Affaire Brahim Ghali : le torchon brûle entre le Maroc et l’Espagne

A
A
A
A
Le Maroc ne décolère pas face à la décision de l’Espagne d’accueillir le 21 avril dernier le chef du Polisario, Brahim Ghali, sur ses terres. L’Espagne affirme avoir accepté cette demande pour des “raisons humanitaires” pour que ce dernier puisse se faire soigner dans un hôpital espagnol. Mais, pour le Maroc, cette justification est dénuée de tout sens et «contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage».
Dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, souligne que le Maroc n’a toujours pas reçu de «réponses satisfaisantes et convaincantes» à ses multiples questions. En effet, dans un communiqué publié le 23 avril, le département de Bourita a adressé beaucoup d’interrogations à l’Espagne : pourquoi le dénommé Brahim Ghali a-t-il été admis en Espagne en catimini et avec un faux passeport?? Pourquoi l’Espagne a-t-elle jugé utile de ne pas en aviser le Maroc?? Pourquoi a-t-elle opté pour son admission sous une fausse identité?? Pourquoi la justice espagnole n’a-t-elle pas encore réagi aux nombreuses plaintes déposées par les victimes?de Ghali ?
Bourita a souligné que tant que le Maroc n’aura pas de réponses à ces questions, les relations entre les deux pays risquent d’être de plus en plus affectées à l’avenir. «Nous allons voir si la réalité et la sincérité de notre relation ne sont pas juste un slogan», dit-il, ajoutant que le Maroc a toujours soutenu l’Espagne contre les mouvements sépératistes catalans. «Lorsque l’Espagne a dû faire face au séparatisme (catalan, ndlr), le Maroc a été très clair au plus haut niveau. Nous avons rejeté tout contact et toute interaction avec eux tout en informant nos partenaires (espagnols, ndlr). Quand ils (les Catalans, ndlr) ont demandé à être reçus, nous avons exigé la présence d’un représentant de l’ambassade d’Espagne», note Bourita.
Lire aussi :Affaire Brahim Ghali : le Maroc déçu par l’attitude de l’Espagne
Dans son entretien, le ministre se demande si l’Espagne veut sacrifier sa relation avec le Maroc pour «un violeur qui a toléré l’esclavage, la torture, le recours aux enfants-soldats et au génocide». Il affirme que la décision de Madrid suscite encore une “incompréhension” du côté marocain.
Brahim Ghali auditionné ce mercredi à Madrid
Le chef du mouvement séparatiste sera entendu ce mercredi 5 mai à Madrid après une plainte déposée par le dissident du Polisario, El Fadel Breika. Ce dernier accuse Brahim Ghali d’enlèvement, de détention arbitraire et de torture. Le chef du mouvement séparatiste ne sera pas le seulà être auditionné, il sera accompagné de Sid Ahmed El Batal, haut responsable du Polisario en poste à Tindouf, et Bachir Mustapha Sayed, qui sera entendu le 7 mai, rapporte LeDesk.
Cette annonce est intervenue au lendemain de la parution de l’interview de Nasser Bourita avec l’agence de presse EFE. L’Espagne chercherait-elle par ce moyen à éteindre le feu et calmer ainsi les ardeurs du Maroc ?
Le Maroc et les États-Unis
Anthony J. Blinken, secrétaire d’État américain, a eu ce week-end un entretien téléphonique avec Nasser Bourita. Les deux responsables se sont félicités de l’excellence des relations entre leurs deux pays depuis plusieurs décennies. Blinken a d’ailleurs salué le leadership du roi Mohammed VI dans plusieurs secteurs, dont la lutte contre les changements climatiques, les énergies renouvelables et la promotion de l’économie verte.
Lire aussi :Sahara : les USA appellent l’ONU à nommer au plus vite un nouvel émissaire
Le responsable américain est également revenu sur l’accord tripartite signé avec le Maroc et Israël en décembre 2020, assurant que le Royaume a un «rôle pionnier à jouer dans l’avènement d’une paix durable au Moyen-Orient». Concernant le Sahara, Blinken a assuré que l’administration ne révisera pas la marocanité du Sahara, rapporte le site Axiosmettant ainsi un terme aux différentes rumeurs qui ont circulé depuis l’accession de Joe Biden à la présidence du pays.
LeWashington Postsouligne dans sonarticle paru le 30 avril dernier que ladécision de Donald Trump de reconnaître la marocanité du Saharaamis Washington en désaccord avec ses alliés européens, les nations africaines et les résolutions de l’ONU.
Si l’on croit la même source,25 sénateurs ont demandé la révision de la position de Trump concernant le Sahara. Le journal estime qu’avant de prendre une décision, les États-Unisdevraient discuter avec le Maroc de son bilan en matière de droits de l’Homme et, en particulier, de ses « atteintes à la liberté d’expression ». Le journal fait allusion à Soulaiman Raissouni, rédacteur en chef du journal Akhbar Al-Youm, et Omar Radi, journaliste d’investigation incarcérés et qui attendent leur procès depuis près d’un an.Rappelons que le Maroc est le premier pays à avoir reconnu l’indépendance des États-Unis en 1777, depuis, les deux pays nouent des partenariatsintéressants sur tous les fronts.
Politique - Réuni à Rabat, le Conseil de gouvernement valide plusieurs décrets liés aux élections, à la justice, aux barrages et à la formation maritime, tout en examinant un accord avec le Vietnam.
Ilyasse Rhamir - 2 avril 2026Politique - L’OTAN renforce son approche du sud et positionne le Maroc comme partenaire stratégique central dans la sécurité régionale et la coopération.
El Mehdi El Azhary - 2 avril 2026Politique-Nicolas Forissier arrive au Maroc avec 45 entreprises françaises pour renforcer la coopération économique. Les enjeux de cette visite.
Rédaction LeBrief - 2 avril 2026Politique - Le rôle du Maroc en Afrique est mis en avant par le président de la Commission de l’Union africaine, qui souligne l’implication du Royaume dans les enjeux du continent et son action constante en faveur des causes africaines.
Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026Politique - Renforcement des relations diplomatiques entre Rabat et Lisbonne avec l’arrivée d’un nouveau représentant du Portugal. Une rencontre officielle marque une nouvelle étape dans la coopération bilatérale entre les deux pays.
Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026Politique-À Rabat, Hammouchi a reçu l’ambassadeur de Oman pour examiner la coopération sécuritaire. Les enjeux et le contexte à retenir.
Rédaction LeBrief - 31 mars 2026Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…
Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.
Ilyasse Rhamir - 13 février 2026Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026