Gouvernement-syndicats de l’enseignement : une solution se profile-t-elle ?

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Vers une solution : signature d'un accord entre gouvernement et syndicatsSignature du proces verbal de l'accord sur le statut des fonctionnaires du secteur de l'education nationale. © DR

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Dans un paysage éducatif en pleine mutation, un accord historique vient de voir le jour, impliquant le gouvernement et les principaux syndicats de l’enseignement. Ce tournant crucial vise à rénover en profondeur le système éducatif, mais il se heurte à des réactions diverses et parfois contradictoires au sein du secteur.

Au cœur de Rabat, un vent de changement souffle sur le secteur de l’éducation nationale. L’accord récemment signé entre le gouvernement et les syndicats d’enseignement marque une étape importante dans la longue quête d’amélioration et de modernisation de l’éducation dans le royaume. Organisée par Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, cette initiative se présente comme une promesse de réforme complète du système d’éducation et de formation. Toutefois, ce tableau apparemment consensuel est loin de faire l’unanimité, rencontrant à la fois un accueil chaleureux et une résistance farouche de différentes factions au sein du milieu éducatif.

Lire aussi : Crise des enseignants : une issue en vue pour les syndicats et le gouvernement ?

Un nouveau chapitre pour l’éducation

Lors d’une conférence de presse suivant la cérémonie de signature, Chakib Benmoussa a souligné que l’accord se focalisait sur l’intérêt des élèves et revalorisait le rôle de l’enseignement en tant qu’élément central du système éducatif. Le ministre a mis en avant l’objectif de rendre le métier d’enseignant plus attractif et de résoudre diverses problématiques accumulées au fil des années.

Selon le ministre, cet accord signe le début d’une nouvelle ère pour le système éducatif marocain, avec des initiatives telles que le renforcement du soutien éducatif et l’expansion des écoles pionnières à travers le pays.

La Commission ministérielle en charge des questions liées au statut des fonctionnaires de l’Éducation nationale et les cinq syndicats d’enseignement majeurs ont ratifié un ensemble de mesures concernant les aspects financiers et professionnels pour les enseignants. Ces mesures incluent l’adoption d’un décret remplaçant celui du 6 octobre 2023, l’application du statut général de la fonction publique à tous les travailleurs de l’éducation nationale, une révision de la durée hebdomadaire d’enseignement, et un régime spécial d’évaluation de la performance professionnelle.

L’accord prévoit des augmentations d’indemnités pour les enseignants agrégés et les conseillers d’orientation, ainsi que la création d’une classe exceptionnelle hors échelle pour les enseignants en fin de carrière. Ces mesures entreront en vigueur progressivement, dont certaines prévues pour 2026.

Par ailleurs, le gouvernement et les syndicats ont convenu d’établir un statut unifié pour les enseignants agrégés en 2024. Cette initiative sera soutenue par une commission technique composée de représentants gouvernementaux et syndicaux.

Lire aussi : Crise des enseignants : la FNE se rallie au dialogue et appelle à la suspension des grèves

Un accueil positif de la réforme par les syndicats

En revanche, les syndicats d’enseignement ont unanimement salué cet accord, le considérant comme une avancée majeure apportant des solutions équitables à de longues problématiques du secteur.

Les représentants des cinq principaux syndicats de l’enseignement, à savoir la Fédération nationale de l’enseignement (UMT), le Syndicat national de l’enseignement (CDT), la Fédération libre de l’éducation (UGTM), la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) et le Syndicat national de l’enseignement (FDT), ont reconnu l’impact positif de cet accord, qu’ils décrivent comme une réforme globale du statut des enseignants. Ils ont également loué la réponse proactive du gouvernement aux revendications des enseignants.

Miloud Maassid, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement relevant de l’UMT, a souligné l’importance de cette réforme qui aborde plusieurs dossiers clés et a encouragé les enseignants à s’engager activement dans le processus de réforme. Abdallah Ghoumit de la FNE a mis en avant les solutions justes apportées par cet accord aux problèmes persistants du secteur.

Youssef Allakouch de la Fédération libre de l’enseignement a mis en lumière l’écoute et l’attention accordées par le gouvernement aux demandes du corps enseignant. Mohamed Nouiga du Syndicat national de l’enseignement a qualifié l’accord d’historique, soulignant son impact financier et son rôle crucial dans la réforme de l’éducation.

Younès Ferachine de la CDT a décrit la signature de cet accord comme un moment important pour la mobilisation en faveur des écoles publiques et le droit à l’éducation.

Lire aussi : Statut unifié : l’aube d’une nouvelle ère pour les enseignants

La coordination nationale exprime son refus

La coordination nationale du secteur de l’enseignement a exprimé son refus catégorique de cet accord, considérant qu’il ne répond pas aux principales revendications des enseignants.

Selon un communiqué, la coordination nationale critique l’accord pour ne pas avoir satisfait des demandes clés, telles que le retrait du statut unifié, une augmentation des salaires, et l’annulation des retenues sur salaires des enseignants grévistes. La poursuite du mouvement contestataire est donc annoncée, avec la continuation de la grève les 26, 27, 28 et 29 décembre, accompagnée de sit-in dans divers établissements scolaires.

La coordination nationale affirme avoir mené un combat acharné pour que les revendications des enseignants soient prises en compte. Toutefois, elle considère l’accord actuel comme insuffisant et inadéquat pour répondre à ces exigences.

En dépit de cette initiative gouvernementale, la division au sein du secteur de l’enseignement souligne les défis rencontrés dans la mise en œuvre de réformes éducatives d’envergure. La situation reste donc tendue, avec des enseignants et des groupes syndicaux continuant de revendiquer des changements plus profonds dans le système éducatif national.

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