Innovations agronomiques : la technologie au service des oléiculteurs
Huile d'olive produite grâce à la récolte des olives cultivées dans le cadre du programme Al Moutimir, 24 novembre 2025, Beni Hessane dans la province d'Azilal © LeBrief
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D’un côté, dans la province d’Azilal, l’ingénieure agronome Amina Najine supervise, dans le cadre du programme Al Moutmir, une plateforme d’application dédiée à la rationalisation de l’irrigation et à l’usage de technologies de pointe. De l’autre, l’ingénieur agronome Aiman Achmerk met en avant des plateformes techniques multifonctionnelles issues du même programme, visant à optimiser le rendement et à professionnaliser davantage la filière. Ensemble, leurs approches illustrent les orientations prises par l’agriculture marocaine pour renforcer sa résilience.
La technologie au service de la décision agricole
Dans la commune de Beni Hessane, au pied du Moyen Atlas, Amina Najine accompagne les agriculteurs sur une plateforme d’application dédiée à la culture de l’olivier. Elle rappelle que « face au changement climatique et à la baisse des précipitations dans la plupart des régions, même la province d’Azilal connaît un déficit pluviométrique ». Cette réalité impose d’adopter des stratégies d’irrigation plus précises, capables de répondre aux besoins des arbres tout en limitant les pertes.
Au cœur du dispositif, les agriculteurs mettent en œuvre un système d’irrigation local raisonné, appliqué étape par étape. Ce système vise à apporter « à chaque arbre la quantité d’eau nécessaire, au bon moment et de la bonne manière ». Pour Najine, cette approche constitue un véritable levier d’adaptation : elle permet de maintenir la productivité des vergers malgré le stress hydrique et la raréfaction des ressources.
L’un des atouts majeurs de la plateforme réside dans l’intégration de technologies numériques, notamment les techniques dites Atmar. Selon Amina Najine, ces outils « permettent à l’agriculteur d’avoir un ingénieur à portée de main, facilitant l’accès à l’information technique ». Les exploitants bénéficient ainsi d’un accompagnement continu, de conseils personnalisés et peuvent transmettre en temps réel leurs observations concernant la météo, l’état sanitaire des arbres ou les risques de maladies.
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Grâce à ces technologies, l’agriculteur peut identifier lui-même certaines pathologies, déterminer le traitement adéquat et ajuster ses pratiques culturales, y compris en période hivernale, lorsque vents, froid et humidité favorisent l’apparition de ravageurs ou de maladies.
Cette proximité numérique entre ingénieurs et agriculteurs incarne une nouvelle manière d’accompagner les producteurs : plus agile, plus réactive et mieux adaptée aux micro-variations environnementales.
Au-delà de l’irrigation, la plateforme d’Azilal met également l’accent sur les bonnes pratiques de récolte. Najine insiste notamment sur l’importance d’utiliser des caisses aérées pour éviter l’échauffement et les altérations observées dans les olives de cuve. Elle souligne aussi que la récolte doit être réalisée dans des zones adaptées, où les oliviers répondent aux conditions de collecte. L’objectif est clair : préserver la qualité du fruit dès la parcelle.
Pour renforcer ces acquis, les agriculteurs sont orientés vers une école de terrain, un dispositif pédagogique simple et concret qui leur permet de se familiariser avec l’ensemble du processus de production. Cette immersion vise à ancrer durablement les pratiques améliorées auprès des oléiculteurs.
Une plateforme technique pour booster les rendements
Parallèlement, les travaux présentés par Aiman Achmerk mettent en lumière une autre initiative structurante pour la filière. Selon l’ingénieur agronome, la plateforme technique qu’il coordonne — une véritable structure à plusieurs niveaux — repose sur un système de distillation innovant. Celui-ci permet d’atteindre des rendements de 15 tonnes par hectare, contre 11 tonnes avec les méthodes traditionnelles.
Ce gain substantiel illustre l’impact direct des bonnes pratiques agricoles sur la productivité. Achmerk souligne que cette différence « encourage l’adoption de pratiques améliorées », les agriculteurs constatant de façon concrète les bénéfices des avancées techniques.
Mais la plateforme ne se limite pas à l’optimisation des rendements. Elle offre un ensemble complet de services destinés aux agriculteurs : formations thématiques, plateformes de stratification, visites de terrain et analyses de sol. Ces outils visent à renforcer la compréhension des enjeux agronomiques et à améliorer la prise de décision en matière de fertilisation, de taille ou de prévention des maladies.
Dans une logique de structuration collective, Aiman Achmerk annonce également la création d’une association de professionnels réunissant oléiculteurs, experts, enseignants-chercheurs, producteurs d’huile d’olive et représentants d’organisations professionnelles. Ce réseau ambitionne de favoriser les échanges d’expertise et de consolider les liens entre les différents maillons de la filière.
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L’objectif commun, souligne l’ingénieur, est de « promouvoir une approche technique rigoureuse pour l’ensemble des filières de production, et plus particulièrement pour la filière oléicole, considérée comme un arbre précieux ».
Un accent particulier sur la taille, la fertilisation et la lutte intégrée
Les priorités techniques évoquées par Achmerk rejoignent en partie celles développées à Azilal : une meilleure maîtrise de la taille, une fertilisation adaptée, la fertilisation de couverture ainsi que la lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies. Ces pratiques structurantes optimisent la santé des arbres, renforcent la résistance physiologique de l’olivier et garantissent, in fine, une agriculture « performante et durable ».
Les initiatives portées par Amina Najine et Aiman Achmerk convergent vers un même horizon : une oléiculture marocaine modernisée, résiliente face aux contraintes climatiques et fondée sur un solide transfert de connaissances.
D’un côté, l’usage de technologies avancées et la réactivité permise par le numérique renforcent les capacités d’adaptation des agriculteurs. De l’autre, les plateformes techniques et les réseaux professionnels consolident les acquis et améliorent la structuration globale de la filière.
À une période où l’eau devient un bien rare et précieux, et où la qualité des productions s’impose comme un levier de compétitivité, ces démarches complémentaires illustrent les efforts engagés pour accompagner les producteurs et préparer l’avenir de l’oléiculture marocaine.
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