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Droit de retour : le Maroc ne s'en soucie guère

Après le calvaire vécu par les ressortissants marocains bloqués en dehors du pays à cause de la fermeture des frontières, nos concitoyens replongent dans ce cauchemar après la suspension par le Royaume des vols avec 54 pays.

Par Hicham A., Publié le 04/05/2021 à 15:11, mis à jour le 07/05/2021 à 14:23          Temps de lecture 4 min.
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frontieres maroc

Voulant se prémunir de la propagation des nouveaux variants, le Maroc a décidé de garder ses frontières ouvertes, mais de suspendre les vols à destination ou en provenance de : la Tunisie, l’Albanie, la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Luxembourg, Malte, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Argentine, la Bosnie-Herzégovine, le Botswana, le Cameroun, la Croatie, le Mozambique, la France, l’Espagne.la Pologne, la Norvège, la Finlande, la Grèce, le Liban, le Koweït, l’Algérie, l’Égypte, l’Italie, la Belgique, la Turquie, la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, le Portugal, la Suède, l’Ukraine, la République tchèque, l’Australie, l’Irlande, le Brésil, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Danemark, le Mali, le Ghana, la République démocratique du Congo, la Guinée-Conakry, la Libye et plus récemment l’Inde.

De ce fait, nombre de citoyens marocains et de résidents étrangers sont bloqués et ne peuvent rentrer au pays. L’un d’entre eux nous a dressé le topo de la situation des Marocains qu’ils soient étudiants ou travailleurs et des résidents étrangers au Maroc bloqués au Sénégal. Malgré la suspension des vols avec le pays de la Teranga, "les chefs d’escale de la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) et le personnel de l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar empêchent délibérément les passagers d’embarquer sur les vols à destination du Maroc".

 

Incohérence sur toute la ligne

Notre interlocuteur affirme que les raisons de ce blocage sont diverses et très souvent incohérentes, pour la plus part non communiquées aux voyageurs. «La compagnie demande une autorisation d’embarquement fournie par le consulat du Maroc à Dakar. Or, ce dernier ne donne aucune information claire sur la démarche à suivre pour retourner au Maroc. Il récupère des dossiers contenant tous les documents de voyage, les copies de passeport, titres de séjour, demande manuscrite adressée au ministère marocain des Affaires étrangères sans toutefois remettre un reçu ni préciser les prochaines étapes pour l’obtention dudit document», précise notre source. Pire encore, les dossiers sont récupérés dehors, à travers la grille et les Marocains n’ont pas accès à leur consulat. 

Depuis quand une représentation diplomatique marocaine fournit-elle une autorisation d’embarquement ? Sur quelle base juridique produit-elle un tel document ? Comment interdire l’accès d’un citoyen marocain à son territoire (la représentation diplomatique à l’étranger étant considérée comme un territoire marocain) ? Quid du droit de retour au pays ?

Ils sont en tout cas une cinquantaine de nos compatriotes et d’étrangers résidant dans notre pays bloqués à Dakar depuis 15 jours, pour certains. Après moult démarches, ils ont été informés d'une procédure spéciale à suivre : signer un engagement pour un isolement à leur arrivée au Maroc dans un hôtel à leur frais pendant 10 jours avec la réalisation d'un test PCR à la fin de leur confinement.

 

Le retour au pays, un droit garanti

La Constitution marocaine est pourtant claire au niveau du droit de retour. Son article 24 stipule : «Est garantie pour tous, la liberté de circuler et de s’établir sur le territoire national, d’en sortir et d’y retourner, conformément à la loi». La loi n’interdit nullement aux citoyens d’accéder au territoire national.

Au regard du droit international, rien ne justifie un tel blocage. L’article 13, paragraphe 2, de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) souligne que «toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays». L'article 12, paragraphe 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) abonde dans le même sens : «nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays».

On se rappelle du fameux communiqué émis par gouvernement marocain en juillet 2020 après la réouverture partielle des frontières. «Les citoyens marocains et les résidents étrangers au Maroc, ainsi que leurs familles, pourront accéder au territoire national à partir du 14 juillet 2020 à minuit (le 15 juillet à 00h00), par voies aérienne et maritime», précisait ce communiqué anticonstitutionnel.

Comme si les citoyens marocains et les résidents étrangers au Maroc avaient besoin d'un feu vert gouvernemental pour jouir de leur droit le plus basique conformément à la loi suprême du pays. Une énième aberration dans la gestion de la pandémie de la Covid-19.

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