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Les 10 litiges géopolitiques de l’été 2019

Le monde a été secoué en 2019 par de nombreux conflits internationaux, en particulier en Asie et au Moyen-Orient. De la guerre commerciale entre Pékin et Washington aux tensions dans le détroit d’Ormuz, voici les 10 crises géopolitiques les plus graves de cet été.

Par Nora Jaafar, Publié le 16/08/2019 à 14:37, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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1) Détroit d’Ormuze : escalade des tensions États-Unis et l’Iran

Depuis le retrait des États-Unis de l’accord international sur le programme nucléaire iranien, et la réimposition des sanctions contre Téhéran en mai 2018, le conflit entre les deux pays s’est envenimé. Les Européens n’ont pas réussi à contourner l’extraterritorialité de la loi américaine, et les Iraniens ont décidé au début du mois de juillet de ne plus respecter les engagements convenus en 2015. De plus, ils maintiennent fermement leur contrôle sur le détroit d’Ormuz, par lequel passe un tiers du pétrole mondial. Après que les Gardiens de la Révolution ont capturé (ou essayer d’appréhender) plusieurs pétroliers dans le détroit, après la saisie à Gibraltar de Grace 1 qui bat pavillon iranien par les Britanniques, les États-Unis ont décidé d’organiser une mission militaire dans le Golfe pour assurer le transit des hydrocarbures.

 

2) Hong Kong : intervention armée de Pékin

Depuis deux mois, Hong Kong, ancienne colonie britannique récupérée la Chine en 1997, est confronté à de violentes manifestations en faveur de la démocratie. Le mouvement qui a été lancé contre l’extradition vers la Chine, s’est depuis élargi est réclament plusieurs doléances, dont des élections libres. La revendication d’une réforme de la loi électorale inquiète les autorités chinoises, qui ont déclaré sur un ton belliqueux que « ceux qui jouent avec le feu périront par le feu ». L’intervention militaire de la Chine risquerait de bousculer brutalement la situation.

 

3) États-Unis-Chine : guerre commerciale

Le 1er août, Washington a annoncé de nouvelles taxes sur les importations chinoises le 1er septembre. Il a ensuite mis fin à Pékin pour réduire les importations de certains produits agricoles américains et, en particulier, pour permettre la dévaluation de la monnaie, le yuan, qui a déclenché la colère de Donald Trump, accusant les Chinois d’avoir dévalué pour gagner du temps, l’élection présidentielle de 2020 en Chine contourne l’embargo américain sur le pétrole iranien.

 

4) Inde : l'autonomie du Cachemire

En Inde, le règne de Narendra Modi réélu en mai dernier Premier ministre pour sa lutte contre le terrorisme a décidé de mettre fin à l'autonomie du Jammu-et-Cachemire. Cet État indien à prédominance musulmane est divisé en deux zones sous l'autorité directe du gouvernement fédéral. Cette décision pourrait provoquer une flambée de violence locale ou même interférer dans les relations entre l'Inde et le Pakistan, qui revendiquent tous deux la souveraineté sur ce territoire.

 

5) États-Unis-Russie-Chine : la course aux armements

Au début du mois d’août, les États-Unis ont officiellement quitté le Traité FNI, l’un des accords les plus importants de la guerre froide, signé en 1987 par Washington et Moscou pour mettre fin à la crise euro-missile. Pour les Américains, ce retrait est plus motivé par leur rivalité avec la Chine, qui n’a pas signé le traité, que par leur différend avec la Russie, qu’ils accusent de ne pas respecter l’accord. Alors que la convention interdit tous les missiles de moyenne portée (nucléaires ou non nucléaires) et de moyenne portée (de 500 à 5500 km de portée), Pékin a développé plusieurs programmes d’armement qui, selon Washington, constituent une menace pour la présence américaine en Asie. Le nouveau chef du Pentagone, Mark Esper, a annoncé le déploiement de nouveaux missiles dans la région, provoquant l’ire de Pékin.

 

6) Corée du Nord : la pression croissante contre Pyongyang

Après l’échec du sommet de Hanoi en 2019, les autorités américaines tentent de préserver leur optimisme. Les pourparlers entre Washington et Pyongyang ont jusqu’à présent été lents, et la promesse de « dénucléarisation de la péninsule coréenne » convenue lors du premier sommet à Singapour devient de plus en plus vague. Contrairement aux souhaits des États-Unis, les sanctions doivent être levées en Corée du Nord avant que des progrès puissent être réalisés. Le régime communiste dénonce la tenue d’exercices militaires conjoints entre Sud-Coréens et Américains en août et fait pression pour la construction d’un nouveau sous-marin lance-missiles.

 

7) Corée du Sud-Japon : différend historique


Le fossé historique entre la Corée du Sud et le Japon est beaucoup plus discret : il se creuse depuis plusieurs mois et s’aggrave davantage chaque semaine. Cette crise remonte à la colonisation brutale de la péninsule coréenne par le Japon impérial de 1910 à 1945, et se poursuit malgré la signature d’un traité de rapprochement, en 1965. Alors que la justice sud-coréenne a sanctionné plusieurs entreprises japonaises cette année, Tokyo a réagi en restreignant l’exportation de certains produits électroniques vers la Corée du Sud. Le litige est également territorial avec les îles Dokdo contrôlées par Séoul, mais revendiquées par Tokyo. La rivalité militaire ne peut être négligée pendant cette crise. La Corée du Sud a annoncé la semaine dernière qu’elle pourrait acquérir un premier porte-avions d’ici fin 2020.

 

8) Daesh : la résurgence


Il y a cinq mois, Donald Trump annonçait une « victoire à 100 % » sur le califat. Cependant, État Islamique est loin d’être complètement vaincu en Syrie et en Irak, mais réapparaît sous une forme nouvelle, plus souple, discrète et secrète et mène une guerre de révolte contre les armées actuelles, syriennes, kurdes et irakiennes.

 

9) Syrie : la guerre se poursuit dans le nord du pays

La guerre continue en Syrie. À la fin du mois d’avril, le gouvernement syrien a lancé une offensive avec ses alliés russes et iraniens à Idleb, la dernière région rebelle contrôlée par les jihadistes. Les Turcs, très présents dans cette région frontalière où ils sont militairement déployés, tentent de maintenir leur influence directement ou par le biais de groupes rebelles qu’ils contrôlent. Ils discutent également avec Moscou au sujet du sort des Kurdes. Ankara menace une opération militaire contre les Kurdes qui dominent certaines parties du nord et de l’est de la Syrie et dirige une coalition anti-Daesh parrainée par Washington. La Turquie a finalement annoncé un accord avec les Américains pour mettre en place un passage de sécurité commun à la frontière.

 

10) Venezuela : les nouvelles sanctions américaines

Le gouvernement américain a imposé de nouvelles sanctions financières contre le Venezuela de Nicolas Maduro. Il s’agit d’un embargo virtuel contre ce pays d’Amérique du Sud, où le régime d’extrême gauche a attaqué l’opposition pro-américaine de Juan Guaido ces derniers mois. Mais le président autoproclamé n’a pas réussi à prendre efficacement le pouvoir. Ces nouvelles sanctions pourraient aggraver davantage la situation économique et sociale du Venezuela, et renforcer la puissance de Nicolas Maduro, qui continue à critiquer Washington pour sa rhétorique « anti-impérialiste ».

 

(Avec Le Monde)

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