Flambée des prix : les explications de Fouzi Lekjaa
Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l'Économie et des Finances, chargé du Budget © DR
A
A
A
A
Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, est revenu sur les causes de la hausse des prix et les mesures prises pour y faire face. Il a rappelé qu’il s’agit d’une crise mondiale qui ne touche pas uniquement le Maroc. Le ministre a souligné que ces deux dernières années ont connu une succession de crises qui ont affecté l’économie mondiale, d’abord celle liée à la Covid-19, puis celle de la guerre en Ukraine.
Durant la crise sanitaire, le monde a connu un arrêt quasi total des activités et des services pour la première fois dans l’histoire moderne, a-t-il fait savoir. Il a expliqué que le grand élan de solidarité qu’avait connu le Maroc a permis d’atténuer la crise. Alors que celle-ci touchait à sa fin, «la guerre en Ukraine est venue rendre la situation de l’économie mondiale plus compliquée», note Lekjaa.
L’impact de la pandémie avait déjà affecté le secteur de la distribution mondiale et des chaînes de ravitaillement, dont plusieurs sociétés ont déclaré faillite. La guerre en Ukraine, quant à elle, s’est traduite par la hausse des prix des énergies qui s’est répercutée sur les prix des transports et de la distribution.
Toutefois, Lekjaa a signalé que la situation au Maroc reste meilleure que dans d’autres pays. Les prix du carburant ont par exemple bondi de 30% entre février et mai 2022, alors que dans des pays exportateurs comme les États-Unis et les Émirats arabes unis, cette hausse a atteint 46%.
Lire aussi : Augmentation des prix : le FMI salue les mesures adoptées par le Maroc
La Caisse de compensation permet de supporter le pouvoir d’achat des citoyens
Fouzi Lekjaa a précisé aussi que le gouvernement a pris certaines mesures pour pallier la hausse de prix. Il a indiqué que la Caisse de compensation permet de supporter le pouvoir d’achat des citoyens.
«Certains parlent comme si la Caisse de compensation avait été complètement mise hors service. Pourtant, et comme vous le savez, cette Caisse continue à jouer son rôle en ce qui concerne la subvention des produits de grande consommation qui intéressent tous les citoyens. Plus encore, les fonds alloués à cette Caisse ont considérablement augmenté dernièrement pour atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international», a-t-il avancé.
Le responsable a précisé à cet égard que le gouvernement a mobilisé 7,32 milliards de DH (MMDH) pour éviter la hausse des prix de la farine et 1 milliard de DH pour soutenir le secteur des transports. Sans oublier le soutien gouvernemental pour maintenir le prix du gaz butane à 40 DH. Puis, en ce qui concerne l’importation des blés dur et tendre, l’exécutif a décidé de suspendre la perception des droits d’importation depuis le 1er novembre dernier.
Lire aussi : Soutien aux professionnels du transport : le ministère lance la seconde phase
Un retour à la compensation des carburants coûterait 60 MMDH supplémentaires
Le ministre n’a pas manqué de préciser en outre que si le gouvernement injecte plus d’argent pour amortir la hausse des prix, il devra le faire aux dépens d’autres secteurs comme celui de la sûreté ou des investissements. Selon lui, un retour à la compensation des carburants coûterait 60 MMDH supplémentaires à l’État, et se fera «au détriment des politiques d’éducation, de santé, de sécurité et d’investissement».
Fouzi Lekjaa a affirmé : «nous ne pouvons pas mobiliser toutes les ressources financières de l’État pour gérer une situation exceptionnelle, au détriment de l’intérêt de tous les Marocains portant sur la mise en œuvre de chantiers et de grands projets. Ces derniers sont censés améliorer leur quotidien et à tous les niveaux». «Nous ne pouvons pas renoncer au chantier de la protection sociale, ni à celui de la réforme des systèmes d’éducation et de santé, ou encore à celui du soutien aux entreprises pour préserver les emplois, afin de subventionner les carburants de façon générale, que ce soit pour un usage public ou privé», a martelé le ministre.
Le financement de l’investissement public constitue une orientation stratégique
Sur un autre volet, concernant le financement de l’investissement public, le ministre a souligné qu’il s’agit d’une orientation stratégique et qu’il est inutile de recourir à une loi de Finances rectificative. Il explique que «les recettes fiscales provenant des impôts directs et indirects permettent de financer cet investissement dans les meilleures conditions». «L’investissement public est un choix stratégique de nature à faire augmenter le taux de croissance et, par conséquent, à créer des emplois. Le Maroc s’est engagé depuis des années dans cette voie en décidant d’augmenter cet investissement pour arriver cette année à un volume de 195 MMDH», a-t-il soutenu.
Fonds Mohammed VI pour l’investissement
Le ministre de tutelle a également précisé que parmi les mécanismes institutionnels à même d’impulser l’investissement au Maroc, il y a le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Ce dernier est alimenté par l’État à hauteur de 15 MMDH. Il regroupera plusieurs caisses thématiques dédiées aux infrastructures, au soutien à la petite entreprise, etc.
De même, ajoute Fouzi Lekjaa, le gouvernement est en train d’apporter les dernières touches à la Charte de l’investissement et aux différents décrets y afférents. Ils seront bientôt soumis au Parlement pour discussion et adoption. Ce qui ne manquera pas, d’après lui, d’offrir un grand élan à l’investissement, notamment à travers des mesures encourageant l’investissement régional, local et sectoriel.
Lire aussi : Nouvelle Charte de l’Investissement : Akhannouch préside la 4e réunion interministérielle
Le Maroc renforce sa stratégie d’ouverture internationale en ciblant le marché touristique chinois, considéré comme l’un des plus porteurs au monde. En adoptant la certification…
Wissal Bendardka - 9 janvier 2026Économie - Portés par la CAN 2025 et le tourisme, les aéroports marocains signent une année record, confirmant l’efficacité de la stratégie Aéroport 2030 à l’échelle nationale.
Hajar Toufik - 9 janvier 2026Politique - En 2026, les recettes fiscales atteindront 366 MMDH, marquant une croissance significative depuis 2020.
Mouna Aghlal - 9 janvier 2026Économie-Les barrages affichent 45,26% de remplissage et 7,58 milliards de m³ stockés, un record depuis 2021.
Rédaction LeBrief - 8 janvier 2026Économie - Le rapport OMTPME 2025 souligne la reprise économique marquée par la croissance des entreprises, la valeur ajoutée et les exportations, mais révèle d’importantes inégalités.
Hajar Toufik - 8 janvier 2026Le paysage numérique marocain franchit une nouvelle étape majeure en matière de gouvernance des données. Ce jeudi 08 janvier 2026 à Rabat, le groupe Barid…
Wissal Bendardka - 8 janvier 2026Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…
Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.
Hajar Toufik - 25 avril 2025Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.
Hajar Toufik - 14 juillet 2025Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !
Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…
Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025