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Élections : pourquoi les sondages sont-ils toujours interdits au Maroc ?

Contrairement à plusieurs pays étrangers, les pouvoirs publics continuent de refuser la réalisation de sondages durant la campagne électorale, de peur d’influencer l’opinion publique. Pourtant, cette pratique pourrait avoir plusieurs retombées positives et sur tous les plans. Les détails.

Par Mohamed Laabi, Publié le 06/09/2021 à 17:09, mis à jour le 06/09/2021 à 18:33
         Temps de lecture 3 min.
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Les élections législatives se sont déroulées ce 8 septembre © DR

Jusqu’à quand le Maroc interdira-t-il les sondages ? Une question que l’on se pose en cette période de campagne électorale quand on sait que plusieurs pays à travers le monde utilisent cette pratique pour éclairer l’opinion publique. Mis à part les États-Unis, la France, l’Espagne… des pays plus proches géographiquement du Maroc, tels que la Tunisie et l’Égypte, dévoilent également les intentions de vote de leurs électeurs, pourquoi pas le Maroc alors ?

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Pour le ministère de l’Intérieur, les sondages sont susceptibles d’influencer l’opinion publique dans leur choix final. L’électeur marocain n’a-t-il pas encore la maturité nécessaire pour être fixé sur son choix ? Contacté par LeBrief.ma, Aimane Cherragui, enseignant universitaire et expert en jeunesse et société civile, souligne que «le ministère de l’Intérieur a une approche paternaliste par rapport à ce sujet dans le sens où il se dit qu’à travers l’interdiction des sondages, il protégera les Marocains vulnérables et prédisposés à se faire influencer. Le ministère de tutelle a donc fermé cette porte».

Notre interlocuteur souligne également que les seuls qui peuvent inverser la tendance sont les partis politiques eux-mêmes. «Si les partis politiques ne font pas de pression pour autoriser cela, l’Intérieur ne le fera jamais de soi-même. L’initiative doit donc absolument venir des partis politiques», note Aimane Cherragui.

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De son côté, le politologue Hicham Barjaoui souligne qu’avec l’accès du corps électoral aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux, l’environnement est plus propice à effectuer cette réforme législative. «Le corps électoral est de plus en plus connecté et présent sur les réseaux sociaux. La dématérialisation de la vie politique devrait normalement être accompagnée par une libéralisation des moyens de présage sur les orientations politiques à travers notamment la mise en place des sondages».

L’expert en politique ajoute que le texte juridique en question interdit les sondages menés de manière professionnelle, mais rien n’interdit les observateurs, politologues et chercheurs universitaires à donner des prévisions sur le résultat des élections. «C’est une interdiction plus ou moins molle, il faut juste une intervention législative pour permettre ce type d’activité», dit-il.

 

Quelle importance pour les sondages ?

Interrogé sur l’intérêt des sondages dans la vie politique au Maroc, Aimane Cherragui étale les avantages un à un. «Premièrement, les sondages peuvent éclairer sur les points forts et les points faibles des partis. C’est donc un outil en faveur du développement des partis politiques. Deuxièmement, c’est une source d’information pour les citoyens indécis. Cela leur permet de creuser leurs réflexions et avoir plus d’informations sur chaque parti. Troisièmement, c’est une excellente matière pour le débat public, pour les journalistes, pour les débats à la TV, à la radio et autres… »

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Dans un billet, Panorapost indique également qu’un sondage permet de savoir et «de faire savoir quel personnage politique est admiré, et lequel est honni». La même source indique que «plusieurs partis seraient grandement avantagés de savoir que tel, ou tel autre, de leurs dirigeants ne passe pas, et qu’il faut le changer, le faire taire ou le faire parler». Panorapost estime enfin que «sans sondage, on continuera de naviguer à vue, les électeurs ne sachant pas grand-chose sur leur choix futur et les politiques n’en sachant pas plus sur les électeurs».

 

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