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Europe : vers une reconnaissance des vaccins chinois ?

Après les États-Unis, c’est au tour du Royaume-Uni de reconnaître les vaccins chinois et d’ouvrir ses frontières aux ressortissants des pays où l’utilisation de ces vaccins reste majoritaire, comme au Maroc. Cependant, certains pays européens persistent à refuser un accès simple et fluide aux vaccinés avec les sérums de Sinopharm ou de Sinovac malgré leur autorisation par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourquoi donc ce refus ? Décryptage.

Par Mohamed Laabi, Publié le 10/11/2021 à 15:26, mis à jour le 11/11/2021 à 11:17
         Temps de lecture 4 min.
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Sinopharm

Le vaccin Sinopharm gagne des points en Europe. Ce mardi, l’ambassade du Royaume-Uni au Maroc a annoncé sur Twitter que le gouvernement britannique ajoutera dès le 22 novembre les vaccins de Sinovac, de Sinopharm et de Covaxin dans sa liste de vaccins approuvés pour les voyageurs entrants. Une bonne nouvelle donc pour plusieurs pays dont les vaccinés "Sinopharm" sont majoritaires. Parmi ces derniers, les Émirats arabes unis, l’Inde ou encore… le Maroc.

Avant le 22 novembre prochain, les voyageurs sont toutefois tenus de présenter un test PCR avant leur départ et s’auto-isoler à leur arrivée au Royaume-Uni. L’annonce britannique arrive quelques jours seulement après celle des États-Unis qui ont également décidé d’ouvrir leurs frontières à tous les vaccinés contre la Covid-19 par des vaccins approuvés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Lire aussi : Sinopharm efficace chez les enfants, selon une étude chinoise

L’annonce du Royaume-Uni pourrait ouvrir la porte à plusieurs pays du Vieux continent qui persistent à garder des mesures restrictives vis-à-vis de certains vaccinés, notamment par les doses chinoises. À titre d’exemple, la France autorise l’accès aux personnes vaccinées par les vaccins chinois à une condition : recevoir une dose supplémentaire des vaccins de Pfizer ou de Moderna à leur arrivée !

Contacté par LeBrief, Moulay Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie à l’Université Hassan II de Casablanca indique que sur le plan scientifique, le vaccin de Sinopharm n’a rien à envier aux autres vaccins et serait même meilleur en termes d’efficacité.

«Du point de vue de la science, je peux vous assurer que le vaccin de Sinopharm est un bon vaccin. Il protège bien contre la maladie et il est efficace», déclare docteur Moulay Mustapha Ennaji.

Notre intervenant assure que "Sinopharm" est même parmi les vaccins les plus efficaces parmi la concurrence : «le vaccin de Sinopharm est dans le top 5 des vaccins les plus efficaces contre la Covid-19», dit-il. L’expert explique qu’il y a des éléments qui relèvent de la géopolitique et qui sont derrière ces décisions prises par les pays européens.

 

“Une posture aberrante”

Dans son éditorial du mercredi 10 novembre 2021, le quotidien Aujourd’hui Le Maroc souligne que l’annonce récente des autorités britanniques de la reconnaissance du vaccin chinois de Sinopharm vient rappeler la «posture aberrante de certains pays européens», vis-à-vis de ce vaccin. Le journal indique que «si la non-reconnaissance du vaccin chinois par l’Agence européenne du médicament (EMA) trouve son explication dans des considérations d’ordre purement scientifique, à savoir une prétendue inefficacité dudit vaccin, l’argument est vite battu en brèche».

En effet, l’éditorialiste précise qu’il suffit pour cela de regarder l’évolution de la situation épidémiologique et de faire une comparaison entre les vaccins. «Comment les responsables européens peuvent-ils expliquer que dans des pays où la population a été vaccinée exclusivement avec les produits reconnus, comme ceux de Pfizer et d’AstraZeneca, la situation se soit de nouveau dégradée et de manière inquiétante au moment où dans un pays comme le Maroc, où le vaccin chinois a été le plus utilisé, la situation s’est nettement améliorée et très probablement grâce à la vaccination ?», note la même source.

Lire aussi : Sinopharm : les EAU vaccinent les enfants à partir de 3 ans

Le débat restera ouvert, mais il est vrai que plusieurs décisions restent incompréhensibles. L’Arabie Saoudite qui utilise les vaccins de Pfizer et d’AstraZeneca refuse l’accès à son territoire aux personnes vaccinées par Sinopharm. Selon certaines sources médiatiques, des Marocains voulant effectuer la Omra auraient été interdits d’accès au territoire saoudien. Les autorités saoudiennes leur ont exigé de se faire administrer une troisième dose des vaccins d’AstraZeneca ou de Pfizer pour pouvoir effectuer ce rituel.

Une question se pose désormais. Le Royaume-Uni, premier pays européen à avoir vacciné sa population contre la Covid-19, ouvrira-t-il désormais la voie aux autres pays européens pour accepter les vaccinés avec les produits "Made in China" ? À suivre.

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