Le Polisario admet la viabilité du plan d’autonomie marocain

Avatar de Ilyasse Rhamir
Temps de lecture :

Les partis politiques consultés par le Roi sur l’actualisation de l’initiative d’autonomiePhoto prise en 2021 à Zagora, lors du Rallye © Antonin Vincent / via AFP

A
A
A
A
A

Pour la première fois depuis la présentation du plan marocain d’autonomie en 2007, un haut représentant du Front Polisario, Ibrahim Bachir Bella, reconnaît cette initiative comme étant la piste la plus plausible pour mettre un terme au conflit du Sahara. Ce tournant inattendu dans le discours d’une organisation historiquement opposée à Rabat soulève de nombreuses interrogations. Faut-il y voir un réel virage politique ou une manœuvre dictée par l’Algérie, principal soutien du Polisario, soucieuse de redorer son image auprès de Washington ?

Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont déjà reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara et perçoivent le plan d’autonomie comme la solution la plus crédible et pragmatique. Pour l’Algérie, il s’agit probablement d’éviter une confrontation frontale avec les intérêts américains, alors que le spectre d’une désignation du Polisario comme groupe terroriste plane.

Lire aussi : Sahara : un rapport américain met en lumière le soutien de l’Iran au Polisario

L’autonomie comme voie diplomatique privilégiée

La perte de légitimité du Front Polisario, couplée aux conditions précaires dans les camps de Tindouf, affaiblit sa capacité à défendre un projet de rupture. Selon Taleb Bouya Abahazem, une telle déclaration, émanant d’un diplomate lié au ministère algérien de l’Intérieur, témoigne d’une volonté de calmer les tensions sur le terrain plus que d’initier une nouvelle orientation stratégique.

Mohamed El Tayar, expert en géopolitique, y voit plutôt une tentative dilatoire destinée à gagner du temps, en pleine pression internationale favorable au plan marocain. Il estime d’ailleurs que même les aspirations à l’autodétermination dans la région s’alignent progressivement sur la logique de l’autonomie, sans pour autant viser la séparation.

Sur le plan diplomatique, le Maroc continue de renforcer ses alliances. Le chef de la diplomatie, Nasser Bourita, multiplie les visites dans les capitales européennes, consolidant ainsi les appuis à son initiative. Depuis la reconnaissance américaine en 2020, plus de 100 pays ont exprimé leur soutien à la proposition marocaine, et plusieurs consulats ont ouvert leurs portes à Laâyoune et Dakhla.

Dans ce contexte, l’ONU, à travers son envoyé Staffan de Mistura, insiste sur l’implication croissante des grandes puissances pour faire avancer les négociations vers une solution durable et inclusive.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Migration : une pirogue en route pour les Canaries disparaît en mer

Société - Plusieurs centaines de migrants disparus en mer après le départ d'une pirogue des côtes gambiennes, situation alarmante.

Mouna Aghlal - 9 janvier 2026
Transition énergétique en Mauritanie : quels sont les principaux défis ?

Tribune-L'une des réalisations de l'Humanité ayant eu un impact majeur sur la transformation et le développement de ses sociétés est la découverte de l'électricité.

Rédaction LeBrief - 9 janvier 2026
Capitale sans âme

La Guinée équatoriale a officiellement acté le transfert de sa capitale politique de Malabo à Ciudad de la Paz, au cœur de la province continentale de Djibloho

Redaction Afrique - 9 janvier 2026
Sénégal : production record de pétrole et de GNL en 2025

Afrique - Le Sénégal bat ses propres records en pétrole et GNL en 2025, renforçant sa place stratégique sur le marché énergétique africain.

Hajar Toufik - 9 janvier 2026
La Confédération des États du Sahel réagit à l’opération militaire américaine

Politique - La Confédération des États du Sahel s'inquiète d'une opération militaire américaine. Analyse des implications et des préoccupations.

Mouna Aghlal - 9 janvier 2026
Marchés financiers : l’Afrique du Sud et Maurice en tête du classement 2025

Économie – l'Afrique du Sud et Maurice dominent le classement 2025 des marchés financiers africains, tandis que plusieurs pays progressent ou stagnent.

Mouna Aghlal - 8 janvier 2026
Voir plus
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
Saint-Siège : que cherche le Vatican en Afrique ?

Dossier - L’archevêque de Rabat s’est retiré, mais est-ce qu’il aurait eu du poids de toute façon ? Au Vatican, les profils comme le sien sont souvent vus comme symboliques.

Sabrina El Faiz - 10 mai 2025
Sport : l’arme douce de la politique africaine

Dossier - L’Afrique a longtemps couru après ses talents. Beaucoup partaient, d’autres restaient… mais le vent tourne et c’est le sport qui le fait souffler.

Sabrina El Faiz - 21 juin 2025
Afrique, continent le plus riche au monde ?

Dossier - Il y a 50 ans, qui aurait parié sur cette Afrique ? Les Africains eux-mêmes l’ont fui à plusieurs reprises, à la recherche d’un Eldorado plus riche...

Sabrina El Faiz - 11 janvier 2025
CAN féminine 2024 : ce qu’il faut savoir avant le début de la compétition

Sport - La CAN féminine 2024 s’ouvre au Maroc, promettant un spectacle passionnant avec les meilleures équipes africaines prêtes à rivaliser pour le titre continental.

Hajar Toufik - 4 juillet 2025
Qui contrôle la tech africaine ?

Dossier - Après la CAN et la Coupe du Monde, restera-t-il quelque chose ? Il paraît que oui, vu qu’au-delà de ces événements, l’Afrique mise sur le cap 2060.

Sabrina El Faiz - 19 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire