OMTPME 2025 : un tissu productif en consolidation mais toujours contrasté
Observatoire marocain de la très petite et moyenne entreprise (OMTPME) © DR
A
A
A
A
L’édition 2025 du rapport annuel de l’Observatoire marocain de la TPME, présentée le 7 janvier 2026 à Casablanca, dresse un portrait nuancé du tissu économique national. Si la reprise se confirme par la création d’entreprises, la valeur ajoutée et le redressement des exportations, le marché reste dominé par les grandes entreprises et marqué par des disparités territoriales et de genre.
Lire aussi : Soutien aux TPME : 1,28 MMDH d’investissements approuvés
Un tissu entrepreneurial en expansion mais inégalement réparti
Le Maroc compte désormais 380.230 entreprises personnes morales actives (EPMA), en hausse de 1,3% par rapport à 2023. Cette croissance s’inscrit dans un mouvement dynamique de création : près de 96.000 entreprises ont vu le jour en 2024, dont plus des deux tiers sont des personnes morales. Cependant, cette vitalité reste fragile. Les dissolutions d’entreprises ont augmenté de 6,3%, et plus de la moitié des fermetures concernent des structures âgées de moins de cinq ans.
La micro-entreprise domine toujours le paysage, représentant 86,6% des EPMA, et 94% des sociétés réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de dirhams. La répartition territoriale reste déséquilibrée : 65% des entreprises sont concentrées le long de l’axe Tanger–El Jadida, dont 38% dans la région de Casablanca-Settat. Le commerce demeure le secteur le plus représenté dans huit des douze régions, devant la construction. Sur le plan juridique, la SARL conserve sa suprématie avec 51,7% des entreprises, même si sa part recule de 2,1 points par rapport à 2023, tandis que la SARL à associé unique progresse de 6,4%, représentant désormais 43% du total.
Une croissance tirée par les grandes entreprises
En 2024, le chiffre d’affaires global a atteint 2.628 milliards de DH (MMDH) (+9,4%), et la valeur ajoutée (VA) a bondi de 16,6% à 536,5 MMDH. Cette richesse reste concentrée : les grandes entreprises, seulement 0,5% du total, génèrent 63,7% du chiffre d’affaires et 64,7% de la VA. Sans leur contribution, la hausse de la VA aurait été limitée à 8%.
Par secteur, l’électricité et le gaz enregistrent une progression spectaculaire de 82,4%, tandis que les industries extractives reculent de 7,7%. La croissance du chiffre d’affaires s’accélère par rapport à la précédente édition (de 6,4 à 9,4%), et celle de la valeur ajoutée double (de 8 à 16,6%), illustrant la consolidation post-crise et le rôle moteur des grandes structures dans la reprise économique.
Lire aussi : Fiscalité 2026 : quel impact sur l’économie et les ménages ?
Exportations et emploi : des signaux encourageants
Les exportations rebondissent de 12,7% pour atteindre 520,5 MMDH, après une hausse plus modeste de 4,8% l’année précédente. L’industrie manufacturière reste le moteur de ce redressement, représentant 56,5% du chiffre d’affaires à l’export, portée par les filières automobile et électrique.
L’emploi formel dépasse les 4 millions de salariés (+2%), les TPME concentrant 70,6% de ces postes. La masse salariale augmente de 8,6%, mais 72,7% des salariés touchent moins de 4.000 dirhams, et près de la moitié perçoivent un salaire égal ou inférieur au SMIG. Néanmoins, une légère amélioration est observée par rapport à 2023, où 74,3% des salariés étaient dans cette situation.
Le rapport révèle par ailleurs que la part des femmes dirigeantes stagne à 15,5%, malgré une progression du volume de créations féminines. L’accès au financement reste limité : elles ne captent que 11% de l’encours total des crédits bancaires. Présentes surtout dans la santé, l’enseignement et les services personnels, les femmes peinent à franchir le cap de la croissance, confirmant un constat déjà relevé dans le rapport précédent.
Accès au financement et transformation numérique
La situation financière des entreprises marocaines s’améliore progressivement, avec 90,5% d’entre elles affichant une trésorerie positive en 2024, contre 86,2% en 2017. Cependant, cette amélioration globale masque des inégalités persistantes dans l’accès au financement : sur un encours total de 630,4 MMDH de crédits bancaires, 60% sont captés par les grandes entreprises, tandis que les très petites entreprises n’en reçoivent que 20%. Les micro-entreprises, souvent confrontées à des difficultés pour obtenir des prêts, dépendent à 41% de dettes contractées auprès de leurs associés, ce qui limite leur marge de manœuvre financière.
Pour pallier ces déséquilibres et mieux comprendre la dynamique du tissu productif, l’OMTPME, sous la direction de Manal Idrissi, a amorcé une transformation technologique majeure. L’Observatoire a mobilisé la Data Science, l’intelligence artificielle et le machine learning afin de fiabiliser ses données et d’améliorer l’analyse des entreprises marocaines. À cet effet, trois outils structurants ont été développés : un référentiel géo-administratif couvrant l’ensemble des communes du pays, un outil de similarité sémantique harmonisant les nomenclatures d’activités, et un algorithme hybride de prédiction du genre, permettant de mieux mesurer l’entrepreneuriat féminin.
Ces innovations ont permis la mise en place d’un véritable « cercle vertueux » d’échanges de données entre l’Observatoire et ses principaux partenaires institutionnels, dont Bank Al-Maghrib, l’OMPIC, la CNSS et le ministère de l’Industrie, renforçant à la fois l’analyse territoriale et sectorielle et la capacité de l’OMTPME à orienter des politiques publiques plus ciblées.
Lire aussi : TPE, PME : quelle place dans la course entrepreneuriale ?
Perspectives 2026 : ancrage territorial et inclusivité
Pour 2026, l’OMTPME prévoit la publication de plusieurs études sur l’emploi féminin, la productivité, les délais de paiement et la digitalisation des entreprises. Une étude nationale sur les industries culturelles et créatives sera menée avec la Société financière internationale (IFC).
La nouvelle charte de l’accompagnement et du financement des TPME, le scoring des très petites entreprises et le programme « Présence de Place » de Bank Al-Maghrib seront renforcés pour consolider la couverture territoriale. À l’international, l’Observatoire développera l’Indice régional d’inclusion financière et poursuivra le projet « We Finance Code » pour améliorer l’accès au crédit des TPME dirigées par des femmes.
Le paysage numérique marocain franchit une nouvelle étape majeure en matière de gouvernance des données. Ce jeudi 08 janvier 2026 à Rabat, le groupe Barid…
Wissal Bendardka - 8 janvier 2026Économie - L’activité entrepreneuriale poursuit sa dynamique positive au Maroc, portée par la hausse des certificats négatifs, des créations d’entreprises et des dépôts de propriété industrielle, selon l’OMPIC.
Hajar Toufik - 8 janvier 2026Économie-Voici les taux de change officiels qui serviront de référence pour convertir en dirhams les revenus perçus en devises.
Rédaction LeBrief - 7 janvier 2026Économie - L'identification du cheptel national s’est officiellement achevée le 31 décembre 2025. Près de 5,2 MMDH ont déjà été versés à 1,1 million d’éleveurs.
Rédaction LeBrief - 7 janvier 2026L’ONDA confie à un groupement marocain la construction du nouveau terminal du Mohammed V, un chantier record de 12,8 milliards de dirhams visant à moderniser Casablanca et à dynamiser l’emploi et la filière BTP.
Wissal Bendardka - 7 janvier 2026Économie - La Loi de finances 2026 exonère le sang de TVA, une mesure fiscale aux enjeux sanitaires majeurs.
Hajar Toufik - 7 janvier 2026Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…
Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.
Hajar Toufik - 25 avril 2025Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.
Hajar Toufik - 14 juillet 2025Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !
Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…
Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025