Syrie : l’étau rebelle se resserre sur Damas
Ville de Damas. DR
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Le conflit syrien, entré dans sa treizième année, connaît un bouleversement inédit. Les rebelles islamistes menés par Hayat Tahrir al-Cham (HTC) ont pris plusieurs villes stratégiques, s’approchant dangereusement de la capitale Damas. Cette avancée, la plus rapide depuis le début de la guerre en 2011, met à mal les forces gouvernementales soutenues par la Russie et l’Iran. Des milliers de civils fuient les zones de combat, alors que l’ONU alerte sur une crise humanitaire de grande ampleur. Loin de n’être qu’un énième épisode sanglant, cette offensive soulève une question cruciale : le régime de Bachar al-Assad peut-il résister à cette pression militaire et politique ?
Les insurgés, sortis de leur bastion d’Idlib, mènent une offensive éclair depuis fin novembre. En quelques jours, ils ont pris le contrôle d’Alep, de Hama et progressent désormais vers Homs, dernière grande ville stratégique avant Damas. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les troupes gouvernementales se seraient retirées de certaines zones clés à Homs, bien que le régime démente ces informations.
Le chef de HTC, Abou Mohammed al-Jolani, a déclaré à CNN que leur objectif ultime est de renverser le régime. « Nous avons le droit d’utiliser tous les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif », a-t-il affirmé, traduisant une volonté de lutte sans compromis. Cette déclaration, couplée à la rapidité des avancées rebelles, a suscité une onde de choc dans la région.
Une crise humanitaire sans précédent
Les conséquences de cette offensive ne se limitent pas au champ de bataille. L’ONU estime que les combats ont déplacé 280.000 personnes en seulement dix jours et ce chiffre pourrait atteindre 1,5 million si les affrontements se poursuivent. Ces déplacements massifs aggravent une crise humanitaire déjà critique.
À Homs, des milliers de civils ont fui dans la nuit, cherchant refuge dans les régions encore sous contrôle gouvernemental ou dans les zones frontalières. Selon Samer AbdelJaber, du Programme alimentaire mondial, la situation est exacerbée par l’absence d’accès humanitaire dans plusieurs zones de conflit. « Nous sommes confrontés à une catastrophe imminente si les corridors humanitaires ne sont pas rapidement établis », a-t-il averti.
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Réactions internationales : soutiens d’un côté comme de l’autre
Face à cette menace, les alliés du régime syrien s’activent. La Russie, pilier du soutien militaire à Assad depuis 2015, a appelé ses ressortissants à quitter la Syrie, un signe inquiétant d’instabilité. Parallèlement, l’Iran envisage d’intensifier son aide en envoyant des missiles, des drones et des conseillers militaires supplémentaires.
Cependant, cette mobilisation rencontre des limites. Les rebelles disposent d’un soutien tacite de la Turquie, dont le président Recep Tayyip Erdogan a salué l’avancée des opposants. De plus, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a évoqué la nécessité d’un dialogue avec les rebelles, reflétant une recomposition politique et militaire dans le pays.
L’implication croissante de multiples acteurs étrangers rend la situation encore plus complexe. Alors que la Russie et l’Iran redoublent d’efforts pour sauver le régime d’Assad, des fractures apparaissent parmi les forces loyalistes, remettant en question leur capacité à maintenir leurs positions.
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L’offensive actuelle marque l’un des moments les plus critiques du conflit syrien. Si les rebelles poursuivent leur progression vers Damas, le régime d’Assad pourrait se retrouver acculé, malgré l’appui de ses alliés. La Syrie entre ainsi dans une phase d’incertitude majeure, où les dynamiques internes et externes se croisent.
Pour les civils, les défis sont immenses : déplacements, violences et absence de solutions politiques pérennes. À mesure que les lignes de front évoluent, une chose est certaine : la situation syrienne continue de secouer la région et d’interroger la communauté internationale sur son rôle dans une éventuelle résolution de ce conflit interminable.
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