Extinction ou inclusion : que va-t-il advenir de la 2G et 3G ?
Image d'illustration © DR
A
A
A
A
Bien qu’obsolètes pour les urbains que nous sommes, les réseaux 2G et 3G existent encore et… sont toujours essentiels pour certaines régions et dans quelques secteurs industriels, comme celui des ascenseurs, de la téléassistance ou encore des alarmes de surveillance. La 4G et la 5G offrent des débits plus élevés, c’est un fait, une latence réduite et une meilleure efficacité spectrale, ce qui permet de répondre aux exigences des nouvelles applications (IoT, télémédecine, smart cities…), dont le Maroc a besoin.
A titre d’exemple, en Afrique du Sud, des opérateurs comme MTN ont déjà annoncé la fin de la 2G dès 2025 et de la 3G en 2028, afin de libérer des fréquences pour la 4G et la 5G. Au Maroc, une tendance similaire pourrait se dessiner, bien qu’aucun calendrier précis n’ait encore été officiellement publié par l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications).
7 choses à savoir sur la 5G au Maroc
Les réseaux 2G et 3G représentent un coût d’exploitation élevé pour les opérateurs, avec un revenu moyen par utilisateur (ARPU) bien inférieur à celui des réseaux 4G et 5G. Selon la Banque Mondiale, le maintien de ces réseaux n’est pas une utilisation efficace des dépenses en capital, car ils génèrent moins de revenus tout en occupant des bandes de fréquences.
En 2025, les abonnements 2G et 3G ont reculé de 19 millions et 30 millions respectivement au niveau mondial, tandis que la 5G a progressé pour atteindre 1,7 milliard d’abonnés. La plupart des pays, y compris en Europe et en Asie, ont déjà entamé ou planifié l’extinction de la 2G et de la 3G. Par exemple, en France, Orange a annoncé la fermeture de son réseau 2G d’ici fin 2026 et de la 3G d’ici 2028. Cette tendance mondiale pourrait pousser le Maroc à s’aligner pour rester compétitif. « Le devenir des anciennes technologies comme la 2G et la 3G sera l’extinction, mais à moyen terme », explique Dr Abdelouahed Jraifi, ingénieur développement réseaux, à Le Brief.
Quel calendrier pour l’extinction de la 2G et de la 3G au Maroc ?
Si le Maroc n’a pas encore annoncé de date précise pour l’extinction de la 2G et de la 3G, plusieurs indices permettent d’anticiper la transition progressive. A commencer par la modernisation des infrastructures. L’ANRT a lancé des opérations pour adapter les tours de communication aux réseaux 4G et 5G, ce qui suggère une réduction progressive de la dépendance aux réseaux 2G et 3G.
Il y a ensuite le déploiement de la 5G, avec son lancement en novembre 2025, les opérateurs (Maroc Telecom, Orange, Inwi) vont naturellement réallouer les ressources (fréquences, infrastructures) des réseaux 2G et 3G vers les nouvelles.
Une extinction serait donc probable d’ici 2030, en phase avec les objectifs de la stratégie Maroc Digital 2030. Cette stratégie vise à positionner le pays parmi les 50 nations les plus avancées en matière de digitalisation, ce qui implique une migration accélérée vers la 4G et la 5G.
La première phase du Plan national du haut débit (PNHD) a déjà permis de couvrir 10.640 zones rurales en 2G, 3G et 4G entre 2018 et 2024. La deuxième phase, en cours, vise à connecter 1.800 nouvelles zones d’ici 2026, principalement en 4G et 5G.
2G, 3G, encore une part de marché importante
Malgré leur obsolescence technologique, Dr Jraifi nous explique que les réseaux 2G et 3G représentent encore une part importante du marché marocain, notamment dans les zones rurales et parmi les populations à faible revenu.
En chiffres, 92,8% des Marocains utilisent Internet, mais seulement 90,7% des ménages ont un accès à domicile. 46,8% des utilisateurs mobiles se connectent encore en 3G et 22,4% utilisent des cartes prépayées 3G.
L’extinction prématurée de la 2G et de la 3G pourrait donc aggraver la fracture numérique. Il ne faut, de plus, pas négliger le coût de la vie numérique au Maroc. Des aides financières sont prévues pour les ménages à faible revenu, avec un plafond de 2.500 dirhams par abonnement pour les zones rurales. Un investissement de 11 milliards de dirhams est aussi prévu pour connecter 5,6 millions de foyers et 6.300 structures administratives d’ici 2030. La stratégie vise, par ailleurs, à former 100.000 jeunes aux métiers du numérique d’ici 2030, afin de réduire les inégalités d’accès.
Pour limiter les coûts et accélérer la couverture, les opérateurs marocains ont créé des coentreprises comme Uni Tower et Uni Fiber, qui permettent de partager les infrastructures (tours, fibres optiques) et de réduire les coûts de déploiement. Pour les zones rurales et isolées, le Maroc mise sur les technologies satellitaires (comme Starlink) pour couvrir les zones non desservies par la fibre ou la 4G.
Économie - Safran lance une usine de trains d’atterrissage (3 MMDH, 26.000 m²) créant 500 emplois qualifiés.
Mouna Aghlal - 13 février 2026Economie - Crédit du Maroc affiche en 2025 une forte croissance des crédits, revenus et bénéfices, soutenue par une gestion prudente des risques et des investissements stratégiques.
Mouna Aghlal - 13 février 2026Économie - Le ministère lance un appel pour agréer des organismes chargés de contrôler la conformité des produits importés. Une mesure visant à renforcer la surveillance du marché, protéger les consommateurs et garantir une concurrence loyale entre opérateurs économiques.
Ilyasse Rhamir - 13 février 2026Économie - Un nouveau dispositif pour la propreté voit le jour à Casablanca, misant sur la qualité visible des services,.
Ilyasse Rhamir - 13 février 2026Economie - Un avis consultatif rendu par le Conseil de la concurrence le 12 février révèle une industrie cimentière où la compétition reste limitée. Le marché des ciments destinés aux chantiers de construction apparaît fortement concentré, avec des configurations régionales allant de l’oligopole au quasi-monopole. Décryptage.
El Mehdi El Azhary - 13 février 2026Économie - Après les inondations dans le Nord, la Confédération marocaine des TPE-PME réclame un soutien urgent. Zones sinistrées, indemnisations, suspension des crédits et relance économique locale figurent parmi les priorités pour sauver des milliers d’emplois.
Ilyasse Rhamir - 13 février 2026Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…
Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.
Hajar Toufik - 25 avril 2025Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.
Hajar Toufik - 14 juillet 2025Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !
Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…
Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025