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Affaire Brahim Ghali : quand le Maroc préfère garder le silence

Après la fin du feuilleton Brahim Ghali et son retour en Algérie, la diplomatie espagnole tente de calmer la tension par tous les moyens. La ministre des Finances et porte-parole du gouvernement, María Jesús Montero a appelé ce jeudi à la normalisation dès que possible des relations, car «les deux pays ont besoin l’un de l’autre». L’Union européenne et la France s’efforcent pour leur part d’apaiser la tension en multipliant les contacts avec les hauts responsables des deux nations. Le Maroc a préféré quant à lui garder le silence. Aucune réaction n’a été faite par Rabat depuis le retour de Ghali en Algérie, le 2 juin dernier.

Par Mohamed Laabi, Publié le 04/06/2021 à 12:22, mis à jour le 04/06/2021 à 13:10          Temps de lecture 5 min.
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Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères © DR

Quel avenir pour les relations diplomatiques Maroc-Espagne après le “Ghaligate” ? Difficile pour l’heure de se prononcer sur les conséquences du retour du chef du Polisario Brahim Ghali en Algérie. Le Royaume avait demandé à l’Espagne de condamner le chef du mouvement séparatiste pour ses actes de viol, d’enlèvement, de torture et de crime contre l’humanité, au risque de voir une rupture des relations entre les deux pays.

Lors de sa comparution le 1er juin dernier, le juge Santiago Pedraz a refusé les mesures conservatoires à l’égard de Ghali, précisant que «le rapport de l’accusation n’a pas fourni d’éléments circonstanciels et que les déclarations des témoins dans l’affaire n’ont pas de preuves corroborantes et ne peuvent soutenir les faits exposés». Le juge a uniquement demandé au concerné de lui fournir une adresse et un numéro de téléphone pour pouvoir être localisé et joignable par les autorités espagnoles.

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Après cet épisode, aucune réaction n’a été faite de la part de la diplomatie marocaine. Comment donc interpréter ce silence ? Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères marocain, songerait-il toujours à l’idée de rompre les relations diplomatiques avec le voisin du Nord ?

 

L’Espagne adopte un autre discours

Il y a deux semaines, l’Espagne accusait le Maroc d’"agression" et de "chantage" après l’arrivée de plus de 8.000 migrants à Sebta. Aujourd’hui, c’est un tout autre discours qu’elle tient. Ce jeudi, María Jesús Montero, la ministre des Finances et porte-parole du gouvernement, a appelé à une normalisation des relations avec le Maroc. La responsable souligne que l’Espagne et le Maroc sont «deux pays qui ont besoin l’un de l’autre».

«C’est un pays avec lequel nous avons une relation historique de voisinage, avec d’importants intérêts commerciaux mutuels de l’Europe en Afrique et de l’Afrique en Europe. Nous parlons non seulement de la relation bilatérale de deux pays, mais aussi de la relation de deux continents qui sont nécessaires et qui, par conséquent, doivent marcher dans cette direction», souligne María Jesús Montero dans une déclaration ce jeudi 3 juin aux médias espagnols.

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Rappelons que le Maroc noue des partenariats très importants et stratégiques avec l’Espagne. L’un de ces partenariats concerne la lutte contre le terrorisme. Le ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska a assuré que cette coopération est «importante» et «pertinente».

«Nous travaillons sérieusement de manière coordonnée, lorsqu’il s’agit des questions sécuritaires. Nous sommes tous conscients que la coopération, la collaboration, l’échange d’informations est un gage de sécurité pour nos sociétés respectives», a-t-il assuré.

 

L’UE et la France tentent de réconcilier les deux pays

La Commission européenne a demandé à l’Espagne et au Maroc de résoudre leur crise diplomatique. Nabila Massrali, porte-parole des affaires étrangères de la Commission, a indiqué que les relations stratégiques entre l’Espagne et le Maroc sont d’une grande importance pour l’Europe.

«Nous sommes convaincus que les relations profondes entre l’Espagne et le Maroc permettront de trouver une issue à la crise. À ce moment, il faut voir comment la situation évolue et espérer que la tension entre les deux pays s’atténuera».

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De son côté, la France multiplie les contacts avec les hauts responsables marocains et espagnols afin de trouver un terrain d’entente et enterrer la hache de guerre entre les deux pays. Dans son édition du vendredi 4 juin 2021, le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia rapporte que la France fait des efforts pour apaiser la tension. Les responsables français ont déclaré que si cette crise perdure, elle aura des répercussions dangereuses sur l’Europe, notamment sur les questions sécuritaires et celles relatives à l’immigration.

 

Le Maroc n’a pas perdu son bras de fer

Dans une analyse au site Atlas Info, le politologue Mustapha Tossa estime que le fait de ne pas voir Brahim Ghali derrière les barreaux «ne signifie nullement une défaite marocaine dans ce bras de fer dramatique qui l’a lié à l’Espagne et l’Algérie».

Le politologue indique que la diplomatie marocaine a marqué des points politiques d’une grande valeur en faisant observer à la communauté internationale, qui avait encore des doutes sur l’implication de l’État algérien et de son appareil sécuritaire dans l’instrumentalisation du Polisario, que ce mouvement séparatiste n’est ni plus ni moins qu’une arme de guerre algérienne contre le Maroc.

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Selon le politologue, le Maroc a également marqué des points dans sa relation avec l’Espagne, car «au-delà du fait d’avoir mis en lumière les forces espagnoles hostiles à ses intérêts, la détermination marocaine à obtenir des attitudes espagnoles compatibles avec ses intérêts a provoqué une crise interne espagnole dont on verra plus tard les répercussions sur le plan de la politique domestique». Enfin, ce dernier estime que la diplomatie marocaine a utilisé toutes les gammes politique et de communication de cette crise, pour redessiner les contours de ses lignes rouges sur la question du Sahara. «À travers la porte espagnole, le message était adressé à l’ensemble de l’Europe», note-t-il.

L’Europe réussira-t-elle à calmer les ardeurs et réconcilier les deux pays ? Ou bien le Maroc continuera-t-il de camper sur ses positions, refusant un retour à la normale ? Affaire à suivre.

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