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Un rapport parlementaire fustige la Direction du médicament et de la pharmacie

Le rapport d’une mission exploratoire temporaire sur la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) a été présenté ce mercredi en présence du ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb. Le rapport de 224 pages, rédigé par la députée de l’USFP, Ibtissam Merras, met l’accent sur les points noirs de la gestion de la tutelle et dénonce un manque cruel de communication.

Par Mohamed Laabi, Publié le 08/07/2021 à 17:01, mis à jour le 08/07/2021 à 18:27
         Temps de lecture 3 min.
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Bouchra Meddah est à la tête de la DMP © DR

On connait désormais les résultats de la mission exploratoire temporaire sur la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP). En effet, le rapport de cette mission a été dévoilé ce mercredi devant le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb. Le rapport critique la gestion de la DMP, dont les parlementaires demandent la suppression. Les membres de mission appellent au remplacement de la DMP par une agence nationale du médicament et des produits de santé dotés d’une indépendance administrative et d’une autonomie financière.

Les membres de cette mission reprochent à l’institution présidée par Bouchra Meddah, de favoriser les sociétés étrangères au détriment des sociétés marocaines. Le rapport souligne que la DMP a accordé des licences d’importation de médicaments génériques à des sociétés étrangères sans rechercher ni leur provenance, ni leur fabrication ou leur fiabilité, et cela, dans un laps de temps réduit alors que les entreprises nationales doivent attendre des fois plusieurs années pour l’obtenir.

Lire aussi : Les défaillances de la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) mises à nue

Le rapport dénonce aussi le non-intérêt porté à l’industrie pharmaceutique locale et le générique alors que la mission exploratoire de 2015 avait recommandé qu’un plus grand soin soit donné à ces points. Les recommandations ont également concerné le prix des médicaments au Maroc qui selon le rapport reste élevé par rapport à d’autres pays ayant le même revenu par habitant. La mission préconise que les procédures administratives soient simplifiées et invite à généraliser l’utilisation des plateformes digitales.

Ci-dessous, l’ensemble des recommandations faites par les membres de la mission :

  • Créer une agence nationale du médicament et des produits de santé dotée de l’indépendance administrative et de l’autonomie financière pour remplacer l’actuelle DMP ;
  • Encourager l’industrie nationale du médicament pour garantir l’indépendance et la souveraineté en termes de médicaments ;
  • Encourager et soutenir les médicaments génériques ;
  • Simplifier les procédures administratives par la généralisation de l’utilisation des plateformes numériques ;
  • Renforcer l’arsenal juridique encadrant le secteur du médicament à commencer par la révision de la loi 17.04 portant code du médicament et de la pharmacie ;
  • Garantir la qualité des médicaments importés ;
  • Instaurer une politique du médicament efficace qui garantit l’accessibilité au médicament ;
  • Impliquer les acteurs et les parties prenantes du secteur ;
  • Renforcer et motiver les ressources humaines ;
  • Accélérer le lancement de l’appel d’offres relatif au médicament contre l’hépatite C.

«C’est un rapport très exhaustif. Ibtissam Merras est députée parlementaire, mais elle est aussi pharmacienne, donc elle connait bien le secteur», déclare Abdelmajid Belaiche, analyste et expert des marchés pharmaceutiques. Ce dernier estime qu’en matière de Santé, le pays a touché le fond. «Il y a des dysfonctionnements à tous les niveaux. Le rapport de la Cour des comptes viendra certainement remettre de la lumière sur tous ces scandales», souligne Abdelmajid Belaiche.

Lire aussi : Covid-19 : nouvelles directives du ministère de la Santé

Ce dernier estime qu’aujourd’hui, le Maroc dispose de plusieurs rapports qui ont mis l’accent sur ses faiblesses et peuvent l’orienter afin de repartir sur de bonnes bases. «Le rapport du nouveau modèle de développement a mentionné que les Marocains n’ont plus confiance en le système de la Santé publique. Il y a plusieurs rapports qui permettent une bonne lecture de la situation actuelle. Je pense que malgré tout ses dégâts, la pandémie de la Covid-19 a été riche en enseignements et a levé le voile sur plusieurs aspects», conclut Belaiche. Reste à savoir maintenant si l’ensemble de ces recommandations seront appliquées. 

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