Rougeole : la rentrée scolaire, un accélérateur de l’épidémie ?

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Tayeb Hamdi appelle à mener une enquête sur les facteurs qui ont mené à la réapparition de la rougeoleRougeole. DR

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La rougeole, maladie virale hautement contagieuse, connaît une recrudescence inquiétante au Maroc. Les périodes de vacances scolaires, avec les déplacements et les interactions sociales, accentuent le risque de propagation du virus.

Alors que les enfants s’apprêtent à regagner les bancs de l’école, les spécialistes alertent sur une reprise probable de l’épidémie, soulignant l’importance de la vaccination pour éviter des conséquences sanitaires et socio-économiques graves.

Les vacances amplifient le risque de propagation de la rougeole

À cause des vacances, la reprise de l’école après les vacances scolaires « ravivera certainement encore plus l’épidémie de la rougeole qui frappe le Maroc », alerte Tayeb Hamdi. L’expert précise qu’après une dizaine de jours d’écoles vides, l’épidémie « ralentira pour deux ou trois semaines, avant de reprendre à cause du faible niveau d’immunité collective ». Cependant, à cause du brassage social résultant des déplacements, des voyages, des rencontres de familles au cours des vacances scolaires, « la maladie gagnera en force. Puisque, les écoliers se chargeront de transmettre la maladie aux autres groupes de la population », indique de spécialiste.

Lire aussi: Rougeole : « Il ne faut pas faire la comparaison avec la Covid-19 »

Dans ce sens, Tayeb Hamdi explique que tant que le Maroc se situe au-dessous d’une immunité de 95% contre la rougeole, la maladie continuera de se propager sous formes d’épidémies. Il souligne que cette immunité collective sera atteinte soit par la vaccination et des vies seront sauvées, soit par la maladie aux dépens des vies perdues, des handicaps à vie et une vie scolaire et socioéconomique perturbée.

Même si les mesures prises au niveau scolaire sont importantes, elles restent encore insuffisantes, indique le spécialiste. Dans ce sens, il propose de renforcer la vaccination des enfants suivant le calendrier vaccinal et non de se contenter des campagnes de rattrapage. Le rattrapage vaccinal devrait être envisagé pour les autres maladies infantiles qui peuvent ressurgir comme la coqueluche, la diphtérie, la poliomyélite. Pour le spécialiste, il est nécessaire d’instaurer l’obligation vaccinale contre les maladies infantiles meurtrières et dont les vaccins ont montré leurs très hauts degrés d’efficacité et de sécurité. En outre, il faut sensibiliser les adultes nés après 1980 et qui ne sont pas vaccinés, et n’ayant jamais attrapé la rougeole, à se faire vacciner. Ces personnes font partir de la population à risque.

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Une enquête sur cette réapparition soudaine de la rougeole?

La rougeole est une maladie contagieuse et grave par les complications qu’elle engendre. Elle impacte négativement « les efforts du Maroc en matière de santé et les enjeux en cours et futurs pour le Maroc« . D’ailleurs, ces symptômes se manifestent entre 7 jours et 14 jours. Ils se caractérisent par une forte fièvre, une toux sèche, un écoulement nasal, des yeux rouges et larmoyants et de petites taches blanches à l’intérieur des joues. Il est important de rappeler que l’éruption cutanée caractéristique de la rougeole apparaît généralement 3 à 5 jours après le début des symptômes. Elle commence sur le visage et s’étend ensuite au reste du corps, prenant la forme de petites taches rouges qui confluent et durent environ 4 à 7 jours.

Lire aussi: Rougeole : 47 cas d’infection recensés dans neuf prisons

Toutefois, certaines complications de la maladie peuvent apparaitre. Il s’agit principalement d’infections respiratoires, des infections de l’oreille, de diarrhée sévère et déshydratation, d’une encéphalite ou dans les cas les plus graves, de la mort.

Dans ce contexte, des enquêtes et des audits au sein du ministère de la Santé et de la Protection sociale sont nécessaires pour comprendre ce qui s’est passé toutes ces dernières années. Il s’agit d’étudier particulièrement l’impact de la pandémie Covid-19 d’une part et l’hésitation vaccinale des parents d’autre part. Mais ces facteurs bien que réels, n’expliquent pas à eux-seuls cette baisse de la couverture vaccinale, révèle la même source.

Pour cela, Tayeb Hamdi propose que ces enquêtes soient portées sur le relâchement de l’offre vaccinale dans les services de santé et chez les professionnels, la pénurie des ressources humaines, les grèves et les arrêts de travail répétitifs ainsi que le manque de motivation des professionnels de santé.

Et l’expert d’ajouter qu’il faut rattraper cette situation et éviter qu’elle se reproduise dans l’avenir. Il propose aussi d’enquêter sur les causes du relâchement de la surveillance épidémiologique des maladies infantiles, situation qui a laissé apparaitre des cas de rougeole à large échelle sans que la recrudescence soit détectée à temps.

Lire aussi: Rougeole : le Maroc face à la résurgence de la maladie

En plus, des raisons qui ont mené à une baisse, des taux de vaccination à l’échelle régionale et nationale, Tayeb Hamdi estime qu’il faut mener une étude en urgence pour comprendre les causes profondes de l’hésitation vaccinale des parents, pour affiner les campagnes d’information, de sensibilisation, de rattrapage vaccinal et de vaccination.

Face à la résurgence de la rougeole, une réponse rapide et efficace est nécessaire. Renforcer la couverture vaccinale, sensibiliser la population et enquêter sur les causes de la baisse de l’immunité collective sont des mesures cruciales pour contenir la maladie. 

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