios ont révélé sur les derniers moments de Khashoggi. NBC News n’a pas confirmé l’authenticité de ces cassettes.

 

L’avocate britannique des droits de l’homme Helena Kennedy a déclaré à la BBC que les membres de l’escouade saoudienne pouvaient être entendus rire en attendant Khashoggi, qu’ils décrivent comme « l’agneau sacrificiel ». « Il y a un moment où l’on peut entendre Khashoggi perdre sa confiance et exprimer de la peur — anxiété croissante, terreur — en sentant que quelque chose de fatal était sur le point d’arriver », a raconté Kennedy. Agnès Callamard, rapporteur spécial des Nations unies pour les exécutions extrajudiciaires, a quant à elle déclaré que les enregistrements indiquent que Khashoggi a été étouffé — probablement avec un sac en plastique sur la tête.

 

Près d’un an après le meurtre qui a choqué et déclenché une vague de répulsion dans le monde entier, Hatice Cengiz, la fiancée de Khashoggi, a déclaré à NBC News la semaine dernière que l’attention internationale lui avait fait sentir le poids de sa perte quelques mois plus tard. « Après un long délai, j’ai ressenti cette énorme onde de choc », confie-t-elle.

 

Lors de l’interview, le prince héritier a déclaré à CBS que l’idée que l’Arabie saoudite était perçue comme un pays qui ne soutient pas les droits de l’homme « lui fait mal » et il a encouragé les étrangers à venir voir le royaume par eux-mêmes.

 

L’année dernière, quelques semaines à peine avant que le prince héritier ne lève l’interdiction de conduire imposée aux Saoudiennes, l’Arabie saoudite a arrêté et détenu une douzaine de militantes — dont Loujain al-Hathloul — qui réclamaient le droit de conduire dans leur lutte pour l’égalité. Certaines détenues ont déclaré avoir été torturées et harcelées sexuellement pendant leur détention. Puis, interrogé sur les raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite avait arrêté les militantes, le prince héritier Mohammed a répondu que même s’il n’était pas d’accord avec certaines des lois du royaume, elles devaient être respectées jusqu’à leur réforme.

 

Le prince héritier a également abordé l’attaque de ce mois-ci du site de traitement du pétrole d’Aramco en Arabie Saoudite, que Washington et Riyad imputent à Téhéran. Il a déclaré que le monde devait prendre une « action forte et ferme pour dissuader l’Iran », mais il a dit espérer que les pays trouveraient une « solution pacifique ».


  • Partagez

Les États-Unis se retirent du traité de sécurité Ciel ouvert

Ce jeudi 21 mai, le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis du traité "Ciel ouvert" (Open Skies), accusant la Russie de l’avoir violé. Ce traité, signé par 34 pays et entr...

Assassinat de Khashoggi : les enfants du journaliste "pardonnent" aux tueurs

Ce vendredi 22 mai, les enfants du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué en octobre 2018 dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, ont déclaré avoir pardonné aux meurtriers de leur père. «...

Les Européens appellent Israël à renoncer à l’annexion de la Cisjordanie

Trois jours après la nomination d’un nouveau gouvernement d’union en Israël, l’Europe a réagi au programme de cette coalition qui prévoit l’annexion de pans de la Cisjordanie occupée par l’État h...

Coronavirus : le monde a franchi le cap des 5 millions de cas

La pandémie du nouveau coronavirus ne cesse de se propager dans le monde. Le bilan mondial du virus a franchi le cap des 5 millions cas d’infection et des 330000 décès, dont une majorité en ...

L’Algérie emprisonne 3 opposants pour des publications sur Facebook

Depuis mardi 19 mai, la justice algérienne a condamné 15 opposants à des peines de prison ferme, dont trois pour leurs publications sur les réseaux sociaux. Ces derniers ont été condamnés à des senten...

Les émissions de CO2 en baisse en raison du coronavirus

Alors que les activités économiques et une grande partie des populations ont été mises à l’arrêt en raison du nouveau coronavirus, la pollution est en très nette baisse. Grâce au confinement, les nive...