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Variant Omicron : le Maroc reste sur ses gardes

Face à la propagation du variant Omicron dans le monde, le Royaume du Maroc prend des mesures de précaution. Le pays procède désormais aux criblage et séquençage génomique de tous les tests positifs à la Covid-19. Le gouvernement a également annoncé la réduction de la présence aux funérailles à 10 personnes. Des mesures qui viennent démontrer que la lutte contre la Covid-19 est loin d’être terminée. Détails.

Par Mohamed Laabi, Publié le 02/12/2021 à 12:01, mis à jour le 02/12/2021 à 13:50
         Temps de lecture 5 min.
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Covid-19 : le Maroc franchit la barre du million de contaminations

L’heure est à la prudence et la précaution. Le nouveau variant Omicron a été confirmé dans 23 pays dans le monde et leur nombre devrait augmenter, a alerté mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si aucun cas n’a été détecté au Maroc pour le moment, la prudence est de mise. Ce mercredi, le gouvernement a annoncé avoir décidé de limiter la présence aux cérémonies des funérailles et des obsèques à 10 personnes au maximum. Par ailleurs, le pays a décidé de procéder au criblage et au séquençage génomique de tous les tests positifs. Ces dernières 24 heures, le Royaume enregistre 171 nouveaux cas pour 130 rémissions et 3 décès.

 

Vers de nouvelles restrictions ?

La décision de limiter la présence dans les cérémonies des funérailles et des obsèques à 10 personnes au maximum pose plusieurs interrogations. Pourquoi uniquement les funérailles ? Est-ce le début d’une nouvelle série de mesures restrictives ? Nous avons contacté Moulay Mustapha Ennaji, membre du Comité scientifique et technique de la Covid-19, qui nous a livré les motivations de cette décision gouvernementale. «C’est une décision qui n’est pas nouvelle, mais qui vient dans la continuité de la décision initiale sur le respect des mesures barrières. Le port du masque, éviter la massification et respecter la distanciation. Aujourd’hui, ça commence avec les funérailles, toutefois cela ne veut pas dire que cela ne sera pas élargi aux cafés et autres».

Notre intervenant souligne que toutes les mesures seront annoncées en fonction de la situation épidémiologique du pays : «La première mesure préventive a été de fermer les frontières pour retarder au maximum l’arrivée du nouveau variant. Aujourd’hui, la situation épidémiologique est stable, mais il faut tout faire pour la maintenir ainsi», souligne docteur Ennaji.

 

Les scientifiques insistent sur la vaccination

Même si les études n’ont pas encore clairement démontré l’impact de la vaccination sur le nouveau variant Omicron, les scientifiques rappellent la nécessite de se faire vacciner pour éviter les cas de décès et de réanimation. Contacté par LeBrief, le professeur Moulay Said Afif, membre du Comité scientifique et technique de la vaccination contre le coronavirus (Covid-19), a déclaré que le Maroc souhaite préserver ces acquis enregistrés dans la lutte contre la Covid-19.

«Nous avons une situation épidémiologique qui est stable depuis 13 semaines, il faut que cela reste ainsi notamment à travers la poursuite de la campagne de vaccination», souligne le professeur Afif.

Ce dernier constate une hausse des vaccinations durant les derniers jours : «Alors qu’on a eu des périodes où on n’arrivait plus à dépasser les 10.000 administrations par jour, nous avons réussi cette semaine à faire une journée à 35.000 administrations et une autre à 50.000». Le scientifique explique cela par la menace Omicron qui inquiète les citoyens : «Les Marocains suivent ce qui se passe en Europe et dans le monde et agissent en conséquence. Aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir vacciner jusqu’à 500.000 personnes par jour et avec près de 14 millions de doses en stock, nous pouvons atteindre l’immunité collective avant la fin d’année. Cela nous permettrait d’être à l’aise et de limiter les éventuels cas de décès et de réanimation dans les hôpitaux», dit-il.

Lire aussi : Le pass sanitaire désactivé sans 3e dose du vaccin anti-Covid-19

Le professeur Afif insiste également sur l’accélération de la vaccination à la 3e dose pour les personnes âgées de plus de 60 ans : «Nous avons un net retard de vaccination en 3e dose chez cette catégorie d’âge. À peine 22% des 60-64 ans sont vaccinés et 27% pour les plus de 65 ans».

Pour ce dernier, la vaccination obligatoire est la seule solution pour se protéger : «Prenez le cas de l’Allemagne qui, face à la hausse des cas de contamination, est sérieusement en train d’envisager la vaccination obligatoire de sa population», souligne Moulay Said Afif. L’Allemagne n’est pas le seul pays qui prévoit d’instaurer la vaccination obligatoire à ses citoyens. L’Autriche a annoncé également qu’elle infligera 7200 euros d’amende aux personnes non vaccinées à partir du 1er février prochain.

 

La vaccination bientôt obligatoire

Alors que plusieurs dirigeants s’opposaient fortement à cette pratique, la hausse des cas de contamination en Allemagne (60.000 cas par jour) et en France (50.000 cas quotidiens) ont poussé l’Union européenne à approfondir la réflexion à ce sujet : «Il est compréhensible et approprié de mener cette discussion maintenant. Comment nous pouvons encourager et potentiellement penser à la vaccination obligatoire au sein de l’Union européenne, cela doit être discuté. Cela nécessite une approche commune, mais c’est une discussion qui, je pense, doit être menée», a indiqué ce mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen.

Lire aussi : Omicron : Pfizer, Moderna et J&J travaillent sur une version du vaccin anti-Covid

La Commission européenne avait publié une semaine sur son compte Twitter un graphique qui montre que plus le taux de vaccination est élevé dans les pays, plus la mortalité est faible. Ces données seront-elles suffisantes pour convaincre les derniers récalcitrants à se déplacer vers les centres de vaccination ? À suivre.

 

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