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Légalisation du cannabis : les Marocains largement favorables

L’association marocaine consultative d’utilisation du cannabis (AMCC) a effectué un sondage sur la légalisation du chanvre indien à usage thérapeutique au Maroc, un sujet toujours en cours de discussion au Parlement. Plus de 86% des Marocains se disent favorables à l’utilisation du cannabis pour usage thérapeutique et plus de 87% des sondés pensent que cette décision améliorerait nettement les moyens de subsistance des agriculteurs.

Par Mohamed Laabi, Publié le 10/05/2021 à 15:19, mis à jour le 10/05/2021 à 16:27
         Temps de lecture 3 min.
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La légalisation du cannabis à usage médical serait bénéfique au royaume © DR

Que pensez-vous de la légalisation du cannabis à usage thérapeutique, cosmétique et industriel ? C’est l’une des questions posées par l’Association marocaine consultative d’utilisation du Cannabis (AMCC) à 309 citoyens marocains (59% d’hommes et 41% de femmes) âgés de 25 à 60 ans pour les besoins de réalisation d’un sondage.
 
Il en ressort que plus de 86% des Marocains sont favorables à la légalisation du cannabis pour des fins médicales. Par ailleurs, 87,4% des sondés pensent que la légalisation du cannabis pourrait contribuer à améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs et à développer des zones de plantation du cannabis. Par ailleurs, 62,1% pensent que la société marocaine peut accepter l’usage médical du cannabis.
 
Ce sondage est le premier du genre qui traite de cette question. Le projet de loi est toujours en discussion à la Commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants. Des amendements seront déposés ensuite par les partis politiques avant le passage aux votes.

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Le projet de loi avait suscité une vive polémique au sein des partis politiques, notamment au PJD. Abdelilah Benkirane, ex-secrétaire général du parti, avait décidé de geler son adhésion suite à l’adoption du projet de loi en Conseil du gouvernement le 11 avril dernier. Le ministère de l’Intérieur, quant à lui, appelle à l’application d’urgence de ce projet de loi.

«Il faut sortir la loi au plus vite pour trouver des gens [investisseurs] qui puissent nous accompagner dans ces projets. Le débat actuel nous est préjudiciable. Nous faisons fuir les investisseurs. Il faut faire attention à ce que nous faisons. Toute l’Europe est en train d’ouvrir la porte à ce type d’investissements. Tous les États. Allons-nous persister à les observer», avait souligné au Parlement Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, fin avril dernier.

Quelques jours plus tard, le ministère a livré une présentation dans laquelle il a levé le voile sur plusieurs aspects de cette pratique et sur les raisons pour lesquelles ce projet doit être adopté. Le ministère a souligné que près de 400.000 personnes, soit près de 60.000 familles, s’adonnent à la culture illégale du cannabis. Les bénéfices annuels par hectare sont estimés entre 16.000 et 75.000 DH, selon les types de terres.

Lire aussi : Cannabis : quel périmètre d'usage licite ?

L’étude précise que l’agriculteur traditionnel est exploité par les réseaux de contrebande, puisque ce dernier ne prend que 3% du chiffre d’affaires final. Le département de Laftit assure que le projet de loi en cours de discussion promet un chiffre d’affaires final de 12% de ce marché légal pour l’agriculteur.
 
L’Intérieur compte sur le marché européen pour exporter en masse sa production. Quatre pays sont ciblés l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les estimations de revenus pour le Royaume atteindraient 25 milliards de dollars en 2028. Une valeur qui risque d’augmenter à 42 milliards de dollars en cas de pénétration des marchés français et italien, souligne l’étude.
 
Concernant les prévisions de croissance, le ministère juge que le marché européen connaîtra une très forte croissance dans les années à venir. Ainsi, le marché du cannabis thérapeutique passera de 563,7 millions d’euros (chiffres de 2018) à 58 milliards d’euros en 2028, soit un taux de croissance annuel de 60% (contre 30% dans le monde). À terme, le Maroc a pour objectif de représenter 10 à 15% du marché européen. Ambitieux. 

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