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Maroc-Espagne : l’affaire Brahim Ghali attise l’ire de la diplomatie et des partis marocains

Le Maroc n’est pas près de laisser tomber l’affaire de l’hospitalisation de Brahim Ghali, chef du Polisario, en Espagne. Peu convaincu par les arguments du pays ibérique à ce sujet, la diplomatie marocaine a dénoncé l’accueil du leader séparatiste. Ce ne serait pas une «simple omission», mais un acte prémédité. De leur côté, à l’issue de leur réunion du samedi 8 mai avec le Chef du gouvernement, les partis politiques représentés au Parlement ont qualifié d’inacceptable et de condamnable la décision de Madrid.

Par Nora Jaafar, Publié le 10/05/2021 à 14:04, mis à jour le 10/05/2021 à 15:07          Temps de lecture 4 min.
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Maroc-Espagne : l’affaire Brahim attise l’ire de la diplomatie et des partis marocains

L’affaire de l’hospitalisation de Brahim Ghali, chef du Polisario, attise de plus en plus les tensions entre Rabat et Madrid. En effet, depuis la confirmation de la présence du leader séparatiste en Espagne pour des soins post-contamination à la Covid-19, la diplomatie marocaine réclame des explications au gouvernement de Pedro Sanchez. Le samedi 8 mai, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, a d’ailleurs publié un nouveau communiqué de presse concernant cette affaire. Dans ce dernier, il a dénoncé le fait que les autorités espagnoles n’aient pas informé leurs homologues marocains de cette hospitalisation. Pour lui, ce n’était pas une «simple omission», mais «un acte prémédité, un choix volontaire et une décision souveraine de l’Espagne, dont le Maroc prend pleinement acte».

S’agissant des considérations "humanitaires" avancées par la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzales Laya, pour justifier l’attitude négative de son pays, le responsable estime qu’elles n’expliquent aucunement «les manœuvres ourdies derrière le dos d’un partenaire et d’un voisin». Pour Bourita, «les considérations humanitaires ne peuvent être une panacée que l’on accorde sélectivement au chef des milices du Polisario, au moment où des milliers de personnes vivent dans des conditions inhumaines dans les camps de Tindouf». Aussi, lesdites considérations ne peuvent pas effacer les accusations de viol, de torture et les violations massives des droits de l’Homme commises par le chef de la milice du Polisario.

Lire aussi : Affaire Brahim Ghali : le Maroc déçu par l’attitude de l’Espagne

Accusant l’Espagne de chercher à minimiser l’impact de l’accueil du leader du front séparatiste sur ses relations avec le Maroc, le ministre a souligné que le maintien et la protection du partenariat bilatéral sont une responsabilité partagée. Il indique que ces liens se consolident par «un engagement permanent à préserver la confiance mutuelle, à maintenir une coopération fructueuse et à sauvegarder les intérêts stratégiques des deux pays». Et de marteler que la décision de l’Espagne d’admettre Brahim Ghali sous une fausse identité est à l’origine de l’annulation d’importantes réunions entre les ministres marocains et espagnols. Ces rencontres visaient à préparer le prochain sommet réunissant les deux pays, notamment celui qui a déjà été reporté en décembre à cause de la pandémie de la Covid-19.

Le communiqué est également revenu sur le report au 1er juin de l’audition de Brahim Ghali devant l’Audience nationale espagnole. Un report, qui selon un rapport de la police espagnole, a été décidé en raison de l’état de santé de Ghali qui est encore «sous respiration assistée» dans un hôpital de Logroño. Le document condamne dans ce sens «l’inaction de la justice espagnole», notant que l’application de la loi et la préservation des droits des victimes ne peuvent se faire avec deux poids deux mesures.

Lire aussi : L’audition de Brahim Ghali reportée

 

L’ire des partis politiques

Outre le communiqué du ministère des Affaires étrangères, les partis politiques représentés au Parlement ont décrié la démarche de l’Espagne dans une déclaration commune publiée le samedi 8 mai à l’issue d’une rencontre avec le Chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, et Nasser Bourita. Ils ont ainsi qualifié la décision de Madrid «d’acte inacceptable et condamnable» qui représente une provocation explicite vis-à-vis du Maroc. Une initiative qui, selon eux, est une «contradiction flagrante avec la qualité des relations bilatérales entre les deux peuples et les deux pays, ainsi qu’avec leurs relations de voisinage».

Lire aussi : Affaire Brahim Ghali : la diplomatie espagnole tente de se rattraper

S’opposant fortement à l’admission de Brahim Ghali dans un hôpital espagnol, les partis signataires de la déclaration ont dénoncé une manœuvre «qui reflète une attitude propre aux milices et aux bandes criminelles», et appellent le gouvernement de Sanchez à faire le nécessaire pour remédier à cette situation. En outre, ils ont rappelé que le pays ibérique a «souffert et souffre encore du séparatisme et de son impact négatif sur sa stabilité et son unité, mais à aucun moment un parti marocain n’a pris position ou entrepris un acte soutenant la thèse séparatiste en Espagne».

Pour conclure, les partis concernés ont exhorté l’Espagne à agir rapidement pour réparer le préjudice qu’ont subi ses relations avec le Maroc à la suite de cette affaire. Notons enfin que la déclaration en question a été signée par le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal (PI), le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Mouvement populaire (MP), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), l’Union constitutionnelle (UC), le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et le Parti socialiste unifié (PSU).

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