Emploi et investissement : Akhannouch défend son bilan

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Le gouvernement face aux défis de la corruption, l'inflation et l'emploi (Etude)Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, à la Chambre des représentants. © DR

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Lors de la séance mensuelle des questions orales à la Chambre des représentants tenue lundi, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a défendu la politique de l’exécutif en matière d’emploi et ses choix d’investissement. Sous le thème « Stimuler l’investissement et la dynamique de l’emploi », cette rencontre a été l’occasion pour Akhannouch de présenter et de justifier les actions entreprises par son gouvernement depuis le début de son mandat.

Cette séance a été l’occasion pour le chef du gouvernement de justifier les choix d’investissement effectués. Il a présenté les divers plans et programmes déployés pour stimuler l’investissement public et privé, insistant sur leur rôle essentiel dans le renforcement des infrastructures nationales et l’amélioration du climat des affaires. En mettant en avant les résultats obtenus et les perspectives d’avenir, Akhannouch a cherché à démontrer l’efficacité et la cohérence de la politique gouvernementale face aux défis économiques actuels.

Jeunes et emploi : une priorité pour le gouvernement

Aziz Akhannouch a d’abord rappelé la création de 620.000 emplois, un chiffre qu’il a présenté avec fierté. Il a insisté sur l’importance accordée par le gouvernement à la gestion des questions d’emploi des jeunes et à leur intégration dans le marché du travail. «La participation des jeunes au marché du travail n’a jamais été un enjeu de moindre envergure, mais a toujours été considérée comme l’objectif ultime de l’ensemble des programmes et interventions publics», a-t-il affirmé.

Pour soutenir ses propos, le chef du gouvernement a évoqué plusieurs stratégies nationales lancées depuis le début de son mandat. Il a particulièrement mis en avant la mise en œuvre du programme des Cités de métiers et de compétences, dont quatre ont vu le jour en 2023. Ces infrastructures offrent 100 branches dans 13 pôles professionnels, avec une capacité d’accueil d’environ 12.780 places pédagogiques. Selon lui, ce programme est un pilier central de la politique de l’emploi du gouvernement, visant à offrir une formation professionnelle adaptée aux besoins du marché.

Lire aussi : Marché du travail 2023 : emploi en baisse, chômage en flèche 

Akhannouch a également souligné la reprise des secteurs productifs durant les premiers mois de l’année en cours. «Plus de 63.000 emplois ont été créés dans le secteur des services et environ 34.000 nouveaux ont été enregistrés dans le secteur industriel, y compris l’artisanat», a-t-il détaillé.

En outre, le chef du gouvernement a précisé que les activités non agricoles ont permis la création de 116.000 emplois en moyenne annuelle durant les années 2022 et 2023. Un chiffre qui dépasse largement la moyenne des emplois nets créés il y a une décennie.

Par ailleurs, Akhannouch a souligné les choix stratégiques du gouvernement en faveur de la diversification économique. «Les choix du gouvernement visant à favoriser la diversification économique et à rechercher de nouvelles formules pour développer les activités non agricoles suite aux années successives de sécheresse ont permis à l’économie nationale de réaliser des résultats positifs, en dépit des défis imposés par le contexte national et international», a-t-il déclaré, précisant que le taux de croissance en 2023 a augmenté de manière significative à 3,4%, un chiffre qui dépasse les prévisions initiales.

Record historique d’investissements publics

Outre les réalisations en matière d’emploi, le chef du gouvernement a également présenté un bilan des investissements publics, annonçant un doublement de ces derniers à des niveaux records « jamais vus auparavant dans l’économie nationale ». Ces investissements, essentiels pour stimuler la croissance économique, sont répartis entre plusieurs sources de financement : le budget de l’État avec 103 milliards de DH (MMDH), le budget des établissements et des entreprises publics atteignant 152 MMDH, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement avec 45 MMDH, les collectivités territoriales avec 20 MMDH, et le Fonds spécial pour la gestion des effets du séisme d’Al Haouz dépassant les 20 MMDH.

Ce tournant stratégique vers l’investissement public est, selon Akhannouch, un choix «volontaire et historique» qui renforce le financement des stratégies sectorielles prometteuses et accélère leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Aziz Akhannouch a également mis en avant l’équilibre recherché entre investissement public et privé. Dans ce sens, il a fait savoir que l’exécutif a adopté une politique proactive visant à accorder une attention égale aux investissements privés. Cette décision a comme objectif ambitieux de faire en sorte que ces derniers représentent la moitié du total des investissements nationaux d’ici à la fin de 2026, et les deux tiers d’ici à 2030.

Lire aussi : Mustapha Baitas met en avant la vigueur de l’investissement grâce à la nouvelle Charte 

Dans ce contexte, le gouvernement a réussi à mettre en œuvre les hautes orientations royales en dotant le Maroc d’une nouvelle Charte de l’investissement compétitive. Cette Charte vise à créer des emplois, générer une valeur ajoutée élevée et réduire les disparités régionales en matière d’attraction des investissements. Akhannouch a d’ailleurs expliqué que, grâce à cette nouvelle Charte, élaborée en un temps record, le Maroc dispose désormais d’un écosystème complet pour l’investissement.

«La nouvelle Charte de l’investissement représente un saut qualitatif permettant au Maroc de se positionner favorablement sur la scène continentale et mondiale», a-t-il ajouté, précisant qu’elle offre des dispositifs de soutien innovants destinés à tous les investisseurs, couvrant toutes les catégories d’investissement, ainsi que des mécanismes de gouvernance et de suivi des opérations d’investissement.

Lors de cette séance, Aziz Akhannouch a aussi fait le point sur le bilan des projets approuvés par la commission des investissements et la Commission nationale des investissements (CNI). Il a indiqué que les deux commissions ont approuvé 199 projets de conventions pour un montant total de 241 MMDH, permettant la création de près de 140.000 emplois directs et indirects. Il a fait savoir que la CNI, instituée par la nouvelle Charte de l’investissement, a tenu cinq sessions, adoptant 115 projets totalisant 173 MMDH et créant plus de 96.000 emplois directs et indirects.

Enfin, Akhannouch a détaillé la répartition sectorielle des projets d’investissement approuvés, touchant divers secteurs. Ceux-ci couvrent l’industrie, le commerce, le transport, la logistique, les énergies renouvelables, les mines, les télécommunications, ainsi que des secteurs à dimension sociale tels que l’enseignement, la santé et le tourisme.

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