«Ce que nous espérions voir dans la déclaration finale de la COP26»
Tribune
Khalid R. TemsamaniProfesseur à l'Université Abdelmalek Essaâdi, expert international en changements climatiques et secrétaire général de la Fondation Maison Méditerranéenne du Climat
Les COP existent depuis 1995 après que le sommet de la Terre qui a eu lieu à Rio en 1992. Les États parties ont galéré pour se mettre d’accord par consensus sur un outil diplomatique juridiquement contraignant pour couper les émissions mondiales, car les scientifiques à travers leurs divers rapports ont bien montré que c’est la seule solution pour stopper les effets néfastes des changements climatiques. Parmi les différents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), deux restent impactant, le 4e rapport de 2008 où il est clairement dit que si on dépasse une concentration en CO2 atmosphérique de 450 parties par millions à l’aire préindustrielle, cela nous conduira à un réchauffement global de 2°C !
Ce rapport est sorti juste avant la fameuse COP15 de Copenhague en 2009 où les pays industrialisés reconnaissant leur responsabilité, ont promis de mettre sur la table de la finance climat les 100 milliards de dollars/an jusqu’à 2020, chose qui n’a jamais été respectée, car le maximum posé, c’est 80 milliards dollars américains. Le 2e rapport impactant c’est celui du GIEC SR 1.5°C où les scientifiques avertissent que pour atteindre les 1.5°C de réchauffement global à la fin du siècle, il faudrait absolument couper les émissions de 45% en 2030 par rapport à 2010, et arriver à la neutralité carbone en 2050. Ceci signifie qu’il faut couper les émissions mondiales de 7,6% annuellement !
L’accord de Paris de 2015 a apporté un nouvel élan avec des nouvelles obligations pour tous les pays d’une manière Bottom-Up contrairement au Protocole de Kyoto qui lui est Top-Down.
Les messages clés du 6e rapport du GIEC sur les sciences climatiques :
1. L’influence humaine a provoqué le changement climatique et conduit à des événements extrêmes plus fréquents tels que des vagues de chaleur, de fortes précipitations et des sécheresses, ainsi qu’à une élévation continue du niveau de la mer.
2. Nous avons maintenant de meilleures estimations de la sensibilité du système climatique au dioxyde de carbone, et pouvons donc mieux prévoir le résultat de nouvelles émissions ou réductions.
3. Même dans le scénario de réduction des émissions le plus agressif, le monde continuera de se réchauffer jusqu’en 2050 au moins.
4. Le dioxyde de carbone dans l’atmosphère est additif. Chaque tonne de dioxyde de carbone réchauffe la planète. Le GIEC prédit une augmentation des gaz à effet de serre (GES) de 16% en 2030/2010 ce qui conduirait à une température globale de 2.7 °C à la fin du siècle !
5. Il est encore temps d’éviter un changement climatique dangereux, et les effets de la réduction des émissions se feraient sentir d’ici à quelques décennies.
L’Accord surprise entre la Chine et les États-Unis
D’abord, ce sont les premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, ce qui à mon avis, relance un petit espoir au dernier jour de la fin de cette conférence décisive sur le climat. Ce document contient des déclarations fortes sur les études alarmantes du GIEC, sur la réduction des émissions des GES, et le besoin urgent d’accélérer les actions pour y parvenir Les deux puissances s’engagent, sans détails précis, à «prendre des mesures renforcées pour relever leurs ambitions d’ici 2030», réaffirmant leur attachement aux objectifs de l’accord de Paris, notamment un réchauffement limité «bien en deçà» de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et si possible à 1,5°C.
Donc ils s’engagent aussi à œuvrer à Glasgow pour «une issue ambitieuse, équilibrée et inclusive sur l’atténuation (la baisse des émissions), l’adaptation et le soutien» financier aux pays pauvres. Je tiens à préciser que les dernières estimations de l’ONU sont alarmantes car le monde est toujours sur la trajectoire d’un réchauffement «jugé catastrophique» de +2,7°C d’ici la fin du siècle.
Pour finir, ce que nous espérions voir dans la déclaration finale de la COP26 :
1. Un engagement sans retour des états partis pour sécuriser le zéro net mondial d’ici au milieu du siècle et garder 1,5 degré à portée de la main. Pour cela les pays sont invités à présenter des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions pour 2030 qui s’alignent sur l’atteinte du zéro net d’ici le milieu du siècle (2050).
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les pays devront :
1-Accélérer la sortie du charbon (l’énergie provenant du Charbon contribue à la hauteur de 45% des émissions de GES) !
-Réduire la déforestation
-Accélérer le passage aux véhicules électriques
-Encourager les investissements dans les énergies renouvelables.
2. S’adapter pour protéger les communautés et les habitats naturels. Le climat est déjà en train de changer et il continuera à changer même si nous réduisons les émissions, avec des effets dévastateurs.
3. Mobiliser des financements : Pour atteindre nos deux premiers objectifs, les pays développés doivent tenir leur promesse de mobiliser au moins 100 milliards de dollars de financement climatique par an à partir de 2020. Les institutions financières internationales doivent jouer leur rôle et les états parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) doivent travailler pour libérer les milliers de milliards de financement des secteurs privé et public nécessaires pour garantir le zéro net mondial.
4. Nous espérons que tout le monde agira pour la finalisation du Paris Rulebook (les règles détaillées qui rendent l’Accord de Paris opérationnel), achever la révision du premier cycle des NDC, accélérer la lutte contre la crise climatique grâce à la collaboration entre les gouvernements, les entreprises et la société civile.et enfin couper les émissions mondiales qui reste le seul remède pour combattre les changements climatiques !
Elle est également confrontée aux défis économiques et sociaux d’un pays. Ses contraintes, notamment en termes d’approvisionnement, répercutent d’autant plus vite sur la conduite d’autres secteurs, qu’elle est peu ou prou stockable et la demande varie considérablement au fil du temps. Dans cet article, on abordera sa problématique en Mauritanie sous trois aspects : importance stratégique du secteur de l’électricité; facteurs influençant la demande; défis. Importance stratégique de l’électricité L’électricité est d’une importance vitale pour la vie quotidienne des sociétés…
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