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L'économie marocaine sous la loupe de la Banque mondiale

Lors d’un webinaire qui s’est tenu ce mardi 29 juin, le nouvel économiste en chef de la Banque mondiale (BM) pour le Maroc Javier Diaz Cassou a présenté les conclusions du rapport semestriel de suivi de la situation économique du Royaume. Selon la BM, le Maroc connaitra une croissance de 4,6% de son produit intérieur brut (PIB) d’ici la fin de 2021, et ce, grâce aux bons résultats de la saison agricole. Le responsable a également fait le point sur les signes de reprises économiques au Maroc, le marché de l’emploi du pays et ses défis ainsi que l’importance des réformes proposées par le Nouveau modèle de développement (NMD).

Par Nora Jaafar, Publié le 30/06/2021 à 14:54, mis à jour le 30/06/2021 à 17:43
         Temps de lecture 4 min.
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La Banque mondiale (BM) prévoit une croissance de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) du Maroc d’ici la fin de 2021, soit le double du taux prévu pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA). Le rapport semestriel de suivi de la situation économique du Royaume, présenté dans le cadre d’un webinaire ce mardi 29 juin par l’économiste en chef de la BM Javier Diaz Cassou, explique que la croissance du PIB du pays a bénéficié cette année des bons résultats de la saison agricole. «La performance agricole va permettre de récupérer une bonne partie d’emplois perdus dans le milieu rural», a-t-il indiqué. Selon Diaz Cassou, la croissance a également profité de la reprise «partielle» des secteurs secondaire et tertiaire, et du bon déroulement de la campagne de vaccination (avec plus de 8,9 millions de Marocains vaccinés avec les deux doses).

De plus, l’économiste a souligné la capacité du Maroc à utiliser les contraintes de la Covid-19 pour promouvoir plusieurs réformes structurelles, notamment la création par le roi Mohammed VI de l’investissement stratégique, destiné à soutenir les entreprises en crise et la réforme du système de protection sociale.

 

La reprise économique se raffermit en 2021 

Toutefois, l’expert indique que la reprise économique pourrait être «progressive et irrégulière», ajoutant que le pays ne retrouvera le niveau de croissance de son PIB pré-pandémique qu’à partir de 2022. Pour lui, cette reprise sera «asymétrique», car la récession qu’a connue le Royaume a été très importante. Rappelons que le Haut Commissariat a annoncé que le pays avait clôturé l’année 2020 avec une récession sans précédent de 7,1%, due à une année de sécheresse combinée aux effets de la crise sanitaire.

Sur un ton plus positif, l’économiste de la BM a indiqué que le Maroc commence à montrer plusieurs signes de relance économique, notamment grâce à une demande extérieure croissante. Il explique dans ce sens que «les exportations de biens sont déjà au-dessus de leur niveau pré-pandémique et que les perspectives économiques dans les principaux marchés sont favorables aux produits marocains».

Par ailleurs, il a évoqué la gestion fiscale de la crise par le Maroc, qu’il a jugée prudente. Tout en faisant allusion à la nouvelle loi-cadre sur la fiscalité, adoptée lors du dernier Conseil des ministres, Diaz Cassou a déclaré que «le Maroc aura besoin de réformes fiscales en profondeur et d’étendre son assiette fiscale tout en repensant les dépenses».

Lire aussi : Projets de loi-cadre sur la fiscalité et les EEP : un tournant pour le Royaume

 

Diagnostic du marché de l’emploi au Maroc

Citant les chiffres du rapport, le responsable de la BM a avancé que la plupart des trois millions de salariés marocains travaillent toujours dans l’informel, et ce, malgré le fait que 1,3 million d’individus ont rejoint le formel entre 2000 et 2019. D’après Javier Diaz Cassou pour pallier cette situation le Maroc doit relever quatre défis majeurs afin que «le marché du travail contribue au développement et à la croissance économique tout en générant des opportunités pour tous». Il s’agit :

  • premièrement de «l’accélération de la transformation structurelle» afin de créer davantage d’opportunités d’emplois de qualité au niveau des secteurs à plus forte productivité ;
  • deuxièmement de promouvoir et d’étendre «la formalisation et l’amélioration de la qualité des emplois» dans certains secteurs ;
  • troisièmement d’encourager la participation et l’insertion des femmes à la population active, tout en leur facilitant l’accès de meilleurs emplois ;
  • quatrièmement de soutenir les jeunes dans leur transition de l’éducation au marché du travail afin de réduire le taux de chômage dans cette catégorie.

En outre, l’économiste a noté que la population pauvre du Maroc est la plus exposée aux effets de la crise du nouveau coronavirus, ce qui a entraîné une augmentation de l’incidence de la pauvreté. Cette dernière «ne commencera à diminuer qu’à partir de 2023», selon lui. 

Enfin, Javier Diaz Cassou a souligné lors du webinaire de ce mardi que les réformes proposées par le Nouveau modèle de développement (NMD) pourraient donner un nouveau souffle à l’économie marocaine. «Le Nouveau modèle de développement qui vient d’être publié présente des éléments fondamentaux qui pourraient mener à une croissance économique plus favorable à l’emploi», a-t-il conclu.

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