Les ménages vont-ils respirer en 2026 ?
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Inflation… quelle redondance ce mot. C’est sans doute la phrases que tous les ménages rêvent d’entendre : « l’inflation devrait nettement ralentir en 2026 ». Selon les projections du Haut-Commissariat au Plan, la hausse des prix, mesurée par l’indice implicite du PIB, s’établirait à 1,3%, après 1,9% en 2025 et des niveaux bien plus élevés les années précédentes.
Ce reflux s’explique en grande partie par la détente des prix à l’international, notamment ceux de l’énergie. Le baril de pétrole devrait poursuivre sa baisse, allégeant la facture énergétique du pays et limitant les pressions sur les prix du transport et de nombreux biens de consommation. Les matières premières alimentaires devraient également évoluer dans un contexte plus favorable, après les fortes tensions observées depuis 2021.
Pour les ménages, cela signifie avant tout le retour de leur pouvoir d’achat, même si la stabilisation des prix ne se traduit pas mécaniquement par une baisse généralisée du coût de la vie.
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Dans ce contexte plus apaisé sur le front des prix, la consommation finale des ménages continuerait de jouer un rôle stratégique dans la dynamique économique. En 2026, elle devrait progresser de 4,1%, après 4,4% en 2025, contribuant à elle seule à environ 2,5 points de croissance.
Ce sont donc les dépenses des ménages qui soutiennent l’activité économique, bien plus que la demande extérieure. En clair, sans la consommation intérieure, la croissance marocaine serait nettement plus faible.
C’est, notamment, grâce à l’amélioration progressive des revenus, la stabilisation des prix et la poursuite des dispositifs de soutien social mis en place ces dernières années.
Le retour de l’agriculture, un soulagement pour les budgets familiaux
Le secteur agricole revient enfin parmi les vivants, après quelques années d’âpre sècheresse. Après un démarrage hésitant, la campagne agricole 2025-2026 s’annonce supérieure à la moyenne, grâce à des conditions climatiques plus favorables.
La valeur ajoutée agricole devrait ainsi bondir de 10,4% en 2026, après 4,5% en 2025. Cette amélioration a un double impact sur les ménages. D’un côté, elle soutient directement les revenus des populations rurales. De l’autre, elle contribue à limiter les tensions sur les prix des produits alimentaires, qui pèsent lourdement dans le budget des ménages, en particulier les plus modestes.
L’amélioration des conditions d’élevage et la reconstitution progressive du cheptel devraient également atténuer certaines pressions observées ces dernières années sur les prix des viandes.
Si les indicateurs pointent vers une amélioration globale, le HCP reste prudent sur l’ampleur du rebond du pouvoir d’achat. Les données de long terme montrent que la progression des revenus des ménages reste moins dynamique qu’au début des années 2000.
Entre 2012 et 2024, le pouvoir d’achat a progressé en moyenne de 1,6% par an, contre plus de 3% sur la période 2000-2011. Autrement dit, si la situation s’améliore en 2026, elle ne permet pas de compenser entièrement les pertes accumulées lors des chocs récents : sécheresses successives, flambée des prix et ralentissement économique.
Cette réalité explique en partie la prudence persistante des ménages, qui continuent de privilégier certaines dépenses essentielles au détriment de la consommation discrétionnaire.
Où les ménages gagnent du souffle ?
Dans le détail, certains postes de dépenses devraient offrir davantage de respiration en 2026. La baisse attendue des cours de l’énergie contribue à stabiliser les coûts liés au transport, un élément central du budget des ménages urbains comme ruraux.
Du côté de l’alimentation, la bonne tenue de la production agricole nationale devrait réduire le recours aux importations et limiter les hausses de prix, même si certaines denrées restent sensibles aux fluctuations internationales.
En revanche, tous les postes ne connaissent pas la même évolution. Les dépenses liées au logement continuent de peser, malgré le dynamisme du secteur du BTP et la poursuite des programmes d’aide. L’amélioration est là, mais progressive et reste étroitement liée à la capacité des ménages à accéder au financement.
Vidéo © Ayoub Jouadi/ LeBrief
La respiration des ménages peut aussi être le fruit d’un effort budgétaire soutenu de l’Etat. En 2026, la consommation finale des administrations publiques devrait progresser de 5,7%, contribuant à près d’un point de croissance.
Les aides sociales directes, la revalorisation de certaines dépenses publiques et le maintien de la protection sociale jouent un rôle d’amortisseur, notamment pour les ménages les plus vulnérables. Cette politique contribue à stabiliser la consommation nationale dans un contexte encore marqué par les incertitudes internationales.
Bref, la consommation progresse, mais sans emballement. L’épargne de précaution demeure élevée, reflet d’une prudence persistante face aux chocs passés et à la perception d’un avenir encore incertain.
Par ailleurs, la forte dépendance de l’économie aux importations limite les marges de manœuvre. La hausse de la consommation s’accompagne d’un creusement du déficit commercial, ce qui pose la question de la soutenabilité du modèle de croissance à moyen terme.
Les ménages devraient effectivement « respirer » davantage en 2026, mais sans véritable sentiment de rattrapage. Cette respiration marque davantage une sortie de crise qu’un retour à l’abondance.
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