Les saveurs à prix d’or sur le marché casablancais

Avatar de Sabrina El Faiz

Temps de lecture :

Ramadan 2025 : inquiétudes face à la flambée des prix des produits alimentairesImage d'illustration © Depositphotos

A
A
A
A
A

A quelques semaines du mois sacré de Ramadan, les marchés s’agitent déjà. Tout Marocain qui se respecte, sait d’emblée que les prix vont exploser durant ce mois. Il faut donc faire le plein en avance. Retour sur les prix actuels du marché.

Dans l’agitation des souks bruyants, où les arômes des produits frais et épices se mélangent, les marchands et les grossistes se livrent à un incessant ballet. Le marché de gros de Casablanca, vaste et animé, s’anime au rythme des échanges, des poignées de mains fermes et des prix notés sur des carnets usés. Ici, tout tourne autour de la balance : celle qui pèse les courgettes encore humides et celle, plus discrète, qui ajuste l’offre et la demande, notant notre angoisse profonde d’une inflation qui n’a que trop duré.

Cette semaine encore, les étals du marché de gros brillent de couleurs vives, à en croire Casa Prestations. Les cagettes débordent de promesses : potirons oranges, tomates éclatantes, aubergines brillantes.

Le récit des légumes

Dans cet espace où chaque produit a sa valeur, la tomate devient précieuse. Entre 3 et 5,50 dirhams le kilogramme, elle fluctue au gré des tendances du marché. Rouge et juteuse, elle est essentielle à la cuisine marocaine, star des tajines, présente dans les salades et très appréciée dans les plats chauds. Son prix, bien qu’élevé, paraît raisonnable comparé à d’autres produits.

Le potiron, quant à lui, se distingue avec fierté. À 7 dirhams le kilogramme pour les plus gros, il rappelle que la nature est généreuse, mais que son prix ne l’est pas autant avec nos portefeuilles. Près de là, les carottes, plus simples, se négocient entre 1,20 et 2,50 dirhams, tandis que les pommes de terre, stars de toutes nos tables à la vue de l’inflation, restent accessibles, entre 2,30 et 4 dirhams.

Lire aussi : Hard-discount toujours plus bas, mais à quel prix ?

Le chou-fleur, délicat et léger, voit son prix varier entre 1 et 2 dirhams. Les aubergines, quant à elles, se négocient de 2,50 à 4 dirhams, cherchant leur place parmi les autres. Les concombres, en temps normal modestes, sont cette semaine à 4 dirhams le kilogramme ! Eux aussi ont pris du galon !

Des fruits juteux à prix pas très doux

Si les légumes sont des incontournables dans chaque foyer, les fruits sont associés à la joie et à la douceur après des journées chargées. Et pour cause ? Leur prix, parfois, grimpe, un peu trop !

L’avocat, star de la future saison ramadanesque, coûte 13 dirhams le kilogramme pour les moins bons, atteignant 21 dirhams pour les meilleurs. À côté, la banane, habituée du petit-déjeuner, varie entre 6 et 9 dirhams, pour la locale et entre 9 et 17 dirhams pour l’importée.

Cependant, ce sont les fraises qui suscitent le plus d’intérêt en ce moment, malgré leur taille anormalement grande. Leurs prix vont de 9 à 18 dirhams, incarnant le mélange de luxe et de simplicité. Autrefois signe d’abondance, le prix relativement bas pour ce fruit luxueux peut être dû à un manque de saveur certain, que nous avons pu constater.

Enfin, la pomme, vibrant dans son pelage rouge, parfois vert, devient un bijou du marché. La locale, minuscule en rayon qui fait peine à voir, et qu’il vaudrait mieux consommer sur place, se vend entre 6 et 11 dirhams le kilo. L’importée, quant à elle, semble avoir un visa Schengen vu son prix élevé de 13 à 23 dirhams le kilo !

Le prix de la viande fidèle à lui-même

Dans ce tableau vivant, les abattoirs de Casablanca ajoutent une note plus grave. Pouvons-nous réellement parler de baisse, lorsqu’il s’agit de 5 dirhams sur un produit qui est devenu inaccessible ? La viande bovine, se vendant entre 75 et 88 dirhams le kilogramme, rappelle que la bonne chère est tout simplement chère. La viande ovine, plus recherchée, s’élève entre 115 et 120 dirhams, affirmant son statut de met prestigieux réservé pour les repas spéciaux, aux tables où l’on festoie. Eh oui, les Marocains n’auront de la viande qu’une fois de temps en temps… et encore !

Réduflation : vous en aurez MOINS pour votre argent

Dernier articles
Les articles les plus lu
Ramadan : dérives de la surconsommation

Ramadan : tables pleines, frigos saturés et crédits... que révèle vraiment notre manière de consommer ?

Sabrina El Faiz - 21 mars 2026
Carburants : la CDT dénonce une « flambée injustifiée » et met le gouvernement face à ses responsabilités

Consommation-L’augmentation des prix des carburants s’inscrit dans un contexte de dégradation du pouvoir d’achat.

Rédaction LeBrief - 19 mars 2026
Autoproduction électrique : le Maroc lève le verrou réglementaire

Économie - Le Maroc publie le décret d’application de l’autoproduction électrique, attendu depuis 2021, clarifiant les règles de raccordement et de revente du surplus.

El Mehdi El Azhary - 19 mars 2026
Engrais : une fenêtre d’opportunité pour les exportations marocaines

Économie - Les tensions mondiales sur les engrais poussent les États-Unis à envisager le Maroc comme fournisseur stratégique.

El Mehdi El Azhary - 19 mars 2026
Le Crédit Agricole du Maroc décroche le STP Award 2025 de Commerzbank pour l’excellence de ses paiements internationaux

Le Crédit Agricole du Maroc vient d'être distingué par Commerzbank, l'un de ses partenaires historiques, à travers l'attribution du STP Award 2025.

Wissal Bendardka - 18 mars 2026
Tourisme interne : l’ONMT relance « Ntla9aw fbladna »

Économie - L’ONMT relance sa campagne « Ntla9aw fbladna » pour stimuler le tourisme interne, qui représente 28% des nuitées.

El Mehdi El Azhary - 18 mars 2026
Voir plus
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire