Trump II : une année à gouverner par le rapport de force
Donald Trump, président américain © BBC News
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Le 20 janvier 2025, Donald Trump prêtait serment pour un second mandat en promettant de « rendre sa grandeur à l’Amérique ». Douze mois plus tard, le paysage politique américain et international porte déjà l’empreinte d’un pouvoir exercé sans retenue.
Gouvernance par décrets, affrontements avec les contre-pouvoirs, diplomatie transactionnelle et usage assumé du rapport de force : Trump II s’inscrit dans une logique de rupture permanente. S’il revendique un rôle central dans la résolution de plusieurs conflits majeurs, sa méthode, elle, repose sur la pression, l’intimidation et la mise en scène. Retour sur douze moments marquants qui ont jalonné cette première année de mandat.
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20 janvier : avalanche de décrets et choc institutionnel
À peine investi, Donald Trump engage une offensive institutionnelle d’une ampleur inédite. En une seule journée, il signe vingt-six décrets présidentiels, douze mémorandums et quatre proclamations. Le ton est donné : aucune transition en douceur, aucune continuité avec l’administration précédente.
Parmi les premières mesures figurent la déclaration de l’état d’urgence à la frontière avec le Mexique, la suspension de l’aide américaine au développement international, la sortie des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le retrait de l’accord de Paris sur le climat. Le président crée également le département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), chargé de tailler dans les dépenses publiques, avant de le dissoudre quelques mois plus tard.
Un autre décret suscite une vive controverse : l’interdiction d’utiliser des fonds fédéraux pour toute politique liée à « l’idéologie de genre », l’administration ne reconnaissant désormais que deux sexes biologiques. Pour Amnesty International, il s’agit d’une attaque frontale contre les droits humains, annonciatrice d’un mandat placé sous le signe de la confrontation.
4 février : Gaza, un projet de mise sous tutelle
Début février, Donald Trump reçoit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, premier dirigeant étranger accueilli depuis son retour au pouvoir. À cette occasion, il dévoile une proposition radicale, celle de placer la bande de Gaza sous contrôle américain afin d’en faire la « Riviera du Proche-Orient ».
Le projet repose sur le déplacement « volontaire » de près de deux millions de Palestiniens vers l’Égypte et la Jordanie, une hypothèse rejetée en bloc par les pays arabes et une grande partie de la communauté internationale.
Loin de reculer, Donald Trump diffuse une vidéo générée par intelligence artificielle montrant Gaza transformée en station balnéaire futuriste.
Un plan de 38 pages est élaboré, prévoyant la construction de plusieurs « villes intelligentes » et la création d’une entité de gouvernance transitoire, le GREAT Trust, chargée d’administrer Gaza pendant dix ans. Pour ses détracteurs, le projet relève d’une vision néocoloniale déconnectée des réalités du terrain.
12 février : Trump rouvre le canal Poutine
Moins d’un mois après son investiture, Donald Trump met fin à plus de trois ans de silence diplomatique entre Washington et Moscou. Il s’entretient pendant 90 minutes avec Vladimir Poutine, promettant de mettre un terme au « carnage » en Ukraine.
Le président américain affirme vouloir travailler « très étroitement » avec le Kremlin et annonce l’ouverture immédiate de négociations. Quelques mois plus tard, il durcit le ton, accordant un ultimatum à la Russie et annonçant l’envoi massif d’armes à l’Ukraine via l’Otan. Dans le même temps, son administration propose un plan de paix controversé incluant des concessions territoriales ukrainiennes. Les discussions se poursuivent, sans cessez-le-feu durable à ce stade.
Trump prévoit une rencontre avec Poutine à Budapest pour parler de la guerre en Ukraine
28 février : Zelensky rabaissé dans le Bureau ovale
La rencontre devait sceller un partenariat stratégique renforcé. Elle se transforme en humiliation diplomatique. Accusé par le vice-président JD Vance de manquer de reconnaissance envers les États-Unis, Volodymyr Zelensky est violemment pris à partie par Donald Trump.
Le président américain l’accuse de « jouer avec la Troisième Guerre mondiale » et le somme de conclure un accord avec Moscou, faute de quoi Washington pourrait « laisser tomber » Kiev. L’échange, filmé, fait le tour du monde. Zelensky quitte la Maison-Blanche précipitamment, tandis que les Européens affichent un soutien renforcé à l’Ukraine.
