Écoles françaises au Maroc : les parents d’élèves mobilisés contre la hausse des prix
Le lycée français Descartes de Rabat © DR
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Des parents d’élèves du réseau d’enseignement français au Maroc ont mené, ce mardi 27 janvier, une action coordonnée devant les entrées de plusieurs écoles françaises, intervenant au moment de l’arrivée des enfants pour dénoncer des hausses tarifaires annoncées et ce qu’ils qualifient de recul pédagogique.
La mobilisation, organisée par des représentants d’associations de parents, se veut pacifique mais marque une rupture nette de ton entre les familles et la gouvernance locale du réseau. Les revendications sont claires : transparence sur les tarifs, calendrier lisible des augmentations, concertation réelle avec les familles et garanties pédagogiques. Les parents dénoncent, plus largement, une logique de transfert de charges qui ferait peser sur les familles des coûts jusqu’ici pris en charge par l’État français.
Selon des représentants de parents interrogés par le média Actu Maroc, la contestation trouve son origine dans des décisions budgétaires actées au niveau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui obligeraient les établissements à prendre en charge une part significative des pensions civiles des personnels détachés (une contribution portée à 35% dès 2026, et appelée à atteindre 50% en 2027) ce qui, expliquent les parents, se traduira par des augmentations sensibles des frais pour les familles.
Sur le terrain, la colère s’exprime d’autant plus que certains parents observent, parallèlement aux surcoûts, des fragilités dans l’encadrement pédagogique et la stabilité des services : remplacements tardifs, incertitudes sur la pérennité de certaines options, et moyens jugés instables au regard de l’effort financier demandé. Les associations réclament des garanties formelles pour protéger la qualité de l’enseignement avant toute nouvelle hausse significative.
Lire aussi : Ecoles : privé cher, public en panne
Une rupture de confiance
« Je ne manifeste pas par plaisir, ni par provocation. Je manifeste par amour pour mes enfants », explique Salma à nos confrères d’Actu Maroc, mère de deux filles scolarisées à l’école Pierre de Ronsard à Rabat, l’un des établissements concernés par la mobilisation. « Les frais de scolarité sont déjà lourds pour beaucoup de familles… On nous demande toujours plus d’efforts financiers, mais sans nous rassurer sur l’essentiel : la stabilité des enseignants, la continuité pédagogique, l’avenir scolaire de nos enfants ». Le groupe scolaire Pierre de Ronsard est bien implanté à Rabat, où les parents disent vouloir préserver le modèle éducatif pour lequel ils ont choisi cet établissement.
Les représentants des parents, qui parlent d’une rupture de confiance, prévoient plusieurs étapes si leurs demandes ne reçoivent pas de réponses jugées satisfaisantes : interpellations formelles, demandes de rencontres avec les directions et, le cas échéant, rassemblements plus larges. Les organisateurs insistent sur le caractère volontairement pacifique de la démarche, visant à rendre visible une inquiétude familiale qui, selon eux, n’est plus seulement un débat administratif.
Du côté des autorités françaises, l’AEFE et le ministère des Affaires étrangères ont annoncé des consultations et des travaux sur la réforme budgétaire ces dernières semaines, précisant que des concertations se poursuivraient en janvier 2026 pour préciser les modalités de mise en œuvre. Les parents et leurs représentants estiment néanmoins que ces échanges ne se traduisent pas encore par des garanties concrètes pour les familles et demandent un calendrier et des engagements écrits.
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