PLF 2025 : résilience consolidée de l’économie marocaine

Mbaye Gueye

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PLF 2025 : résilience consolidée de l'économie marocaineIllustration © DR

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Le ministère de l’Économie et des Finances a publié le rapport économique et financier du pays dans le cadre du projet de loi Finances 2025. Ce document démontre comment l’économie marocaine a su résister aux différentes crises mondiales, notamment à travers des stratégies qui ont porté leurs fruits.

Le rapport économique et financier, récemment publié, démontre que l’économie marocaine a fait preuve d’une résilience remarquable malgré un contexte mondial et national marqué par des crises successives. Cette résilience repose sur des réformes structurelles, des investissements stratégiques, et une gestion économique proactive.

En 2023, la croissance économique du Maroc a atteint 3,4%, soutenue par la reprise des secteurs stratégiques tels que l’industrie automobile, dont les exportations ont dépassé les 111 milliards de dirhams (MMDH), et l’aéronautique avec une progression de 21,9% sur un an. Ces performances montrent la diversification réussie de l’économie et l’évolution vers des secteurs à forte valeur ajoutée.

Par ailleurs, les exportations de produits agricoles ont généré 81,6 MMDH en 2023, une performance qui s’inscrit dans le prolongement des stratégies agricoles, comme «Génération Green» qui a remplacé le Plan Maroc Vert.

Grands axes du PLF 2025 : santé, éducation et emploi au premier plan

Transition écologique et transformation digitale

En matière de transition écologique, le Maroc a investi 52 MMDH dans les énergies renouvelables entre 2016 et 2023, portant la part des énergies renouvelables à environ 37% de la capacité installée en 2023. La stratégie vise à atteindre 52% à l’horizon 2030. Cette ambition est renforcée par des projets phares comme la centrale solaire Noor, l’une des plus grandes au monde.

Sur le plan digital, les réformes ont permis au Royaume d’augmenter son indice de maturité numérique de 47% en 2019 à 62 % en 2023. Ces efforts sont soutenus par l’intégration des services publics dans des plateformes numériques. Elles vont faciliter ainsi l’accès aux services administratifs et renforce la transparence.

Concernant les défis climatiques, le Maroc a lancé un Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Irrigation (PNAEPI) doté d’un budget de 115 MMDH jusqu’en 2027. Ce programme vise à sécuriser l’accès à l’eau pour 22 millions de Marocains et renforcer l’agriculture irriguée sur 550.000 hectares. Par ailleurs, le pays s’est engagé dans des politiques de gestion rationnelle des ressources hydriques et la construction de 17 nouveaux barrages d’ici à 2030.

Croissance régionale et convergence économique des territoires

La dynamique de convergence économique régionale est favorisée par une augmentation des investissements publics, qui ont dépassé 245 MMDH en 2023, dont 40% alloués aux régions les moins développées. Le taux de pauvreté dans les zones rurales a ainsi diminué de 20,4% en 2001 à moins de 6% en 2023. Des projets comme le programme de développement des provinces du sud, doté de 77 MMDH, témoignent de cette stratégie de développement territorial.

Par ailleurs, sur le plan de la couverture sociale, le Maroc est passé de 7 millions de bénéficiaires en 2010 à près de 22 millions en 2023. Le budget consacré à la santé a atteint 28,12 MMDH en 2023, contre 14 MMDH en 2011. De même, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans a progressé pour atteindre 98,5 % en 2023.

Lire aussi : PLF 2025 : où en est la dette publique ?

Soutenabilité des finances publiques

Les recettes fiscales du Maroc ont augmenté de 8,2`% en 2023, atteignant 249 MMDH, soutenues par une amélioration de la collecte de l’impôt sur les sociétés (IS) et de l’impôt sur le revenu (IR). En parallèle, le déficit budgétaire a été réduit à 4,8% du PIB, contre 7,6 % en 2020. La dette publique s’est stabilisée autour de 69% du PIB, avec des efforts continus pour sa soutenabilité.

Malgré des perspectives positives, l’économie marocaine reste confrontée à des risques majeurs, tels que l’évolution incertaine des conditions climatiques et les tensions géopolitiques. La gestion de la sécurité hydrique et énergétique reste une priorité. Le Maroc prévoit également de renforcer sa compétitivité en augmentant la part des industries de transformation dans le PIB, qui devrait atteindre 15% d’ici à 2030.

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