7 mars : les universités dans la ligne de mire
Donald Trump engage un bras de fer idéologique avec les universités américaines, accusées d’être des bastions du « wokisme ». Le 7 mars, il annonce la suppression de 400 millions de dollars de subventions fédérales à Columbia University, ciblée pour sa gestion des manifestations pro-palestiniennes.
Harvard subit ensuite un gel de plus de 2,6 milliards de dollars de financements fédéraux et la suspension de son dispositif d’accueil d’étudiants étrangers. L’université engage une bataille judiciaire et obtient gain de cause. D’autres établissements préfèrent se conformer aux exigences fédérales, acceptant des restrictions sur les programmes de diversité et d’inclusion.
Washington ouvre une enquête sur Harvard et son programme d’échanges
30 mars : le Groenland, obsession stratégique
Donald Trump relance ouvertement l’idée d’une prise de contrôle du Groenland. Il affirme que les États-Unis ont besoin du territoire pour des raisons de sécurité nationale et de rivalité géopolitique dans l’Arctique.
Ces déclarations provoquent une crise diplomatique avec le Danemark et le gouvernement groenlandais, qui rappellent leur souveraineté. Les tensions persistent tout au long de l’année, alimentées par des visites militaires américaines et des menaces de représailles économiques.
2 avril : le protectionnisme comme arme
Le président américain proclame le « jour de la libération » commerciale et annonce une vague massive de droits de douane visant la majorité des partenaires des États-Unis. La Chine et l’Union européenne figurent parmi les plus touchées.
Si plusieurs pays parviennent à négocier des accords atténuant l’impact des mesures, Donald Trump continue d’utiliser les tarifs douaniers comme levier diplomatique, menaçant régulièrement de nouvelles hausses.
9 juin : entrée en vigueur du Travel Ban
Une nouvelle version du Travel Ban entre en vigueur, interdisant l’entrée aux ressortissants de douze pays, principalement africains et moyen-orientaux. Des restrictions de visas touchent également plusieurs autres États.
Dans la seconde moitié de l’année, la liste s’élargit pour atteindre 39 territoires concernés. Les ONG dénoncent une politique discriminatoire, tandis que l’administration invoque la sécurité nationale.
15 juin : l’Amérique dans la rue
Des millions d’Américains manifestent à travers le pays lors du mouvement « No Kings ». De New York à Los Angeles, les protestataires dénoncent la concentration du pouvoir exécutif, la politique migratoire agressive et le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs villes.
Une seconde mobilisation nationale est organisée à l’automne, confirmant une contestation durable face à la présidence Trump.
Israël et l’Iran acceptent un cessez-le-feu sous l’égide des États-Unis
23 juin : cessez-le-feu entre Israël et l’Iran
Après douze jours de guerre et des frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens, Washington annonce un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. Donald Trump se félicite d’un succès diplomatique majeur, même si les inquiétudes persistent quant à la stabilité régionale et au programme balistique iranien.
29 septembre : un plan de paix pour Gaza
La Maison-Blanche présente un plan de paix en 20 points pour Gaza, prévoyant la libération des otages, le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne et le déploiement d’une force internationale.
Validé par le Conseil de sécurité de l’ONU, le plan entre partiellement en application, malgré de nombreuses violations du cessez-le-feu. Donald Trump revendique un succès historique, tandis que la situation sur le terrain reste extrêmement fragile.
3 janvier : opération coup de poing au Venezuela
Pour clore cette première année, Donald Trump ordonne une intervention militaire éclair visant à capturer Nicolás Maduro afin de le juger aux États-Unis pour trafic de drogue. Washington assume une stratégie de pression maximale, combinant frappes ciblées, sanctions et contrôle du secteur pétrolier vénézuélien.
USA – Venezuela : les coulisses d’une crise alimentée par la drogue et l’immigration
Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a imposé une présidence de rupture permanente. Entre autoritarisme intérieur, diplomatie de la force et mise en scène d’un rôle de pacificateur mondial, Trump II divise profondément.
Pour ses partisans, il restaure l’autorité américaine. Pour ses détracteurs, il fragilise durablement les équilibres démocratiques et internationaux. Le compte à rebours est lancé : il reste trois ans.
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