Le commerce extérieur au vert, malgré un déficit croissant

Mbaye Gueye

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Des rivaux avantagés par la guerre commerciale américaineCommerce illustration © Depositphotos

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Le dernier rapport de de Bank Al-Maghrib (BAM), a indiqué que les données relatives au commerce extérieur du Maroc pour les dix premiers mois de l’année 2024 font état de plusieurs évolutions économiques importantes. Bien que le pays enregistre une accélération de la progression des échanges de biens et une amélioration des recettes de voyages et des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), le déficit commercial a continué de croître. Toutefois, des secteurs clés affichent des résultats remarquables, soutenant ainsi une dynamique positive dans l’économie nationale. Détails.

Bank Al-Maghrib (BAM), a révélé que les exportations marocaines de biens ont connu une hausse de 6,2% à fin octobre 2024 par rapport à la même période de l’année précédente. Ce résultat est particulièrement porté par la bonne performance de certains secteurs industriels. Le secteur automobile, notamment, a vu ses ventes à l’international progresser de 8%, atteignant un total de 131,4 milliards de dirhams (MMDH). Cette croissance est en partie attribuée aux sous-secteurs de la « construction » (+6,9%) et du « câblage » (+7,9%). Ces performances témoignent de la compétitivité croissante du secteur automobile marocain, qui est un pilier de l’exportation industrielle.

Graphiques des

Graphique des exportations du secteur automobile à fin octobre © BAM

Les phosphates ont également montré une forte dynamique. Les exportations de phosphates et de ses dérivés ont augmenté de 12,5%, avec des hausses notables dans les ventes de phosphate brut (+36,8%), d’acide phosphorique (+10,2%) et d’engrais (+10%). Cette expansion est le reflet de la demande croissante sur les marchés internationaux, notamment en raison des besoins agricoles mondiaux et de l’augmentation de la production d’engrais.

Lire aussi : Le dirham s’apprécie de 2,3% face au dollar américain au T3-2024 (BAM)

Le secteur aéronautique, qui est en plein essor dans le Royaume, s’est également illustré en enregistrant une croissance de 17,3%, grâce à un bond de 26,9% dans les exportations de la branche de l’assemblage, qui a atteint 14,3 MMDH. Ces performances soulignent le positionnement du Maroc comme un hub stratégique pour la fabrication aéronautique en Afrique.

Cependant, certains secteurs ont connu des résultats moins enthousiasmants. Selon le rapport, les exportations du secteur textile et cuir ont connu une stagnation, enregistrant une quasi-inertie à 39,3 MMDH. La branche des « chaussures » a aussi touché, avec une baisse de 7,4%, tandis que les « vêtements confectionnés » ont légèrement progressé de 0,7%.

Croissance des importations

D’un autre côté, les importations de biens ont également augmenté, mais à un rythme légèrement inférieur, avec une hausse de 5,8% sur la période. L’augmentation des importations concerne tous les groupements, à l’exception des produits bruts et énergétiques. En particulier, les achats de biens d’équipement ont fortement progressé de 11,6%, totalisant 145,5 MMDH. Cette tendance est en grande partie portée par l’augmentation des importations de « voitures utilitaires » (+38,1%) et d’« appareils pour coupure ou connexion des circuits électriques » (+15,8%). Les investissements dans ces équipements témoignent d’une volonté de modernisation des infrastructures et des capacités industrielles du pays.

             Lire aussi : BAM : les dépôts bancaires ont progressé 7% à fin octobre

Les importations de biens de consommation ont également connu une hausse notable de 8,6% à 144,9 MMDH, en lien avec la forte demande intérieure, notamment pour les voitures de tourisme et les produits pharmaceutiques. Les produits alimentaires ont vu une légère augmentation de 3% à 75,5 MMDH, notamment en raison d’une forte demande d’animaux vivants (+76,1%). Toutefois, les importations de blé ont diminué de 8,4%, reflet d’une moindre dépendance vis-à-vis des céréales importées.

Déficit commercial : une pression persistante

Le déficit commercial a, en conséquence, continué d’augmenter de 5,2%, pour s’établir à 249,8 MMDH. Bien que les exportations aient progressé, l’augmentation des importations a exacerbé ce déficit. Toutefois, la couverture des importations par les exportations s’est légèrement améliorée, passant de 59,7% en octobre 2023 à 59,9% en octobre 2024, ce qui montre une relative amélioration de la compétitivité des exportations marocaines, a précisé le document.

Cette situation est en partie atténuée par les recettes de voyages et les transferts des Marocains résidents à l’étranger (MRE), qui continuent de soutenir positivement la balance des paiements. Les recettes de voyages ont enregistré une augmentation de 9,3%, soit 96,9 MMDH, un résultat porté par la forte activité touristique et les hausses des dépenses des visiteurs étrangers. Le solde des transferts des MRE a également connu une hausse de 3,9%, pour se chiffrer à 100,3 MMDH, ce qui témoigne de l’importance de la diaspora dans le soutien à l’économie nationale.

Evolution mensuelle des transferts des MRE

Evolution mensuelle des transferts des MRE © BAM

Investissements et avoirs officiels de réserve

En ce qui concerne les investissements, le Maroc a enregistré une nette progression des recettes d’Investissements directs étrangers (IDE), qui ont augmenté de 23,7%, pour s’établir 33,3 MMDH. Cela témoigne de la solidité du climat d’investissement dans le pays, soutenu par des réformes économiques et une stratégie d’ouverture aux marchés internationaux. Toutefois, les investissements directs marocains à l’étranger ont diminué de 7,8%, poursuivant une tendance baissière, a souligné BAM

Pour ce qui est des avoirs officiels de réserve du pays, ils se chiffraient à 360,7 MMDH à fin octobre 2024, soit l’équivalent de cinq mois et cinq jours d’importations de biens et services. Cette réserve permet de sécuriser la stabilité macroéconomique du Maroc face aux fluctuations économiques mondiales et d’assurer une certaine autonomie financière.

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